Le Musée du château Ramezay se met à la ceinture fléchée

Après la bicyclette et ses variantes, c'est au tour de la ceinture fléchée d'envahir à partir d'aujourd'hui les murs du Musée du château Ramezay. Et si, en théorie, aucun point commun ne semble relier les deux expositions, on retrouve cependant la griffe des conservateurs, lesquels s'emploient depuis des années déjà à dévoiler des pans de l'histoire québécoise à partir d'objets significatifs.

Avec la ceinture fléchée, ils ont désormais décidé de s'attaquer à tout un mythe. De manière originale puisque, en plus d'histoire, on parle ici d'art canadien. «On fait découvrir sous un autre angle les traditions populaires du XIXe siècle», explique Martine Couillard, coordinatrice au développement. Exit la roue, donc: le motif fléché est à l'honneur jusqu'au 28 novembre.

Mais les expositions ne naissent pas dans les choux; encore faut-il les préparer avec soin. Quelques heures avant son dévoilement public, l'ambiance est à l'effervescence dans les deux salles consacrées à Un symbole de taille - La ceinture fléchée dans l'art canadien. Une exposition itinérante mise au point par le Musée d'art de Joliette et qui s'envolera ensuite en France après un détour par Chicoutimi. Jean-François Royal, l'archiviste des collections, met en place les vitrines aidé de ses deux techniciens, avec des mesures de sécurité maximales. La plupart des pièces, prêtées par diverses institutions muséales, nécessitent en effet d'être maniées avec précaution, par exemple ce portrait d'enfant de Louis Dulongpré, encore jamais dévoilé au grand public, ou ces tableaux de Cornelius Krieghoff qui côtoient le marbre élégant du Vieux cocher de Suzor-Côté ou le bois du Raquetteur de Jean-Baptiste Côté. En tout, 75 pièces sont exposées, permettant de retracer l'histoire de la ceinture fléchée depuis ses origines, dans la région de Lanaudière, à son utilisation par les Patriotes.

Et au cas où la profusion de pièces rares ne suffirait pas, une stratégie se met en place pour happer le public. «Il faut que le visiteur ait le goût de venir dans la salle. Alors, il y a un équilibre à atteindre pour que les textes ne soient pas trop longs, l'éclairage efficace, pas d'angles fermés», détaille l'archiviste de collections.

Des règles scrupuleusement suivies, qui devraient convaincre le public. Et pour les derniers réfractaires, deux ateliers sont proposés sur le thème de la ceinture fléchée les 3 et 24 octobre. Ne reste plus qu'à se remettre au tressage...