Québec interdit les «frais cabaret» dans les résidences privées pour aînés

Bon nombre d’aînés n’ont pas les moyens de payer des frais de 4 à 7$ par repas pour manger dans leur chambre.
Photo: iStock Bon nombre d’aînés n’ont pas les moyens de payer des frais de 4 à 7$ par repas pour manger dans leur chambre.

Tant et aussi longtemps que durera la pandémie, les résidences privées pour aînés ne doivent plus facturer la livraison des repas aux résidents, somme Québec. Elles sont même appelées à encourager cette pratique.

La directive a été transmise jeudi par le ministère de la Santé et des Services sociaux. Elle s’applique à l’ensemble des résidences privées pour personnes âgées de la province.

Désormais, celles-ci doivent « favoriser la livraison et la prise des repas dans les unités locatives pour tous les résidents » si elles sont en mesure de le faire, est-il écrit. Les personnes ayant sorti leur portefeuille depuis le début de la crise ne seront pas remboursées. Ces frais peuvent aller jusqu’à 7 $ par repas.

Plus tôt cette semaine, des groupes de défense des personnes âgées ont dénoncé le maintien des « frais cabaret » dans plusieurs résidences du Québec. Selon eux, beaucoup d’aînés veulent éviter les salles communes ces jours-ci, par crainte de contracter le virus. Mais bon nombre d’entre eux n’ont pas les moyens de payer pour manger dans leur chambre, contraints de descendre à la cafétéria.

« Lorsque j’ai pris connaissance des frais cabaret, j’ai demandé à ce qu’on cesse cette pratique sur-le-champ durant la période de la COVID-19 », a indiqué jeudi Marguerite Blais, ministre des Aînés et des Proches aidants. « La situation est maintenant corrigée. »

Le réseau FADOQ se réjouit de la nouvelle directive du gouvernement. « Nous sommes très contents. Les frais cabaret ne sont plus permis, même pour ceux qui les payaient déjà avant la crise », réagit au bout du fil sa présidente, Gisèle Tassé-Goodman.

Les résidences qui risquent de manquer de personnel pour livrer tous les repas aux chambres pourront se tourner vers les entreprises d’économie sociale en aide à domicile de leur région pour obtenir un coup de main, ajoute Mme Tassé-Goodman.

Rappelons que Québec autorise toujours aux résidences privées de garder leur cafétéria ouverte. Il exige toutefois de limiter à 50 % la capacité de la salle et de « prévoir plusieurs périodes de repas si possible ». Une distance de deux mètres entre les résidents doit aussi être respectée.

Le gouvernement recommande depuis quelques jours aux plus de 70 ans logeant dans une résidence privée de ne pas quitter leur unité locative. Il interdit aussi toutes visites régulières de proches, sauf en cas de force majeure (un parent en fin de vie par exemple).

Au moment où ces lignes étaient écrites, le Regroupement québécois des résidences pour aînés n’avait pas rappelé Le Devoir.