La parole à nos lecteurs

Le crucifix n’est pas un bien patrimonial

 

Témoin fondateur de la foi chrétienne, le crucifix n’a pas sa place dans les lieux du pouvoir. Toute sa vie, Jésus-Christ a rejeté les honneurs et les richesses, les pouvoirs et les ors du pouvoir, ce n’est pas pour finir en objet patrimonial au même titre qu’une colonne en marbre ou un buste en bronze. C’est lui qui, le premier, a fait la distinction entre le spirituel et le temporel : « Mon Royaume n’est pas de ce monde », en rupture totale avec l’État antique qui, « étroitement lié à la religion, venait d’elle et se confondait avec elle » (F. de Coulanges, La cité antique). La présence du crucifix à l’Assemblée nationale altère l’image de notre démocratie et dénature le sens de la crucifixion. Elle nous ramène à l’époque révolue de l’alliance du trône et de l’autel quand le pouvoir était partagé exclusivement entre « ces deux moitiés de Dieu, le pape et l’empereur » (V. Hugo, Hernani).

Si, pendant un siècle et demi, de l’Acte de Québec de 1774 à la Révolution tranquille, l’Église était associée au pouvoir civil, cela était dû à des circonstances historiques et a, du reste, retardé l’avènement d’une démocratie avancée. Il est temps d’accorder nos institutions avec l’évolution des mentalités, et de « rendre à l’État ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui appartient », par conséquent, que les couleurs et les symboles de Jacques Cartier et de Samuel de Champlain, la croix et le lys, témoins fondateurs de la nation, remplacent le crucifix au Salon bleu. Cela s’appelle la séparation de l’État et de la religion, idée libérale qui fonde notre démocratie et lui donne tout son éclat.

Sam Haroun, auteur
Le 12 octobre 2018

Le mouvement des indignés

 

Ce mouvement est connu partout dans le monde entier. Il est apolitique et est orienté vers le citoyen. Il n’est pas lié à un parti politique ni à une organisation syndicale. C’est un mouvement qui est pacifique et il s’est installé dans plus de 1500 villes dans le monde entier, et ce, en peu de temps.

Les indignés réclament une restructuration de l’économie, mais surtout une répartition des pouvoirs qui favorisent davantage les citoyens. On désire de réelles démocraties. On veut en finir avec le bipartisme politique entre les deux principaux partis de chaque pays qui ne pensent qu’au pouvoir et on dit non à la corruption.

Le droit au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation et au logement représente les droits de base prônés par les indignés. Ils rêvent d’un monde plus égalitaire. C’est une économie mondiale barbare que les indignés dénoncent.

Ils refusent que les peuples paient le prix de la crise financière et ils demandent une vraie démocratie et une révolution éthique.

On proteste et on revendique partout contre la précarité liée à la crise financière et au pouvoir de la finance.

C’est à cause du chômage, des petits boulots et des petits salaires que nos économies ont besoin de toujours plus de dettes.

Il y a beaucoup trop de diplômés n’ayant pas réussi à s’insérer dans la société et les jeunes sont deux fois plus touchés par le chômage que le reste de la société.

Les indignés croient aussi que c’est seulement en donnant au plus grand nombre un vrai emploi et une vraie capacité de négociation sur les salaires qu’on sortira durablement de l’emprise du pouvoir de la finance et espérer une plus grande justice sociale.

Mario Leclerc
Pointe-Claire, le 11 octobre 2018