Un exercice délicat

Selon le directeur Brian Myles, «Le Devoir» s'efforce de faire œuvre utile en publiant des points de vue multiples, car il n’y a pas de débat d’idées sans qu’il y ait au préalable un choc des idées.
Photo: Olivier Zuida Le Devoir Selon le directeur Brian Myles, «Le Devoir» s'efforce de faire œuvre utile en publiant des points de vue multiples, car il n’y a pas de débat d’idées sans qu’il y ait au préalable un choc des idées.

La lettre d’un collectif de Montréalais d’origine haïtienne, parmi lesquels figurent des intellectuels, des chercheurs, des avocats, des artistes et d’autres personnalités respectables, m’interpelle à titre de directeur du Devoir. Il n’a jamais été dans notre intention de manquer de respect à cette communauté digne et fière qui a tant contribué à la richesse et à la diversité du Québec moderne.

Sur une base quotidienne, Le Devoir cherche à traiter des réalités complexes de notre société dans le respect de la dignité humaine, et cet engagement vaut autant pour la communauté d’origine haïtienne que pour d’autres groupes en situation de minorité ou de précarité.

Nous nous efforçons de faire œuvre utile en publiant des points de vue multiples, car il n’y a pas de débat d’idées sans qu’il y ait au préalable un choc des idées. Nous convenons que c’est un exercice délicat et que nos propos peuvent prêter à la controverse à l’occasion, voire offenser certains groupes. C’est notre lot quotidien. Ce positionnement en faveur de la diversité des voix est d’autant plus exigeant que les débats de notre époque se déroulent à l’enseigne d’une vive polarisation.

Des lettres comme la vôtre ne tombent pas dans l’oubli. Elles nous amènent à réfléchir sur les moyens d’entretenir un débat qui sera marqué à la fois par la vigueur et le respect.

D’aucuns s’imaginent que les propos d’un chroniqueur font office de ligne éditoriale du Devoir. Le fait d’accueillir dans nos pages une diversité de points de vue ne signifie pas que Le Devoir, comme institution, appuie le point de vue de ses chroniqueurs et collaborateurs invités. La ligne éditoriale du Devoir n’appartient pas aux chroniqueurs, quels qu’ils soient. Cette ligne est fixée par le directeur, Brian Myles, en collaboration avec les éditorialistes réguliers et invités (Marie-Andrée Chouinard, Robert Dutrisac, Guy Taillefer et Jean-Robert Sansfaçon).

Encore récemment, sous ma plume, nous avons pris position pour reconnaître et dénoncer la discrimination et le racisme systémiques au Québec. Le Devoir demeure un allié des causes progressistes, un partisan de l’égalité de traitement pour tous. En espérant que ces précisions vous seront utiles.



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