La parole à nos lecteurs

Le pacte des vivants

 

 

En réponse au texte « Lutte écologique et lutte contre l’injustice sociale » publié le 10 novembre

Une affaire de riches, donc, ce Pacte pour la transition ?

Il est utile de rappeler qu’il y est spécifié qu’il s’agit d’un appel à fournir sa juste part, en échange de laquelle les signataires demandent au gouvernement de fournir la sienne.

Sa juste part peut être, oui, de ne pas prendre l’avion cet hiver : sacrifice de riche.

Ou, comme Isabelle, d’apprendre à cuisiner, d’acheter moins emballé, d’enfiler un chandail de plus si elle a froid et… de faire appel à un organisme pouvant l’aider, gratuitement, à mieux chauffer son appartement et à payer moins cet hiver.

Isabelle est née dans Hochelaga-Maisonneuve, dans une famille bancale et écorchée vive.

Elle est une de ces enfants suivis depuis tout petits par le pédiatre social Gilles Julien.

Isabelle a réussi à pousser droit dans une misère noire dont je vous épargne les détails, douloureux.

Quand je l’ai amenée en promenade au mont Royal, elle s’était exclamée : « Wow, c’est beau la campagne ! » Elle avait 12 ans. C’était la première fois qu’elle prenait le métro, la première fois qu’elle sortait de son quartier.

Aujourd’hui, Isabelle a 25 ans et une deuxième année du primaire.

Elle vient de suivre une formation comme aide aux bénéficiaires et est employée dans un hôpital.

Elle est amoureuse de Jeff, qui travaille en construction.

Et elle porte leur premier enfant, qui naîtra cet hiver.

Isabelle n’a jamais pris l’avion. Elle rêve d’aller un jour en Floride avec son kid. Et je le lui souhaite. Mais en attendant, elle a pris le temps de décrypter le Pacte pour la transition. Ça a été long parce que lire, c’est long pour elle.

Mais elle l’a lu en entier et l’a signé, parce qu’elle s’engage à être plus sensible à sa façon de traverser une journée. Plus sensible à sa façon de consommer. Plus sensible au monde dans lequel elle donnera naissance à un enfant, avec fierté, même si les grands discours annoncent maintenant que naître est une défaite.

Isabelle signe le Pacte parce qu’elle demande au gouvernement qu’elle a choisi d’être sensible à la vie.

Le Pacte pour la transition n’est pas une affaire d’élite. Le Pacte pour la transition est une affaire de vivants, point final.


Anaïs Barbeau-Lavalette
Auteure, cinéaste et signataire du Pacte pour la transition

 

Honte nationale

 

Québec solidaire vient d’atteindre un nouveau « sommet ».

En effet, le parti veut qu’Ottawa dise « non » à la Coalition avenir Québec qui veut réduire les seuils annuels d’immigration. Plutôt que de vouloir travailler entre nous, QS propose d’exclure les élus du peuple, qui forment notre gouvernement, et renforce le préjugé qui affirme que les Québécois doivent être protégés par Ottawa.

Peu importe qu’on soit fédéraliste ou souverainiste, la demande de QS est honteuse, car elle constitue une attaque contre la démocratie et l’autonomie du Québec. Le peuple a élu un gouvernement, mais QS n’en veut pas dans ce dossier. C’est comme si QS demandait à Ottawa de mettre Québec sous tutelle. Remarquons que même le Parti libéral du Québec n’a pas demandé une telle chose à Ottawa.

Bernard Landry, Robert Bourassa et compagnie doivent se retourner dans leur tombe…


David Doyon
Québec, le 14 novembre 2018