Remaniement ministériel ce matin - Lucienne Robillard serait chargée des relations avec les provinces

Ottawa — Le premier ministre Paul Martin, qui a fait de l'amélioration des relations avec les provinces l'une de ses priorités, confierait aujourd'hui à Lucienne Robillard le rôle clé de présidente du Conseil privé et de ministre des Affaires intergouvernementales.

Dans ce qui sera son second remaniement ministériel en huit mois de pouvoir, le chef libéral cherchera à constituer un conseil des ministres capable de durer jusqu'aux prochaines élections, attendues d'ici deux ans, la durée de vie moyenne d'un gouvernement minoritaire.

Plus prosaïquement, M. Martin devra remplacer les six ministres qui ne se sont pas fait réélire au scrutin du 28 juin, dont Hélène Chalifour Scherrer (Patrimoine) et David Pratt (Défense).

Mme Robillard, ministre fédérale depuis neuf ans, fait partie des doyennes du cabinet actuel.

Elle est actuellement à l'Industrie, mais des rumeurs l'envoyaient au Conseil du trésor, qu'elle a dirigé pendant plus de cinq ans. M. Martin a plutôt décidé de lui offrir les Affaires intergouvernementales, où elle devra orchestrer les nombreuses négociations à venir avec les provinces.

Au cours de la campagne électorale, Paul Martin a pris plusieurs engagements qui nécessiteront des pourparlers avec les autres ordres de gouvernement: amélioration des systèmes de santé, mise sur pied d'un réseau pancanadien de garderies et conclusion d'un pacte financier avec les municipalités. Tous ces dossiers sont de compétence provinciale.

Selon des sources, l'approche «consensuelle» de Mme Robillard et son expérience comme ministre provinciale auraient joué en sa faveur.

Son arrivée risque de changer le ton des relations avec le mouvement souverainiste québécois, qui s'était habitué à la manière forte de Stéphane Dion, titulaire des Affaires intergouvernementales de 1996 jusqu'à l'assermentation de M. Martin, en décembre.

Il semble d'ailleurs que le purgatoire de M. Dion soit terminé, de nombreuses sources indiquant qu'il pourrait revenir au cabinet, aux Affaires indiennes ou au Conseil du trésor.

Par contre, Denis Coderre, qui est ministre depuis 1999, serait évincé, tout comme Denis Paradis, actuellement ministre d'État aux Institutions financières, et David Anderson (Environnement), ministre depuis 1993.

Les deux piliers de l'entourage ministériel de Paul Martin devraient rester à leurs postes: Anne McLellan comme vice-première ministre et responsable de la Sécurité publique, et Ralph Goodale aux Finances.

Un autre fidèle du premier ministre, Pierre Pettigrew, irait aux Affaires étrangères, un poste dont il rêve depuis des années. Le responsable actuel de ce ministère, Bill Graham, obtiendrait quant à lui la Défense, en remplacement de David Pratt.

Hélène Chalifour Scherrer, autre ministre qui a perdu son siège, serait remplacée au Patrimoine par Liza Frulla, présentement au Développement social.

Le lieutenant de M. Martin au Québec, Jean Lapierre, accédera comme prévu au cabinet, probablement comme ministre des Transports, à la place de Tony Valeri, qui pourrait devenir leader du gouvernement aux Communes. L'actuel titulaire de ce poste, Jacques Saada, serait muté à un ministère important.

Parmi ceux qui feront leur entrée au «saint des saints», on compte l'ancien hockeyeur Ken Dryden, les Britannico-Colombiens Ujjal Dosanjh (peut-être à la Santé) et David Emerson (Industrie), de même que l'ancien conservateur Scott Brison (Travaux publics).

Le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration passerait sous le contrôle du député ontarien Joe Fontana, tandis que l'Agriculture irait à Andy Mitchell, aussi de l'Ontario.

À la Justice, le Vancouvérois Stephen Owen remplacerait le Montréalais Irwin Cotler, qui ne sera resté au cabinet que huit mois.

Quant à John McCallum, il passerait des Anciens combattants au poste mineur de ministre d'État aux Institutions financières.