L’affaire Skripal expliquée en cinq étapes

Le 7 mars, la police a révélé que Sergueï Skripal et sa fille ont été empoisonnés par un agent innervant, une arme chimique hautement toxique.
Photo: Adrian Dennis Agence France-Presse Le 7 mars, la police a révélé que Sergueï Skripal et sa fille ont été empoisonnés par un agent innervant, une arme chimique hautement toxique.

Paris — Les principales étapes de l’affaire Skripal depuis l’empoisonnement de cet ex-espion russe et de sa fille au Royaume-Uni, acte que Londres et ses alliés imputent à Moscou, jusqu’aux sanctions diplomatiques.

L’attaque de Salisbury

Le 4 mars, l’ex-agent double russe Sergueï Skripal, 66 ans, et sa fille Ioulia, 33 ans, sont retrouvés inconscients devant un centre commercial de Salisbury (sud de l’Angleterre). Ils sont hospitalisés dans un état grave, ainsi que le premier policier à être entré en contact avec eux. Ce dernier est hors de danger depuis vendredi, selon Londres.

Skripal, ancien colonel du service de renseignement de l’armée russe dans les années 1990, a été emprisonné pour avoir vendu des informations aux services de renseignement britannique. Il fait partie d’un échange d’espions entre Moscou, Washington et Londres en 2010, lui permettant de se réfugier en Angleterre.

Le 7 mars, la police révèle que Skripal et sa fille ont été empoisonnés par un agent innervant, une arme chimique hautement toxique.

Londres accuse Moscou, qui s’indigne

Le 12 mars, la première ministre britannique Theresa May estime comme « très probable que Moscou soit responsable » de l’attaque, notamment parce que la substance utilisée est « de qualité militaire d’un type produit par la Russie ».

L’agent employé appartient au groupe « Novitchok » (« nouveau venu » ou « petit nouveau » en russe), conçu pendant la fin de la Guerre froide.

Moscou rejette immédiatement ces accusations, qualifiées de « numéro de cirque » et de « provocation ».

Les États-Unis dénoncent une attaque « irresponsable » et apportent leur soutien à Londres, suivis le lendemain par la France et l’Allemagne.

Le 13 mars, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov assure que la Russie est « innocente » et « prête à coopérer » avec les Britanniques.

Sanctions britanniques

Le 14 mars, Londres juge la Russie « coupable » et, en représailles, expulse 23 diplomates russes (sur 59 présents au Royaume-Uni), gèle les contacts avec Moscou et annonce qu’aucun membre de la famille royale ou du gouvernement n’ira à la Coupe du monde de football en Russie (14 juin-15 juillet).

Le ministère russe des Affaires étrangères déplore le « choix de la confrontation » du Royaume-Uni dans une « campagne antirusse », promettant une riposte rapide.

Tensions diplomatiques

Le 15 mars, Londres, Paris, Berlin et Washington estiment dans une déclaration commune que la responsabilité russe est la seule explication « plausible » et demandent à Moscou de « répondre à toutes les questions liées à l’attaque de Salisbury ».

L’OTAN dénonce une attaque « extrêmement grave » et assure qu’elle « défendra tous ses membres contre toute menace ».

Le 16 mars, Londres juge « extrêmement probable » que le président russe ait personnellement « ordonné » l’empoisonnement, une accusation « impardonnable » pour le Kremlin.

L’affaire Skripal a été ajoutée à l’agenda du sommet européen des 22 et 23 mars à Bruxelles, d’où l’Europe compte envoyer « un message clair », selon le président du Conseil européen Donald Tusk. Mais l’UE ne débattra pas dans l’immédiat d’un boycott du Mondial de football, selon la chancelière allemande Angela Merkel.

Moscou annonce l’ouverture d’une enquête pour « tentative d’assassinat » de Ioulia Skripal et une procédure pour « meurtre » après la mort suspecte lundi de Nikolaï Glouchkov, un autre exilé russe à Londres. Le même jour la police britannique annonce l’ouverture d’une enquête sur le meurtre de Glouchkov.

Riposte russe

Le 17 mars, Moscou annonce l’expulsion de 23 diplomates britanniques et l’arrêt des activités du British Council en Russie, après avoir convoqué l’ambassadeur britannique, à la veille de la présidentielle russe qui devrait aboutir à la réélection de Vladimir Poutine.

Theresa May répond que son gouvernement britannique avait « anticipé une réponse de la sorte » de la part de Moscou et que celle-ci « ne change rien aux faits ». Le Foreign Office annonce une réunion du Conseil de sécurité nationale en début de semaine « pour réfléchir aux prochaines étapes ».

Agence France-Presse