Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake)

Éternel défenseur des opprimés et des idéalistes, Ken Loach a forgé en près de 50 ans une oeuvre sociale vibrante, dont I, Daniel Blake, Palme d’or à Cannes (sa deuxième après The Wind that Shakes the Barley), est le fier héritier. Avec son scénariste attitré Paul Laverty (My Name Is Joe, The Angel’s Share), le cinéaste raconte ici le combat d’un homme ordinaire et droit, qui a enrichi le système public par son labeur, pour frapper un barrage d’indifférence au premier appel à la réciprocité. Dans les mailles de son intrigue simple, le film dresse un constat accablant de la mort des institutions, ou du moins, des idéaux égalitaires et fraternels qui leur ont donné naissance. La mise en scène, toujours expressive et subtile, contraste parfois avec le discours, qui se fait lourd dans la première partie du film. En revanche, Loach nous offre à plusieurs reprises des instants de vérité sidérants. La composition de Dave Johns n’y est pas étrangère, mais c’est surtout celle de Hayley Squires, chargée d’émotion, qui nous atteint en plein plexus. (En VSD seulement. Sortie en DVD : 19 septembre)

Moi, Daniel Blake (I, Daniel Blake)

★★★ 1/2

Grande-Bretagne, 2016. Drame social de Ken Loach avec Dave Johns et Hayley Squires.