Iqaluit

Photo: Films Séville

Dans Ce qu'il faut pour vivre, Benoît Pilon se penchait sur le sort d’un chasseur inuit obligé de quitter ses terres pour se faire soigner chez les Blancs. Huit ans plus tard, le réalisateur renoue avec le peuple autochtone du Grand Nord, mais cette fois, le déracinement est inverse. Dès lors, plus que la quête de vérité, c’est la rencontre avec l’Autre qui est au coeur d'Iqaluit, l’enquête entourant le décès du mari devenant vite secondaire. Tout en douceur, par l’entremise de détails quasi anodins, Pilon traduit la misère du peuple inuit et le désoeuvrement de sa jeunesse, coincée entre modernité et tradition. Toutefois, le récit accuse quelques baisses de régime à mi-parcours et le dénouement frôle le mélodrame. Avec la complicité de Michel La Veaux, son directeur photo attitré, le réalisateur restitue la beauté des paysages arides encerclant Iqaluit, sans jamais les magnifier. François Papineau est comme toujours solide et Marie-Josée Croze (Au nom de ma fille) se révèle fort touchante, dans un de ses meilleurs rôles depuis longtemps. En revanche, Natar Ungalaaq (Atanarjuat, ce qu'il faut pour vivre) a déjà été plus expressif.

Iqaluit

(4) Canada, 2017, 102 min. Drame de Benoît Pilon avec Marie-Josée Croze, Natar Ungalaaq, Christine Tootoo, Paul Nutarariaq et François Papineau.