Juste pour rire dénonce des «tactiques déloyales» de Québecor

Selon Groupe Juste pour rire inc, Québecor Média Inc tente d’obtenir « par des tactiques déloyales et anticoncurrentielles une position de force » dans les négociations en cours.
Photo: Pedro Ruiz Archives Le Devoir Selon Groupe Juste pour rire inc, Québecor Média Inc tente d’obtenir « par des tactiques déloyales et anticoncurrentielles une position de force » dans les négociations en cours.

La demande d’injonction de Québecor à l’encontre de Groupe Juste pour rire inc. (GJPR) met en péril le processus de vente des actions de ce dernier et mine la valeur de l’entreprise, accuse GJPR dans un document juridique présenté lundi.

Les avocats de GJPR demandent au juge en chef de la Cour supérieure « d’assurer un dénouement rapide » du litige qui a éclaté entre les deux géants culturels québécois, tout délai entraînant des conséquences « inéluctables ». La survie même de l’entreprise serait en cause, plaide-t-on.

Selon GJPR, Québecor Média Inc tente d’obtenir « par des tactiques déloyales et anticoncurrentielles une position de force » dans les négociations en cours. L’objectif ? « Acheter à rabais » les actions et actifs du groupe qui appartient encore à Gilbert Rozon.

Le 10 janvier, Québecor a déposé une demande d’injonction pour assurer le respect d’ententes qui lui donneraient la priorité d’achat en cas de vente.

Or, GJPR affirme que les droits allégués par Québecor « ont une existence douteuse et contestée », et que la demande d’injonction est « complètement dénuée de fondement ».

La première entente signée par les deux groupes en octobre 2012 avait une durée de cinq ans, soutient Juste pour rire. « Elle prévoyait tout au plus qu’avant de vendre GJPR à un tiers », une offre devait être faite à Québecor, mentionne le document de lundi.

Quant à la deuxième entente, signée le 10 décembre 2017, elle accordait une sorte de période d’exclusivité à Québecor. Cette dernière a reçu le jour même une offre qu’elle a refusée. GJPR écrit que l’entente de décembre « était nécessaire afin de permettre au processus de sollicitation d’offres de suivre son cours et d’éviter d’étaler sur la place publique son différend avec la demanderesse », ce qui est maintenant fait.

GJPR affirme aussi que Québecor fait tout en son pouvoir depuis octobre 2017 pour faire baisser la valeur du groupe. Les négociations pour le renouvellement de l’entente de diffusion entre GJPR et Groupe TVA inc. ont par exemple été « abruptement » interrompues, malgré l’existence d’une entente de principe, dit-on. Même chose pour le renouvellement d’une entente de commandite.

Québecor aurait aussi réclamer le « paiement immédiat des comptes à recevoir de GJPR « de manière à réduire ses liquidités et, à terme, sa capacité de poursuivre ses activités », ajoute-t-on.

GJPR dénonce également que la démarche juridique de Québecor forcerait la divulgation du prix de vente offert au groupe dirigé par Pierre Karl Péladeau. La capacité de Juste pour rire à négocier librement avec d’autres acheteurs potentiels serait ainsi affectée, affirment ses avocats.