La parole à nos lecteurs

Le labyrinthe de la Basse-Côte-Nord

 

 

Le 13 avril dernier, les médias ont souligné l’intérêt du gouvernement québécois pour le concept de tunnel du premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, Dwight Ball, devant relier l’île de Terre-Neuve au continent. Cet intérêt ne portait cependant pas tant sur ce concept que sur l’éventualité d’achever à court terme la route 138 entre Blanc-Sablon et Kégaska, soit la route qui relierait Terre-Neuve au reste du Canada. Un mois s’est écoulé et on ne connaît pas encore l’intérêt du fédéral pour ce concept. Dans les années 1970, un projet semblable avait intéressé le fédéral puisque Trudeau père était venu faire un trou de chaque côté du détroit de Belle-Isle. Le concept consistait alors à creuser deux puits et un tunnel en profondeur par lequel passeraient des camions et une ligne électrique reliant la centrale des chutes Churchill à l’île de Terre-Neuve. Lors de sa rencontre du 12 avril avec Dwight Ball, le premier ministre Philippe Couillard a présenté pour sa part une solution concrète pour traverser le labyrinthe de la Basse-Côte-Nord, soit un tracé et une estimation pour terminer la route 138 de la frontière de Terre-Neuve et Kégaska. Ce tronçon de la route 138 aurait 400 km et coûterait 1,5 milliard. Cette solution intéresse certainement Terre-Neuve-et-Labrador puisqu’elle faciliterait grandement la circulation des marchandises et des personnes entre les deux provinces. Les marchandises transitent présentement par le grand tour Trans-Québec-Labrador qui relie Baie-Comeau et Blanc-Sablon en passant par Fermont, Labrador City et Happy-Valley-Goose-Bay. Les personnes peuvent prendre l’avion et le Bella Desgagnés, un navire de faible tirant qui se faufile, en été, à travers les échancrures de la côte pour rejoindre huit villages du littoral. Ce labyrinthe n’existe pas en hiver parce que les dentelles du littoral se couvrent de glace et de neige et offrent aux villageois une route blanche pour visiter les 34 villages de la côte.

Les habitants de la Basse-Côte-Nord ont déjà profité dans les années 1970 du prolongement de la route 138 jusqu’à Baie-Johan-Beetz. Hydro-Québec avait alors profité de cette route pour prolonger une ligne électrique à 161 kV de Sept-Îles à Natashquan. En 1993, Hydro-Québec a réalisé difficilement une ligne électrique à 69 kV reliant La Tabatière à Blanc-Sablon. Cette ligne a dû être montée en hélicoptère faute de routes d’accès. Avec le tronçon de la route 138 qui relierait Blanc-Sablon à Kégaska, Hydro-Québec pourrait très facilement construire une ligne électrique entre Blanc-Sablon et Natashquan et la prolonger jusqu’au poste La Romaine 1.

Sur la route 138 au sud de Baie-Comeau, les gouvernements fédéral et provinciaux devraient aussi trouver une solution pour faciliter le transport entre Tadoussac et Baie-Sainte-Catherine. Pour traverser le Saguenay, les camions doivent emprunter un traversier qui dérange les bélugas et aussi les transporteurs. Depuis la construction de la route 172 entre Saint-Fulgence et Sacré-Cœur, certains ont réaménagé l’itinéraire de leurs camions pour les faire passer par Chicoutimi entre Québec et Sept-Îles. Un concept de tunnel serait ici aussi le bienvenu.


Jean N. Laflamme, physicien retraité d’Hydro-Québec
Saint-Bruno-de-Montarville,le 17 mai 2018

 

Vol de matériel informatique à Radio-Canada

 

En dépit du titre, ce sont surtout des données sur les employés qui ont été volées à Radio-Canada. Il y a lieu de s’en inquiéter. Ce qui inquiète au plus haut point, c’est que Radio-Canada fait appel à Equifax pour rassurer, dit-elle, ses employés. Quelle inconscience ! Radio-Canada devrait savoir qu’Equifax s’est fait voler des millions, oui des millions, de dossiers de citoyens récemment. Il ne manquerait plus que l’on fasse appel à Facebook pour rassurer les électeurs canadiens. Selon la théorie capitaliste, seules les meilleures compagnies survivent, Equifax et Facebook devraient faire faillite pour avoir gravement manqué à leurs devoirs. Or il n’en est rien, les actions montent, et c’est business as usual.


Paul-André Desjardins
Québec, le 17 mai 2018