La parole à nos lecteurs

Un oubli

Madame la Mairesse,

Je suis très déçu par votre oubli de parler en français lors de votre conférence de presse, le 4 décembre, à Montréal. Depuis 2008, je suis un militant. J’ai donné des centaines d’heures bénévoles pour faire élire Émilie Thuillier autant comme conseillère et mairesse et les autres membres de PM. Parlez-en à Nathalie Goulet.

Sur votre site, lorsque vous parlez de Montréal, le qualificatif français n’y est même pas. Vous avez l’excuse facile. Votre attitude insouciante m’attriste énormément et je ne peux pas croire que votre oubli soit accidentel. Je le considère comme un affront personnel. Prenez exemple sur la mairesse Émilie Thuillier qui parle d’abord en français tout en respectant les autres langues. Globalement, je suis en accord avec l’ensemble des politiques de votre parti, mais je m’abstiens de renouveler mon adhésion car votre volonté de renforcer le français à Montréal est inexistante. Pour rassurer les francophones, vous devez poser un geste fort et concret pour renforcer le français à Montréal. Ne pensez pas que je suis une personne repliée avec une ceinture fléchée ; mes quatre enfants sont bilingues et l’une vit en Australie et un autre a fait son doctorat en sciences économiques à Ottawa. C’est leur fierté d’être des Québécois francophones qui les a poussés à vivre d’autres expériences en dehors du Québec.

D’un militant déçu et très irrité.

Jean Archambault
Le 5 décembre 2018

 

Tradition et liberté d’expression

Le débat soulevé par deux députés de Québec solidaire autour de la façon de se vêtir à l’Assemblée nationale du Québec n’a rien de banal. Bien au contraire.

Pour apporter une réponse mesurée à cette question délicate, il faut se demander qu’est-ce qui, dans la société, est essentiel par opposition à ce qui ne l’est pas. Ainsi, le profane est le domaine de la vie au quotidien tandis que ce qui a un caractère sacré va au-delà ; il sort de l’ordinaire.

L’Assemblée nationale est souveraine et possède de ce fait un caractère d’élévation qui ne saurait être contesté. C’est pourquoi la façon de s’y vêtir a autant d’importance. Cette façon peut, bien sûr, être mise au goût du jour ; mais encore doit- elle satisfaire à un minimum de décorum et continuer de se démarquer de la vie de tous les jours. Elle doit demeurer un moyen de reconnaître la solennité du lieu qui est un symbole de la collectivité nationale.

Tout changement au protocole vestimentaire de l’Assemblée nationale devrait donc chercher sans faute à conserver le caractère solennel de celle-ci, tout en répondant le mieux possible aux considérations esthétiques de ses membres, car la dévalorisation symbolique des institutions est le plus court chemin vers la destruction de la culture dont elles émergent.

Le narcissisme anarchique derrière le comportement des deux députés en cause contribue davantage à ridiculiser l’institution où ils siègent qu’à en protéger la valeur transcendante et, pour cela, doit être dénoncé.

Jacquelin Robin
Gatineau, le 7 décembre 2018

 

Une planche de salut

Le gouvernement Legault se tire dans le pied en voulant baisser le pourcentage d’accueil des immigrants au Québec. Par ce geste, il affaiblira notre poids démographique dans la fédération canadienne. Il est impératif pour nos régions d’accueillir de nouveaux arrivants pour combler la criante pénurie de main-d’oeuvre. Je suis de ceux qui croient que nous devons prioriser l’accueil des gens qui ont une connaissance suffisante de notre si belle langue française. Si les nouveaux arrivants parlent déjà le français, ça facilitera nos échanges et ce sera un départ constructif qui développera possiblement un lien d’amitié avec nous, Français d’Amérique. Et pour ceux qui n’ont pas la chance de connaître la langue de Molière, le gouvernement a le devoir de faire renaître le Centre d’orientation et de formation pour les immigrants (COFI).

L’étranger n’est pas une menace, il est notre espoir.

Michel Houle
Québec, le 5 décembre 2018