Des parents fondent un mouvement pour mettre fin à la «ségrégation scolaire»

Le Mouvement l’école ensemble prône la fin du financement public des écoles privées, l’abolition de la sélection des élèves de l’école publique pour des programmes particuliers, et l’amélioration de l’aide aux enfants en difficulté.
Photo: David Afriat Archives Le Devoir Le Mouvement l’école ensemble prône la fin du financement public des écoles privées, l’abolition de la sélection des élèves de l’école publique pour des programmes particuliers, et l’amélioration de l’aide aux enfants en difficulté.

Des parents québécois ont lancé dimanche un mouvement pour mettre fin à la « ségrégation scolaire », qui a pour effet selon eux de séparer les élèves de familles plus nanties, et les autres, ainsi que les enfants plus doués, et les autres.

Le Mouvement l’école ensemble prône la fin du financement public des écoles privées, l’abolition de la sélection des élèves de l’école publique pour des programmes particuliers, et l’amélioration de l’aide aux enfants en difficulté.

Il réclame également plus d’options « enrichies » pour les élèves plus performants à même les écoles publiques.

Selon ces parents, la fondation du système éducatif au Québec est brisée par la « ségrégation » qui sévit entre le système public et privé, mais aussi directement dans le système public, où les enfants ayant de meilleures notes sont choisis pour aller dans des programmes spéciaux, par exemple l’école internationale.

Stéphane Vigneault, le coordonnateur du mouvement, plaide que le système actuel est inefficace en plus d’être inéquitable, rappelant que le taux de décrochage au secondaire « reste barré » à 25 pour cent et que les résultats des élèves québécois aux examens internationaux tels que le PISA « stagnent, au mieux ».

Selon lui, le problème va beaucoup plus loin que l’enjeu du financement, qui a fait les manchettes dans les dernières années avec les compressions imposées par le gouvernement québécois.

« Les murs craquent. Un moment donné il faut dire : “Pourquoi les murs craquent, pourquoi ça lézarde de partout ?” C’est la fondation. La fondation, elle est brisée. Et la cause, c’est la ségrégation scolaire », a-t-il expliqué en entrevue téléphonique.

Le groupe a reçu un appui de taille, celui d’un grand homme de l’éducation au Québec, Guy Rocher. Le sociologue, un ancien membre de l’importante commission Parent dans les années 1960, estime que le mouvement « sort des ornières de l’habituel débat sur l’école privée subventionnée en considérant l’ensemble de la situation ».

« Oui, nous avons erré en utilisant l’argent des contribuables pour financer l’école privée. Mais le réseau public, en voulant concurrencer le privé sur son propre terrain, celui de la sélection des élèves, a accentué le problème en feignant de ne pas voir ceux qui restent derrière, à l’école dite ordinaire », a-t-il écrit dans une lettre que le mouvement a rendue publique.

Optimiste pour la suite

Le mouvement rencontrera prochainement chaque parti politique pour qu’ils incluent les revendications du groupe dans leurs programmes en vue des élections générales de 2018.

M. Vigneault, qui est originaire de la région de Gatineau, se dit optimiste face « l’alignement des planètes » sur le plan politique.

Il estime que l’actuel ministre de l’Éducation Sébastien Proulx est « en mode écoute », et que les députés de l’opposition responsables du dossier sont aussi passionnés par le sujet — Alexandre Cloutier du Parti québécois, Jean-François Roberge de la Coalition avenir Québec et Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire.

« Je regarde ces quatre personnes-là et moi je me vois très bien autour d’une table avec les quatre, puis qu’on soit capable d’arriver à faire le même constat que le Mouvement l’école ensemble fait. »

1 commentaire
  • Sylvie Demers - Abonnée 18 juin 2017 13 h 41

    Système scolaire

    Pourquoi éléminer ce qui fonctionne bien et répond aux besoins des élèves doués comme les écoles à vocation particulières...? Diminuons d'abord le nombre d'élèves par classe dans les milieux défavorisės ( toute l'Ile de Montréal...) un maximum de 15 élèves par titulaire pourrait permettre à chaque enfant d'avoir un suivi plus adéquat favorisant sa réussite scolaire.