Philippe Couillard ferme la porte aux jeunes libéraux

Les controverses entourant les projets artistiques «SLAV» et «Kanata» ont déjà servi d’avertissement aux membres du milieu culturel, selon Philippe Couillard.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Les controverses entourant les projets artistiques «SLAV» et «Kanata» ont déjà servi d’avertissement aux membres du milieu culturel, selon Philippe Couillard.
Le premier ministre libéral Philippe Couillard s’est opposé samedi à une proposition de l’aile jeunesse de son parti, qui souhaite la mise en place de subventions liées à la représentation des « communautés minoritaires » et autochtones dans le domaine culturel. 

« Je résiste beaucoup à l’idée de l’État qui porte un jugement sur une œuvre artistique », a-t-il attesté. « Je crois que la liberté artistique, elle est fondamentale. »

Quelques heures plus tôt, les membres de la Commission jeunesse du Parti libéral adoptaient — non sans débats passionnés — une proposition « incitant la Société de développement des entreprises culturelles et le Conseil des arts et lettres du Québec (CALQ) à adopter un processus d’octroi des subventions plus rigoureux afin d’inciter les producteurs et scénaristes à inclure davantage les communautés minoritaires et les autochtones » dans les productions artistiques « qui concernent leurs traditions culturelles et historiques ». 

Le premier ministre a opposé une fin de non-recevoir à leur proposition. « Nous ne pensons pas que l’approche coercitive ou conditionnelle soit nécessairement la meilleure, surtout dans le domaine de la création artistique. Je pense qu’il faut encourager le dialogue », a-t-il fait valoir. 

Jeudi dernier, le CALQ a annoncé la création d’un nouveau programme de soutien exclusif aux artistes et aux organismes autochtones.

En 2017, l’Office national du film a pris un engagement semblable. Dans la foulée du rapport de la Commission de vérité et réconciliation du Canada, l’agence culturelle canadienne s’est engagée à consacrer 15 % de ses dépenses globales de production aux projets d’artistes autochtones.

À ce type d’initiative, Philippe Couillard a plutôt choisi d’opposer « la sensibilisation et l’engagement ». Et d’ailleurs : les controverses entourant les projets artistiques SLĀV et Kanata ont déjà servi d’avertissement aux membres du milieu culturel, à son avis. « Je suis persuadé que, déjà, le milieu artistique a conscience du fait qu’il doit mieux refléter la société. Et je ne pense pas que le fait d’ajouter des conditions ou des éléments de condition et de coercition pour la création artistique soit nécessairement ce qu’on veut faire », a-t-il martelé.