Pour vivre ici

Photo: Les Films Séville

Jamais on ne reprochera à Bernard Émond (La neuvaine, La donation) son manque de cohérence. Toute son oeuvre est imprégnée d’ascétisme et de pessimisme, mais aussi de culture religieuse, de littérature, et d’admiration devant l’immensité de la nature, sans compter son amour de la ruralité. Tout cela s’enchevêtre dans ce récit d’une mort, et d’une résurrection, autour d’une femme (Élise Guilbault, fidélité à Émond dans la continuité) dont le conjoint s’éteint subitement, loin de tout. Cette absence pousse la veuve à quitter Baie-Comeau pour renouer avec ses deux enfants établis à Montréal, et à reprendre la route pour renouer avec son enfance, vécue dans le nord de l’Ontario. Un émouvant périple de la mémoire, celle d’une âme éplorée, mais aussi d’un peuple aux traditions effritées, conduisant à une renaissance en rien spectaculaire, mais en totale harmonie avec la démarche exigeante, et lumineuse, de son auteur.

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Pour vivre ici

★★★ 1/2

Drame psychologique de Bernard Émond. Avec Élise Guilbault, Sophie Desmarais, David Gilmore, Amena Ahmad. Québec, 2018, 90 minutes.