Un premier tour serré aux élections présidentielles lituaniennes

La campagne présidentielle a été dominée par la question de la fracture sociale entre riches et pauvres qui grandit en Lituanie en dépit d’une croissance solide.
Photo: Mindaugas Kulbis Associated Press La campagne présidentielle a été dominée par la question de la fracture sociale entre riches et pauvres qui grandit en Lituanie en dépit d’une croissance solide.

L’économiste Gitanas Nauseda, novice en politique, est arrivé en tête du premier tour de la présidentielle en Lituanie, selon les résultats partiels. Il affrontera au second tour le 26 mai l’ex-ministre conservatrice des Finances Ingrida Simonyte.

Le premier ministre lituanien, Saulius Skvernelis, battu comme candidat présidentiel dimanche, a annoncé qu’il démissionnerait en juillet.

Selon un sondage réalisé en avril, M. Nauseda devrait l’emporter au second tour, bénéficiant d’un soutien plus large à travers le spectre politique que sa rivale.

« Nauseda a plus de chances d’attirer des voix données aux autres candidats [au premier tour], surtout à gauche », a dit à l’AFP l’analyste de l’Université de Vilnius Ramunas Vilpisauskas.

Selon lui, aucun des favoris n’introduirait de changements radicaux concernant la diplomatie et la défense.

« Avec Nauseda, on pourra avoir des modifications tactiques dans la communication avec les voisins, mais la ligne stratégique ne devrait pas changer », a encore dit le politologue. « Après le premier tour, il est évident que les Lituaniens ont voté pour la continuité. »

Échec reconnu

Le premier ministre Skvernelis n’a pas attendu le résultat final du décompte des voix pour reconnaître sa défaite.

« Mon échec à parvenir au second tour reflète l’estimation portée sur moi en tant qu’homme politique », a-t-il dit à la télévision publique LRT.

« En tant qu’homme politique, j’accepte cette estimation et dois prendre cette décision », a-t-il ajouté, précisant qu’il présenteraitsa démission en juillet.

Cette date permettra au nouveau chef de l’État de nommer son successeur, le mandat de la présidente sortante, Dalia Grybauskaite, s’achevant le 12 juillet.

Selon des résultats partiels portant sur 89 % des bureaux de vote, M. Nauseda recueille 31,17 % des voix et Mme Simonyte 28,05 %, tandis que M. Skvernelis arrive troisième avec 21,68 %. La participation a atteint 55,10 %.

Thèmes centraux

La campagne présidentielle a été dominée par la question de la fracture sociale entre riches et pauvres qui grandit en Lituanie en dépit d’une croissance solide.

Les trois favoris avaient affirmé qu’ils chercheraient à s’attaquer à ce problème.

Ancien conseiller d’une banque d’affaires, âgé de 54 ans, M. Nauseda séduit les électeurs à la recherche d’un président impartial au-dessus des querelles politiques.

Il propose de combattre l’injustice sociale partout dans ce pays de 2,8 millions d’habitants à la démographie déclinante en raison, notamment, d’une migration massive de jeunes vers l’Occident.

Après avoir fait son devoir civique dès vendredi dans le cadre du vote anticipé, il a déclaré qu’il avait « le sentiment d’avoir la lourde responsabilité de réduire la polarisation ».

« Nous ne pouvons pas isoler Vilnius du reste de la Lituanie », avait lancé Mme Simonyte, 44 ans, au cours du rassemblement de clôture de sa campagne électorale dans la capitale. Elle a proposé de réduire le fossé économique entre zones rurales et urbaines grâce à la stimulation de la croissance.

Tous les candidats à la présidence se sont en outre présentés comme des partisans convaincus de l’Union européenne et de l’OTAN, considérées comme une assurance contre le grand voisin russe.