Faute d’amour

Photo: Métropole Films Distribution

Témoin à l’insu de ses parents d’une dispute où ils se renvoient sa garde avec acrimonie, un jeune garçon s’enfuit. Prémisse cruelle mais lucide et déroulement inexorable pour ce Faute d’amour qui hante. Jusqu’à la fin, le cinéaste Andreï Zviaguintsev maintient une ambiguïté oppressante. Sa cellule familiale a valeur de microcosme d’un monde qui, occupé à se tirer l’égoportrait, ne réalise pas qu’il court à sa perte en compromettant ce qu’il a de plus précieux. La brutalité psychologique de la démonstration n’a d’égale que l’élégance de la réalisation. Mesurée, implacable, la mise en scène hypnotise avec son impressionnisme métaphysique à la Tarkovski. Tout du long, le film distille une impression prégnante de cauchemar éveillé. Cauchemar duquel les parents indignes prennent graduellement conscience en sortant malgré eux de ces rêves narcissiques qu’ils ne cesseront ensuite de vouloir retrouver. C’est là le plus terrible.

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Horaire en salles

Faute d’amour/Loveless

★★★★ 1/2

Drame d’Andreï Zviaguintsev. Avec Maryana Spivak, Aleksey Rozin, Matvey Novikov, Marina Vasilyeva, Andris Keišs. Russie, 2017, 127 minutes.