La CAQ majoritaire

Le chef de la CAQ, François Legault
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le chef de la CAQ, François Legault

À 22 h 30, la Coalition Avenir Québec (CAQ) forme un gouvernement majoritaire avec 69 élus et une avance dans 4 circonscriptions supplémentaires, pouvant rêver de 73 députés au total.

« Merci ! Merci ! Merci ! » a lancé François Legault sur Twitter, sa première réaction. Il est toujours attendu au rassemblement caquiste à Québec.

 

 

« Je dois accepter la responsabilité du résultat de ce soir », a déclaré le premier ministre sortant, Philippe Couillard, devant ses militants peu avant 22 h. Sa réflexion sur son avenir politique « sera courte, quelques jours au maximum », a-t-il ajouté.

« Je veux féliciter M. Legault pour sa victoire nette, sans ambiguïté », a aussi dit le chef libéral, disant terminer son mandat « la tête haute, très haute ». « Je laisse le Québec en bien meilleur état que je l’ai trouvé en 2014 ».

Chez les caquistes, la victoire est totale, la vague ayant déferlé dans toutes les régions. Plusieurs des candidats vedettes, dont Sonia Lebel et Danielle McCann, sont élus. Le parti a aussi relevé le défi d’une percée à Montréal avec Chantal Rouleau dans Pointe-aux-Trembles. Pendant ce temps, le PQ et le PLQ enregistrent les pires résultats de leur histoire en terme de pourcentage du vote.

L'analyse de Michel David

 

À cette heure, les libéraux avaient sécurisé 28 circonscriptions, et étaient en tête dans 3 autres. Le chef libéral Philippe Couillard est réélu dans Roberval. Carlos Leitão et Gaétan Barrette sont réélus, tout comme Sébastien Proulx.

Québec solidaire remporte son pari de doubler sa députation, avec 9 candidats élus et 1 en avance. Les porte-paroles Gabriel Nadeau-Dubois dans Gouin et Manon Massé dans Sainte-Marie-Saint-Jacques sont élus. La candidate solidaire Catherine Dorion a fait la première percée du parti à Québec en ravissant Taschereau, suivie de Sol Zanetti dans Jean-Lesage. Le tout à l’instar de Christine Labrie dans Sherbrooke, elle aussi élue.

Premier parmi les chefs à prononcer un discours, le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré, devant les militants chauffés à bloc : « Ce soir nous avons franchi la ligne d’arrivée. Plus personne au Québec ne peut dire que nous ne jouons pas dans la même ligue […] C’est un pas de géant pour le monde ordinaire d’ici. »

Le Parti québécois affiche 6 candidats élus seulement et 4 en avance. Le chef du Parti Québécois Jean-François Lisé, a dû céder la victoire au solidaire Vincent Marissal. Les piliers Pascal Bérubé et Véronique Hivon sont élus.

La victoire reste à être attribuée dans 11 circonscriptions seulement. Québec solidaire lutte pour la victoire dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, où Émilise Lessard-Therrien a une mince avance sur Jérémy G. Bélanger de la CAQ. La CAQ est en avance dans Abitibi-Ouest et Labelle, suivie de près par le Parti québécois. Le PLQ se battait toujours pour ravir Gaspé.

Ambiance dans les différents rassemblements

« On a gagné ! On a gagné ! » scandaient les militants caquistes rassemblés au centre des congrès de Québec à l’annonce du résultat à 20 h 31 par le réseau TVA. La garde rapprochée du chef caquiste a été la première surprise par l’annonce de victoires en cascades dans les 30 minutes qui ont suivi la fermeture des bureaux de vote. « L’avenir est à nous », a lancé le député réélu de Lévis, François Paradis, « Ça commence maintenant ! », a-t-il ajouté devant une foule en liesse.

« Nous avons incarné le changement. Nous devrons livrer le changement », a lancé le député réélu de La Peltrie, Éric Caire. Il s’est dit persuadé que François Legault sera « un grand premier ministre ».

Seule une poignée de militants étaient arrivés au rassemblement libéral quand les grands réseaux de télévision ont annoncé la victoire de la Coalition avenir Québec de François Legault, quelque 15 minutes après la fermeture des bureaux de scrutin. Dans la salle presque vide de l’hôtel du Jardin à Saint-Félicien, le silence des quelques militants abasourdis était quasi-total. Sur les écrans de télévision, les cartes du Québec se coloraient en bleu pâle, à une vitesse beaucoup plus rapide que celle qu’avaient même imaginée les plus pessimistes. Même la victoire de la recrue libérale Marwah Rizqy dans la circonscription de Saint-Laurent est passée inaperçue. La salle est restée silencieuse lorsque le visage de la jeune fiscaliste est apparu sur les écrans.

À L’Olympia à Montréal, la foule de militants de Québec solidaire (QS) est agitée depuis que QS a confirmé sa percée à l’extérieur de Montréal. Cris et applaudissements se font entendre depuis le début de cette soirée durant laquelle la formation de gauche envisage faire plusieurs percées.

Sans surprise, l’ambiance était funéraire au rassemblement du Parti québécois, à l’Usine C (Montréal). Les rares militants présents à 21 h regardaient les écrans avec un air incrédule, sonnés malgré que la défaite était annoncée par les sondages. Son ampleur n’était pas attendue. « Peu importe les résultats ce soir, on est ici pour se donner un élan pour la suite », a dit l’animateur (Fabien Dupuis) de la soirée dans sa première intervention.

Et quand les écrans géants ont montré les militants caquistes célébrer la victoire à Québec, les organisateurs péquistes ont tout simplement coupé le son des téléviseurs pour plutôt diffuser une chanson de Daniel Boucher.

Si la tendance ne change pas, le PQ pourrait même perdre le statut de parti reconnu par l’Assemblée nationale.

Avec Guillaume Bourgault-Côté, Améli Pineda, Marie-Michèle Sioui et Marco Bélair-Cirino