Apprivoiser la rentrée

Catherine Couturier Collaboration spéciale
Selon la «coach» familiale Nancy Doyon, le fait d’intégrer les enfants dans le processus des achats du matériel scolaire peut faciliter la transition.
Photo: iStock Selon la «coach» familiale Nancy Doyon, le fait d’intégrer les enfants dans le processus des achats du matériel scolaire peut faciliter la transition.

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

La rentrée scolaire est synonyme de fébrilité, d’excitation, mais souvent aussi de stress pour les enfants. Comment vivre ce moment de transition en toute tranquillité ? Nancy Doyon, coach familiale, explique comment gérer cette période le plus sereinement possible. Entrevue.​

La rentrée peut être synonyme de fébrilité, mais aussi de stress pour les enfants. Quelles sont les principales sources de stress ?

Nancy Doyon : La simple transition entre le rythme de l’été et la routine plus contraignante de l’automne crée pour certains enfants une forme d’anxiété. En outre, certains enfants vivent une transition importante : un déménagement, l’arrivée en première année ou au secondaire. Ils devront se réadapter à leur nouveau milieu, se faire de nouveaux amis, ce qui peut être un peu anxiogène. Certains enfants vivent aussi de l’anxiété scolaire de base, par exemple à cause d’une pression de performance, ou ont des difficultés à se faire des amis, craignant l’intimidation ou le rejet. Pour quelqu’un qui peine à trouver sa place dans le groupe, la perspective de la rentrée des classes peut rendre anxieux.

 

Quels seraient les trucs pour faciliter la transition ?

 

Je suggère de revenir au moins une semaine ou deux à l’avance à une routine qui ressemble un peu plus à la routine scolaire. On ramène donc les heures de coucher comme à l’automne, on commence à diminuer un peu les activités. On remet nos neurones à l’heure de la routine !

Ensuite, il est bon d’intégrer les enfants dans le processus des achats et la préparation du matériel scolaire. Le fait qu’ils soient impliqués dans la rentrée va leur permettre d’en parler : ils vont pouvoir dire si cela les stresse, mais aussi apprivoiser un peu tout ça. Cela apporte aussi une note positive. Acheter du nouveau matériel ou redécorer l’ancien va associer une émotion plus agréable à la rentrée.

Si on sait qu’il y a un changement important, par exemple un changement d’école ou une rentrée au secondaire, on peut aller visiter l’école, ou même aller jouer dans la cour d’école. Avec les plus grands, on peut faire le parcours en autobus, pour les y habituer. Plus l’enfant sait ce qui l’attend, plus son stress va baisser ; cela lui donne une certaine forme de contrôle, et on réduit la quantité de nouveautés auxquelles il va être confronté.

Il peut être intéressant aussi de commencer à préparer les routines : quelles seront les routines de l’automne, du matin, du soir ? On peut faire des tableaux de routines, où celles-ci seront illustrées. Avec les enfants, et ce, peu importe leur âge, on peut aussi tenir une espèce de conseil de famille, pour établir nos règles. À quelle heure se couche Justin, à quelle heure se couche Marianne ? À quelle heure les devoirs et leçons se font-ils ? Où s’installe-t-on ? Quelles sont les attentes pour les devoirs et les leçons ? On peut mettre ces règles par écrit, par exemple dans une reliure à anneaux ou dans un album de valeurs familiales. Cela permet aux enfants de se sentir impliqués et de vivre la transition de façon agréable, sans être trop bousculés.

 

Comment le stress des enfants se traduit-il, concrètement ?

 

Dans les premières semaines d’école, l’enfant pourrait avoir mal au ventre, vomir, pleurer. Il pourrait présenter une irritabilité démesurée qui n’était pas là avant, ou encore des problèmes d’appétit ou de sommeil. Si un enfant a du mal à dormir le soir, on peut lui demander s’il pense beaucoup à l’école, s’il a des préoccupations ou des questions au sujet de l’école.

 

Combien de temps cela prend-il pour s’adapter à une transition, normalement ?

 

En général, pour les enfants, le stress devrait diminuer en deux ou trois semaines. Si ça ne se replace pas, il est important de consulter, car l’anxiété pourrit la vie d’un enfant. C’est un peu notre travail en coaching familial : aider les parents à mieux se structurer, les aider à gérer leur propre stress et celui de leurs enfants.