Les flâneurs

Odile
Tremblay

L’Eden menacé

En tourbillon vital pour les habitants de la toute petite république insulaire des Kiribati, au milieu de l’océan Pacifique près des îles Fidji, les changements climatiques sont au coeur du documentaire Anote’s Ark (L’arche d’Anote) du Québécois Matthieu Rytz, lancé d’abord au Festival de Sundance, désormais à l’écran. Sur des images magnifiques de beauté menacée et de tout un patrimoine culturel au bord du gouffre, le cinéaste a suivi le président de l’atoll, Anote Tong, dans sa croisade internationale pour sauver sa minuscule nation, la reloger peut-être face à la montée des flots et à la fureur des ouragans. Son film, à hauteur de famille en perte d’ancrage, est un poème et un cri.


Philippe
Papineau

Incontournable quatrième pouvoir

Pour quiconque s’intéresse à l’information, la série documentaire en quatre épisodes The Fourth Estate, qui se penche sur l’acharnement de l’équipe du New York Times à couvrir le gouvernement Trump, est un incontournable. Déjà après les deux premiers épisodes, on sent l’énergie et toute la rigueur journalistique mises en avant par l’équipe d’enquête du quotidien. On sent vite les sacrifices que cela demande — la famille, par exemple, prend le bord —, mais on voit aussi la satisfaction des reporters, les jeux de coulisses politiques ainsi que ceux au sein même du Times. À voir à CraveTV, à Showtime ou sur demande à The Movie Network.


Louise-Maude
Rioux Soucy

Passez, ils sont ouverts

Certains la préfèrent à la brunante, lorsque ses boîtiers s’éclairent pour magnifier les oeuvres qu’ils contiennent tandis que le ciel perd ses couleurs. D’autres craquent plutôt pour sa majesté matinale, alors que le soleil darde de ses rayons flambants neufs la galerie d’art contemporain Blanc. L’oasis à ciel ouvert affiche ces jours-ci de nouvelles oeuvres, angle Wolfe et Sainte-Catherine Est, étendant ses tentacules jusque sur la rue piétonnière. Entre les jeux d’optique de Dominique Pétrin et les propositions impertinentes de James Kerr alias Scorpion Dagger, la balade vaut le détour, qu’elle soit improvisée ou pas.


Amélie
Gaudreau

Grandeurs et misères d’étoiles acadiennes

L’opéra rock est un genre périlleux, peu exploré en nos terres. Le groupe rock acadien Les Hôtesses d’Hilaire a pris un beau risque en proposant le sien sur disque il y a trois semaines. Viens avec moi nous entraîne habilement dans les méandres de la jungle qu’est l’industrie musicale d’aujourd’hui, à travers les destins croisés d’un jeune loup parti pour la gloire grâce à un télé-crochet et d’un leader en déchéance d’un groupe rock underground célèbre qui finit par y devenir mentor. La charge satirique des textes « punchés » de l’exubérant chanteur Serge Brideau et les musiques aux accents prog et psychédéliques caractéristiques de la formation visent dans le mille. À écouter tout d’un coup. On a hâte de voir le résultat sur scène au Coup de coeur francophone en novembre.