«Un parti propre au Québec» - Le slogan du Bloc fait bondir le PLC

Dans l'imminence des élections fédérales, les premiers coups de semonce ont été tirés cette fin de semaine entre les deux principaux adversaires au Québec. Lancé samedi, le slogan du Bloc québécois «Un parti propre au Québec» a fait bondir hier le Parti libéral du Canada qui est passé à l'attaque.

Le lieutenant québécois de Paul Martin, Jean Lapierre, a mené les hostilités. À la sortie de la réunion de stratégie de deux jours qui a rassemblé les candidats libéraux du Québec à Granby, M. Lapierre était visiblement agacé que le Bloc québécois table, comme il le fait depuis trois mois, sur le scandale des commandites pour soulever le doute de la population sur la probité des candidats libéraux.

«Je n'ai aucune leçon de propreté à prendre du Bloc. [...] On a des candidats dont l'intégrité n'est pas en jeu. Je mets au défi les gens du Bloc de toucher à l'intégrité d'un de ces hommes et d'une de ces femmes-là. C'est facile, des accusations gratuites», a-t-il soutenu, rappelant qu'il ne s'agissait pas là d'une contribution au processus démocratique.

Cela dit, M. Lapierre a rappelé à l'adversaire bloquiste que ses prétentions devraient l'inciter à se montrer plus transparent envers les électeurs. Du coup, il s'en est pris à la plate-forme électorale que le Bloc québécois dévoilait hier devant ses militants réunis en conseil général. M. Lapierre a associé le cadre financier d'un budget fédéral présenté par le Bloc à du «pelletage de nuages». «Ils ne touchent à rien et ils ne livreront jamais rien. [...] Faire croire qu'ils vont avoir, par exemple, deux milliards d'infrastructures, c'est vraiment prendre les Québécois pour des valises. Je ne trouve pas ça propre», a-t-il tranché.

M. Lapierre a également vertement critiqué le Bloc qui n'appuiera dorénavant que les résolutions unanimes de l'Assemblée nationale. En agissant de la sorte, le Bloc ne reconnaît plus la légitimité du gouvernement élu du Québec, soit les libéraux de Jean Charest. Incisif, M. Lapierre a affirmé qu'il vaudrait mieux que les dirigeants du Bloc disent ouvertement qu'ils sont devenus les «valets du Parti québécois», attendant les «commandes» de Bernard Landry. «Qu'ils soient transparents. La propreté, c'est aussi dans les idées», a lancé Jean Lapierre soulignant au passage que le Bloc cachait notamment son option et son «maître à penser», Jacques Parizeau.

Par ailleurs, Jean Lapierre a laissé tomber, au grand plaisir de ses collègues candidats regroupés tout près de lui, le dicton qui dit «quand tu craches en l'air, des fois, ça te retombe sur le nez».

Pour le ministre Denis Coderre, il est clair que «la meilleure défensive, c'est l'attaque». «Pour un parti qui se dit propre, je trouve qu'il garroche pas mal de bouette», a-t-il fait valoir.

Malgré cette critique, M. Coderre empruntera vraisemblablement la même voie que ses adversaires. Dès aujourd'hui, il entame une tournée éclair des médias des régions de Drummondville, Trois-Rivières, Rimouski et Saguenay pour faire le bilan du Bloc québécois, un parti «cul-de-sac» comme l'a précisé son collègue Jean Lapierre.

Outre le scandale des commandites qui traîne dans le paysage des libéraux depuis deux ans, mais de façon plus aiguë depuis le dépôt du rapport de la vérificatrice générale en février dernier, il semble que le dossier des défusions municipales pourrait toucher l'organisation électorale dans certaines circonscriptions. «C'est très clair que d'avoir deux campagnes va nous causer des problèmes d'organisation. Mais en ce qui regarde les débats, je pense que non. [...] On a une grosse organisation. Est-ce que, pendant quelques jours, il y a des gens qui vont se partager dans le camp du oui, celui du non? C'est bien évident», a reconnu le candidat de Beauport, Dennis Dawson, candidat dans Beauport et proche conseiller de Paul Martin.

Ce dernier prononcera aujourd'hui à Laval un discours fort attendu sur la place du Québec au sein du Canada. Jeudi, l'assemblée d'investiture de M. Martin dans Lasalle-Émard agira comme un grand happening pour fouetter les troupes libérales.

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