Un climat d'état de siège plane sur New York et Washington

Washington — Washington et New York étaient en état d'alerte hier, en raison des risques d'attentat par l'organisation terroriste al-Qaïda contre des cibles financières qui ont été révélés la veille par le gouvernement américain.

Dans les deux agglomérations, les contrôles policiers ont été renforcés autour des institutions financières ainsi qu'aux Nations unies. Par précaution, les autorités ont fermé aux camions et camionnettes le Holland Tunnel à New York, qui relie le New Jersey à un quartier de Manhattan où se trouvent de nombreuses institutions financières.

À Newark (New Jersey), la police a érigé des barrières métalliques autour du siège du groupe financier Prudential Financial et des hommes armés ont pris place autour du bâtiment.

À Washington, des policiers accompagnés de chiens renifleurs d'explosifs ont été déployés près du Fond monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, a indiqué le chef de la police, Charles Ramsey. La sécurité a également été renforcée autour de «La Monnaie», l'institut d'émission des billets de banque.

Le gouvernement américain a relevé dimanche son niveau d'alerte, après la découverte de menaces inhabituellement précises contre certains sites ayant une forte valeur symbolique et économique, comme la Bourse de New York. Les attentats pourraient être commis à l'aide de voitures ou de camions piégés.

Le niveau a été porté à «très élevé» ou orange. New York était déjà à ce niveau, mais son maire, Michael Bloomberg, a indiqué que la sécurité serait encore renforcée. En revanche, l'état d'alerte pour le reste des États-Unis demeure au niveau «élevé» ou jaune.

Annonçant hier, lors d'une allocution à la Maison-Blanche, la création d'un poste de superpatron de la lutte contre le terrorisme, le président Bush a estimé que le relèvement du niveau d'alerte était «un rappel solennel de la menace à laquelle nous continuons à être confrontés».

Il a justifié la révélation de ces menaces par l'obligation d'informer les gens concernés. «Quand nous découvrons quelque chose, nous devons le partager», a-t-il dit.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Tom Ridge, avait estimé un peu plus tôt, sur les chaînes de télévision, que «les terroristes veulent jouer sur l'économie, ils veulent miner l'économie des États-Unis».

«Mais aujourd'hui, les affaires continuent», a-t-il ajouté. Il a souhaité «voir les marchés financiers progresser. Nous enverrons ainsi un signal à Ben Laden et son équipe.» À New York, la Bourse, après avoir ouvert en léger repli hier, était quasiment à l'équilibre en fin de journée

Tom Ridge a assuré que les menaces n'étaient pas «imminentes», mais que les autorités se basaient sur «de multiples sources d'information».

Selon le quotidien New York Times, citant des responsables de haut rang, un informaticien d'al-Qaïda arrêté à la mi-juillet au Pakistan était la source de ces menaces terroristes.

Mohammed Naeem Noor Khan, 25 ans, arrêté le 13 juillet, aurait mis au point un système de communication pour al-Qaïda permettant de transmettre des informations via des messages codés, affirme le quotidien.

Selon un responsable cité par le journal, la capture de Khan a permis de découvrir que les terroristes ayant commis les attentats du 11 septembre aux États-Unis avaient étudié en détail les immeubles visés à New York et à Washington.

Selon le quotidien Washington Post, citant des responsables du renseignement, des documents trouvés après l'arrestation, le 25 juillet au Pakistan, d'un haut responsable d'al-Qaïda, Ahmed Khalfan Ghailani, contenaient des informations sur l'immeuble du Citigroup à Manhattan, la Banque mondiale à Washington et d'autres institutions financières.

Les documents contenaient des renseignements sur les stationnements et précisaient si les gardes étaient armés. Ils décrivaient aussi l'utilisation de faux livreurs pour entrer dans les bâtiments afin d'obtenir des informations.