Nigel Wright blâmé par la commissaire aux conflits d’intérêts

La commissaire aux conflits d’intérêts a conclu que Nigel Wright avait enfreint la Loi en tentant de convaincre le Parti conservateur de rembourser les frais de logement de Mike Duffy.
Photo: Justin Tang Archives La Presse canadienne La commissaire aux conflits d’intérêts a conclu que Nigel Wright avait enfreint la Loi en tentant de convaincre le Parti conservateur de rembourser les frais de logement de Mike Duffy.

L’ancien chef de cabinet de Stephen Harper a enfreint la Loi sur les conflits d’intérêts avec toutes ses tractations pour éviter au sénateur Mike Duffy de rembourser de sa poche 90 000 $ au Sénat, conclut la commissaire à l’éthique et aux conflits d’intérêts.
 

L’enquête aura pris quatre ans, mais la commissaire aux conflits d’intérêts Mary Dawson a fini par conclure que Nigel Wright avait enfreint la loi en tentant de convaincre le Parti conservateur de rembourser les frais de logement du sénateur Mike Duffy. Lorsque le Sénat a révélé que la facture atteignait 90 000 $, plutôt que les 32 000 $ prévus, le parti a refusé, et c’est Nigel Wright qui a offert le chèque nécessaire au sénateur pour qu’il rembourse la Chambre haute en 2013.
 

Le rapport de Mme Dawson, rendu public jeudi, stipule qu’en demandant au Fonds conservateur de fournir les sommes nécessaires, « M. Wright avait manifestement tenté de les influencer dans le but de favoriser de façon irrégulière l’intérêt personnel du sénateur Duffy ». En remboursant lui-même la dette du sénateur Duffy, M. Wright a également enfreint la loi, qui interdit « de donner à un sénateur une rémunération en déterminant que ce transfert de fonds [est] irrégulier. […] M. Wright aurait dû raisonnablement savoir qu’il se trouvait en situation de conflit d’intérêts ».
 

L’entente entre M. Wright et M. Duffy prévoyait que le sénateur rembourse ses indemnités de logement récoltées injustement, en échange de quoi le bureau du premier ministre défendrait le sénateur et son droit de siéger au Sénat s’il se trouvait menacé.
 

Nigel Wright a agi à titre de chef de cabinet de l’ancien premier ministre Harper, et donc en tant que titulaire d'une charge publique, note la commissaire Dawson. « M. Wright considérait ces réclamations [de remboursement des allocations de dépenses de M. Duffy] comme étant un enjeu politique pouvant mettre le gouvernement dans l’embarras, et estimait qu’il était de son devoir, en tant que chef de cabinet, de gérer cet enjeu et de veiller à ce que les indemnités de subsistance versées au sénateur Duffy soient remboursées », note la commissaire dans le sommaire de son rapport.
 

Son enquête avait débuté en mai 2013, mais avait été rapidement suspendue en juin 2013 lorsque la Gendarmerie royale du Canada a entamé sa propre enquête sur l’affaire Wright-Duffy. Nigel Wright n’a pas fait l’objet d’accusations de la GRC, mais il a témoigné au procès du sénateur Duffy, qui a de son côté été accusé de fraude, d’abus de confiance et de corruption. M. Duffy a été acquitté à l’été 2015.