Biden promet le «soutien» américain à l’Afghanistan malgré le départ des troupes

Le président américain, Joe Biden, a promis vendredi à son homologue afghan, Ashraf Ghani, le «soutien» des États-Unis à son pays, au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d’immense incertitude.
Photo: Getty Images via Agence France-Presse

Le président américain, Joe Biden, a promis vendredi à son homologue afghan, Ashraf Ghani, le «soutien» des États-Unis à son pays, au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d’immense incertitude.

Le président américain, Joe Biden, a promis vendredi à son homologue afghan, Ashraf Ghani, le « soutien » des États-Unis à son pays, au moment où le retrait en cours des troupes américaines ouvre une période d’immense incertitude.

« Nos troupes partent, mais ce n’est pas la fin de notre soutien à l’Afghanistan », a déclaré le président démocrate qui a annoncé en avril le retrait des 2500 militaires américains encore présents sur place. « Les Afghans devront décider de leur avenir, de ce qu’ils veulent », a-t-il ajouté depuis le Bureau ovale, insistant sur la tâche « extrêmement difficile » qui attend les dirigeants afghans : mettre fin à la violence.

Objectif affiché de la Maison-Blanche : travailler étroitement avec le gouvernement de Kaboul pour s’assurer que l’Afghanistan « ne redevienne jamais un refuge pour des groupes terroristes qui représentent une menace pour le territoire américain ».

Mais les questions sont nombreuses et vertigineuses : les talibans s’empareront-ils de Kaboul après le départ des derniers soldats occidentaux ? Comment la sécurité des diplomates occidentaux — et de l’aéroport de la capitale — sera-t-elle assurée ? Que deviendront les milliers d’Afghans ayant travaillé auprès des forces américaines comme interprètes ?

Le statu quo n’aurait pas aidé, le statu quo n’était pas une option

Depuis Paris, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a reconnu que les offensives des insurgés contre les forces de sécurité afghanes se multipliaient de manière inquiétante. « Mais le statu quo n’aurait pas aidé, le statu quo n’était pas une option », a-t-il martelé, défendant la décision controversée du président démocrate.

Joe Biden a fixé comme date butoir au retrait le 11 septembre, date du 20e anniversaire des attentats ayant conduit Washington à renverser le régime des talibans qui abritait les djihadistes d’al-Qaïda. Le retrait a été jusqu’ici mené tambour battant, alimentant les spéculations sur son achèvement dès juillet.

Nombre d’élus et d’experts redoutent que les insurgés ne reprennent le contrôle du pays et n’imposent un régime fondamentaliste proche de celui qu’ils avaient mis en place entre 1996 et 2001. De surcroît, Ashraf Ghani apparaît de plus en plus isolé et impuissant. « Ghani n’a pas beaucoup de légitimité dans son pays » et a plus que jamais besoin de « reconnaissance internationale », résume Andrew Watkins, de l’International Crisis Group.

Lors d’une rencontre au Pentagone avec le secrétaire à la Défense, Lloyd Austin, le président afghan a balayé d’un revers de la main l’hypothèse d’une « prise de pouvoir par les talibans en six mois », soulignant que ces scénarios s’étaient « tous révélés faux ».

S’il espère toujours convaincre les talibans d’accepter un rôle dans un gouvernement intérimaire d’union nationale, les insurgés, encouragés par leurs succès militaires, semblent peu enclins à négocier.

« Le département de la Défense est profondément investi dans la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan et larecherche d’un accord négocié pour mettre fin à la guerre », a de son côté déclaré le chef du Pentagone.

 

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