La parole à nos lecteurs

Bravo, Canada !

 

Lorsque la ministre Chrystia Freeland a « fortement » appelé à la libération de Raïf et Samar Badawi, ses propos ont été jugés inacceptables par l’Arabie saoudite, qui y a vu une ingérence dans ses affaires intérieures. Dans son livre Dominer le monde ou sauver la planète (2003), Noam Chomsky cite un jugement rendu en 1986 contre le gouvernement américain au sujet du Nicaragua, dans lequel le juge affirme que toute forme d’intervention est prohibée si elle interfère avec le droit souverain de choisir un système politique, économique, social et culturel et de définir des politiques. D’autre part, lorsque des nations utilisent des méthodes de coercition comme le soutien matériel à des rebelles afin d’obtenir le départ d’un chef d’État, ou comme le lancement de deux bombes sur un bâtiment où s’abrite un chef d’État, le juge affirme que c’est une intervention illégale. Conséquemment, il pourrait conclure que la ministre Freeland s’est rendue coupable d’une intervention prohibée, mais non pas illégale. Bravo, Canada !


Jean-Marie Desgagné
Québec, le 12 août 2018

 

Du développement économique à la petite semaine

 

L’éditorial de Brian Myles du 10 août dernier sur la construction d’un parc éolien inutile sur la Côte-Nord a suscité chez moi la question suivante : l’achat inutile d’énergie par Hydro-Québec est-il au développement économique de la province ce que l’hypertrophie du myocarde est à l’insuffisance cardiaque : un moyen compensateur ? Attention, ça finit toujours par décompenser si on n’y prend pas garde. Partout au Québec, on aménage de belles rivières avec des barrages hydroélectriques pour produire de l’électricité qu’Hydro est sommée par les politiciens d’acheter, même elle n’en a pas besoin. Avec l’éolien, c’est pareil. Cela va nous mener où au juste ? Les gouvernements passent, mais les contribuables restent.


Marcel Lapointe
Jonquière, le 11 août 2018
 

Un avenir en otage

 

Après avoir lu la chronique de Mme Francine Pelletier du 8 août, ce n’est que rage et colère qui ont bouillonné en moi. Alors que l’humanité court à sa perte — une augmentation de 3 °C de la surface de la Terre menacerait de nombreuses villes côtières, de 4 °C transformerait l’Europe en désert aride, de 5° entraînerait un cocktail météorologique digne de la fin des temps, la seule chose dont nos élus semblent se préoccuper est d’offrir à nos concitoyens une bonne bière à une piastre et de rendre à leur pays respectif leur « grandeur » passée. Jusqu’à quelle profondeur nos élus comptent-ils creuser et enfouir leur tête dans les sables bitumineux ?

Sur qui déverser mon venin ? Donald Trump, le Brexit, Doug Ford : une majorité des électeurs et électrices de 45 ans et plus ont voté pour ces candidats et cette option, alors que les 18-45 ans les ont rejetés en majorité. En tant que jeune adulte, mon avenir est pris en otage par une génération, celle des baby-boomers, qui, par nostalgie, par peur, par (dés)espoir et bien entendu manipulés et désinformés de toutes parts sur les réseaux sociaux, espère retrouver l’insouciance et la simplicité manichéenne qui ont défini leur époque. D’un côté, les bons. De l’autre, l’Autre, les autres.

Indignez-vous ! disait le résistant français Stéphane Hessel — et Dieu sait qu’il n’était pas né de la dernière pluie. Réveillez-vous ! dirais-je. Remontons-nous ensemble les manches ! Et si le réveil est trop dur, rendormez-vous ! et laissez-nous arranger la gabegie que vous avez créée. Sauver le monde de lui-même, telle est notre tâche, nous les millénariaux.

 

Pierre de Montvalon
Le 12 août 2018