La revue d’«Infoman» vise juste

L’équipe d’«Infoman» a visé juste avec Philippe Couillard, Andrew Scheer, Justin Trudeau ou même Valérie Plante.
Photo: Capture d'écran L’équipe d’«Infoman» a visé juste avec Philippe Couillard, Andrew Scheer, Justin Trudeau ou même Valérie Plante.

En une heure, le regard oblique de Jean-René Dufort réussit à éclairer l’année plus sûrement qu’une éphéméride, fût-elle exhaustive. La formule est éprouvée ; le rythme toujours aussi efficace, sans trace visible d’essoufflement pour cette mouture 2017 d’Infoman qui a radiographié l’année avec sa justesse habituelle.

C’est une Charlotte Cardin chantant l’amour au temps des catastrophes qui a lancé la revue avec un bel aplomb. Baveuse à souhait, sans être bêtement méchante, la vue d’ensemble a permis de mesurer le chemin parcouru sur le plan social en 2017, année pour le moins explosive sur le front des inégalités.

Mention spéciale à cet effet au set carré inclusif animé par Chantal Lamarre qui a trouvé une jolie manière d’aborder nos questionnements lancinants entourant les notions de genre, de race et de consentement. L’humoriste et comédien Fabien Cloutier a fait le reste avec sa chienne « Magraine », illustrant les limites à ne pas franchir en société en jouant férocement sur les niveaux de discours.

Par comparaison, le surplace politique n’aura paru que plus criant sous la loupe de Jean-René Dufort, qui excelle dans l’art de piquer ceux qui nous dirigent en les cuisinant sur leur année en dents de scie. Hélas, l’aparté réservé au discours décousu d’une Mélanie Joly fidèle à sa réputation est tombé à plat. Il n’était pas nécessairement mauvais, mais le Bye Bye a frappé plus fort en poussant la logique plus loin, et ce, avec une inventivité autrement jouissive.

L’équipe d’Infoman a visé plus juste avec Philippe Couillard, Andrew Scheer, Justin Trudeau ou même Valérie Plante, allant jusqu’à appeler la science à la rescousse pour éblouir cette dernière avec ses « superpouvoirs ». Amusante aussi, cette parodie des « Jokes de papa » avec des députés visiblement bons joueurs.

Surréaliste enfin, le passage de Jean-René chez l’homme le plus armé des États-Unis, alors que les tueries se suivent dans une Amérique déchirée entre deux camps. Le mot de la fin a été laissé au chanteur Émile Bilodeau et à tous ceux qui, comme lui, en ont eu plein leur casque de 2017 (du pa-ma-trimoine, de Despacito, de Netflix…), année plaquée avec fougue par le footballeur québécois Laurent Duvernay-Tardif. 2018 a intérêt à bien se tenir.

Spécial Infoman 2017

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1 commentaire
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 4 janvier 2018 13 h 49

    Pas d'accord !


    Lire la lettre de Mathieu Bélisle parue dans «Le Devoir» de ce jour :

    http://www.ledevoir.com/culture/television/516707/

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    Et la mienne parue dans «L’Acadie Nouvelle» (Nouveau-Brunswick), Mon opinion, le samedi 2 janvier 2010.

    Drôle, «Infoman»?

    Le 31 décembre [2009] au soir, j'ai vu l'émission «Infoman» à Radio-Canada, animée par l'aspirant journaliste Jean-René Dufort. Le sourire complice, le p'tit comique s'est, entre autres choses, entretenu avec le premier ministre Jean Charest, l'ancienne ministre des Finances Monique Jérôme-Forget et le maire de Montréal Gérald Tremblay.

    Ils nous ont roulés dans la farine et il faudrait maintenant rire avec eux? Non, sans blague. Dufort ne se rend pas compte qu'il fait un con de lui. Rire de Charest, Jérôme-Forget et Tremblay, d'accord, mais pas de concert avec eux, grand dieu! Pas après tout ce qu'ils ont fait (ou n'ont pas fait). Cela lève le cœur.

    Dufort et son équipe pensent d'abord et avant tout aux cotes d'écoute. Attirer le premier ministre et monsieur le maire à l'émission, c'est le succès assuré. Et pour espérer les voir revenir, il faut bien entendu se montrer sympathique. En clair, la charge doit être inoffensive. Vendre son âme doit rapporter, sinon, qu'est-ce que ça donne?

    Pour finir, un conseil aux humoristes qui font sérieusement leur métier: ne faites pas copains comme cochons avec les politiciens dont vous voulez montrer les travers.