La gestion de l’achat des vaccins donne des maux de tête à Ottawa

Photo: Kristopher Radder The Brattleboro Reformer/AP

La gestion de l’achat de vaccins contre la COVID-19 continue de donner des maux de tête au gouvernement Trudeau.

Jeudi, Ottawa était la cible de plusieurs critiques parce que le Canada planifie piger dans les vaccins de l’initiative COVAX, achat de groupe qui doit donner accès aux vaccins aux pays les plus pauvres.

Le Canada a versé 440 millions de dollars à cette initiative et il était prévu dès le départ que la moitié de cette somme lui fournirait des doses de vaccins pour sa propre population. Cependant, comme il est le premier pays du G7 à s’en prévaloir, les réactions politiques n’ont pas tardé.

« On va recevoir les vaccins pour les pays pauvres. Nous sommes un pays riche, un pays du G7, et on doit avoir la capacité chez nous pour [produire] les vaccins, pas [compter] sur un programme pour les pays pauvres », a martelé le chef conservateur Erin O’Toole en point de presse jeudi matin.

M. O’Toole, qui se plaint de la lenteur de la vaccination au pays, n’a cependant pas voulu dire qu’il faudrait refuser les 1,9 million de doses du vaccin AstraZeneca attendues d’ici la fin du mois de juin via COVAX. « On a besoin des doses immédiatement », a-t-il répondu à un journaliste qui lui proposait pareil scénario, sans aller plus loin.

M. O’Toole a préféré insister sur le nouveau délai de livraison de la compagnie Moderna.

Moderna signale que des ennuis de production qui lui ont imposé de réduire cette semaine de 20 % ses livraisons au Canada vont affecter ses prochaines livraisons aussi. Moderna devait livrer 250 000 doses la troisième semaine de février ; la compagnie n’a pas encore spécifié de combien sera réduite cette livraison.

Mardi soir, en entrevue avec La Presse canadienne, la ministre de l’Approvisionnement, Anita Anand, se disait pourtant persuadée que les livraisons de doses au Canada ne pourraient que s’améliorer. « La pire semaine, c’était la semaine dernière », avait-elle dit.

Mercredi, une porte-parole de Moderna a déclaré à La Presse canadienne que la pharmaceutique américaine demeurait déterminée à pouvoir respecter son engagement contractuel de fournir deux millions de doses au Canada d’ici la fin du mois de mars.

Le mois dernier, un autre fabricant, Pfizer-BioNTech, a annoncé qu’il devait réduire ses livraisons de doses vaccinales le temps d’agrandir ses installations en Belgique afin d’augmenter sa capacité de production. Pfizer assure aussi que ses quatre millions de doses promises d’ici le 31 mars arriveront à temps.

Le gouvernement Trudeau affirme encore qu’il pourra vacciner d’ici la fin du mois de septembre prochain tout Canadien qui voudra être inoculé.

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