Kim Jong-un réapparaît en public après trois semaines

Kim Jong-un a visité une usine d'engrais vendredi, sa première apparition publique en près de trois semaines.
Photo: KNCA via Agence France-Presse Kim Jong-un a visité une usine d'engrais vendredi, sa première apparition publique en près de trois semaines.

Kim Jong-un a participé à l’inauguration d’une usine d’engrais vendredi, a affirmé l’agence de presse officielle KCNA, faisant part de la première apparition publique du dirigeant nord-coréen après des semaines de rumeurs sur sa santé.

« Le dirigeant suprême Kim Jong-un coupe le ruban pour l’inauguration de l’usine d’engrais phosphatés de Sunchon », indique une dépêche de KCNA.

Il « a assisté à la cérémonie », et « tous les participants ont lancé des “hourra !” » quand il est apparu, a-t-elle ajouté.

Kim a également visité l’usine, et a été « informé sur le processus de production », a encore indiqué KCNA, qui, samedi matin, n’avait pas publié de photos de l’événement.

Le leader nord-coréen n’était pas apparu en public depuis qu’il avait présidé une réunion du Politburo le 11 avril. Le lendemain, les médias officiels avaient affirmé qu’il inspectait des avions de chasse dans une base militaire.

Les interrogations sur l’état de santé de Kim Jong-un se sont multiplié depuis son absence remarquée aux célébrations du 15 avril. Cette journée est la plus importante du calendrier politique nord-coréen, car tout le pays commémore alors la naissance du fondateur du régime, Kim Il-sung, son grand-père.

Vendredi d’après KCNA, « le dirigeant suprême a dit avec profonde émotion que [son grand-père] Kim Il-sung et [son père] Kim Jong-il, qui ont travaillé dur pour résoudre le problème de l’alimentation pour le peuple seraient extrêmement satisfaits s’ils apprenaient que l’usine moderne d’engrais phosphatés a été bâtie ».

Les spéculations sur l’état de santé de Kim Jong-un étaient parties le 21 avril du Daily NK, média en ligne géré essentiellement par des Nord-Coréens ayant fait défection.

Citant des sources non identifiées à l’intérieur du pays, il avait affirmé que Kim Jong-un, âgé d’environ 35 ans, était dans un état préoccupant, souffrant, en plus de son tabagisme, d’obésité et de surmenage.

La chaîne américaine CNN avait alors rapporté que les États-Unis « surveillaient des renseignements » selon lesquels il était en danger de mort après une opération.

Secret bien gardé

Minimisant les rumeurs, le conseiller spécial à la sécurité nationale du président sud-coréen, Moon Jae-in, avait assuré le 26 avril que Kim Jong-un était « vivant et en bonne santé ».

Selon ce conseiller, Moon Chung-in, le dirigeant était à Wonsan, station balnéaire de la côte est de Corée du Nord, depuis le 13 avril.

De même, le président américain, Donald Trump, interrogé sur le sujet le 27 avril, avait semblé confirmer que Kim Jong-un était vivant.

De nouveau interrogé vendredi à Washington, M. Trump a refusé de commenter les informations de KCNA.

L’état de santé du dirigeant nord-coréen est un secret d’État extrêmement bien gardé, dans un pays notoirement opaque vis-à-vis de l’étranger, et où la liberté de la presse n’existe pas.

En 2011, il avait fallu deux jours après la mort de Kim Jong-il pour que l’information sorte du cercle très fermé des dignitaires de Pyongyang.

En 2014, son fils et successeur, Kim Jong-un, avait disparu de la circulation pendant près de six semaines, puis était réapparu avec une canne.

Au terme de plusieurs jours, les services de renseignement sud-coréens avaient assuré qu’il avait été opéré pour lui retirer un kyste à la cheville.