Jean Charest se porte à la défense de CHOI

Québec — La direction de la station de radio en sursis CHOI-FM, de Québec, a reçu hier un appui aussi inattendu que sans équivoque de la part du premier ministre Jean Charest.

«Entre la fermeture de la station et toute une autre gamme de sanctions possibles, le CRTC avait un espace qu'il aurait dû examiner», a dit le premier ministre, hier, lors d'une interview accordée à la Presse canadienne.

«Avant d'arriver à la sanction finale, je pense qu'il faut explorer les autres sanctions, a-t-il continué. Il y a la question des emplois qui sont en jeu, et puis il y a une question de bon sens pour les gens qui écoutent la radio.»

Selon le premier ministre, la décision du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) de ne pas renouveler la licence d'exploitation de la station de radio la plus populaire à Québec est carrément démesurée.

Aussi, dès son retour de vacances en fin de semaine dernière, M. Charest a fait part de ses préoccupations à la nouvelle ministre fédérale du Patrimoine, Liza Frulla.

«Mme Frulla est en attente d'avis juridiques. De mon côté, je m'attends à ce que le fédéral examine les alternatives [sic]», a commenté M. Charest, qui estime que la nouvelle ministre a maintenant le sort de la station entre les mains.

Si le premier ministre dit «bien comprendre» les raisons qui ont poussé le CRTC à sanctionner CHOI-FM, il pense néanmoins que l'organisme fédéral aurait dû opter pour des mesures punitives «intermédiaires».

«CHOI avait des conditions de licence, clairement énoncées, qui n'ont pas été respectées. Je comprends ça. Mais quand on arrive à la dernière sanction, je pense qu'il vaut mieux envisager d'autres sanctions avant d'arriver à la solution ultime.»

Le premier ministre avance en outre que le CRTC aurait dû évaluer la possibilité de suspendre temporairement la licence d'exploitation de la station.

«Mais je ne veux pas entrer dans le jeu d'essayer de deviner ce que ça aurait pu être», a-t-il précisé.

Dans une décision sans précédent rendue le 13 juillet, le CRTC a refusé de renouveler la licence de CHOI-FM, invoquant les propos méprisants, scabreux et discriminatoires de l'animateur-vedette de l'émission matinale, Jean-François Fillion.

Dans les faits, le sanction du CRTC constitue l'arrêt de mort de CHOI-FM, qui devra fermer ses portes le 31 août, à l'expiration de son permis.

L'appui inespéré du premier ministre Jean Charest à la survie de l'entreprise a fort agréablement surpris le grand patron de CHOI-FM et président de Genex Communications Inc., Patrice Demers.

«Je suis heureux de voir que Jean Charest invoque, comme nous, le gros bon sens. Tout le monde s'arrête à trois ou quatre paroles de Jeff (Fillion) au cours des dix dernières années alors que, effectivement, il y a 40 emplois en jeu et une entreprise qui est bien engagée dans la région de Québec», a-t-il commenté.

La position de Jean Charest sera «un appui de taille» dans la bataille engagée par CHOI-FM pour survivre, a-t-il dit.

Jeudi dernier, quelque 50 000 personnes ont marché dans les rues de Québec pour protester contre la décision du CRTC de condamner leur station de radio favorite.