L’industrie de l’audiovisuel serrent les coudes pour affronter la pandémie

Un groupe a été mis sur pied pour «évaluer et d’établir les incidences [de la crise] à l’échelle nationale, et ce, le plus rapidement possible». 
Photo: iStock Un groupe a été mis sur pied pour «évaluer et d’établir les incidences [de la crise] à l’échelle nationale, et ce, le plus rapidement possible». 

Toutes les industries au pays sont touchées par la crise sanitaire qui secoue la planète, et celle de l’audiovisuel ne fait pas exception. Arrêts de tournage de films et de séries, sorties en salle reportées à des dates indéterminées, artistes et artisans brusquement sans travail : l’incertitude et l’angoisse frappent là aussi. D’où la formation du Groupe de travail du secteur de la production sur la COVID-19, qui réunit plusieurs des principaux acteurs du secteur.

Le but est d’abord de se concerter afin d’être à même, ensuite, de faire part aux différentes instances gouvernementales des enjeux les plus pressants et des meilleures façons d’intervenir quant aux besoins essentiels.

Le groupe a été mis sur pied par des représentants issus d’associations de producteurs, d’organismes de financement, d’organismes provinciaux, territoriaux et municipaux. Il est pour l’instant constitué de l’Association canadienne de la production médiatique (CMPA), de l’Association des agences de financement provinciales et territoriales (APTFA), de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM), ainsi que du Bureau de cinéma de la Ville de Toronto, du Bureau de l’écran autochtone (BEA), de Creative BC, du Fonds des médias du Canada (FMC), de l’Office national du film du Canada (ONF), d’Ontario créatif, de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) et de Téléfilm Canada.

« Nous sommes en communication avec les principaux intervenants de l’industrie et tous les ordres de gouvernement en vue d’examiner et d’atténuer l’ampleur éventuelle des contrecoups », explique le groupe.

« Nous visons à soutenir l’industrie en ces temps difficiles et à prendre des mesures pour assurer la reprise soutenue et vigoureuse du secteur canadien de la production lorsque la pandémie s’atténuera. Nous allons tendre la main à d’autres chefs de file de l’industrie — les diffuseurs, distributeurs, syndicats, associations professionnelles et fonds de production indépendants — pour échanger de l’information et collaborer sur des solutions communes pour l’industrie. »

Ceux qui nous divertissent

« Chacun d’eux et les milliers d’artistes, d’employés et de salariés qu’ils représentent jouent un rôle essentiel. »

Le groupe annonce en outre qu’au début de la semaine prochaine, un sondage pancanadien sera envoyé à ces derniers pour évaluer les effets ressentis.

« En ce moment, il est crucial d’évaluer et d’établir les incidences à l’échelle nationale, et ce, le plus rapidement possible […] Nos organismes demeurent opérationnels. Notre personnel travaille à distance pour continuer de soutenir l’industrie. »

Fragilisées par la soudaineté de la crise, plusieurs sociétés de production seraient d’ores et déjà contraintes de procéder à des coupes dans leur volet de production télévisuelle. Il a toutefois été impossible de vérifier les rumeurs de mises à pied, puisqu’on n’a pas donné suite à nos appels.

 

De son côté, le vice-président, communications et promotion, au Fonds des médias du Canada, Mathieu Chantelois, rappelle qu’il est possible, dans ce contexte de confinement, de visionner chez soi une foule de productions d’ici.
 

« Nos films et nos émissions de télévision sont accessibles sur plusieurs réseaux, plateformes de visionnement en ligne et chaînes sur demande. Les nostalgiques peuvent notamment se tourner vers la chaîne YouTube Encore +, où ils retrouveront des centaines de longs métrages, de documentaires et de séries emblématiques », note-t-il.

« Les temps sont difficiles, mais nous sommes résilients. Célébrer ceux qui nous divertissent et faire voyager les histoires qui nous inspirent ne va pas mettre fin à la crise, mais durant cette période d’isolement, il y a moyen de nous serrer les coudes — chacun de notre côté », conclut-il.