Paterson (V.F. et V.O.)

L’inspiration est un thème intangible, volatile. Pas facile de l’illustrer au cinéma. À 63 ans, Jim Jarmusch y parvient avec brio dans Paterson, une oeuvre fine et magique, dans laquelle il porte à la connaissance du spectateur tous les facteurs qui stimulent l’esprit créateur. Une parole, un bruit, une coïncidence, une rencontre, un hasard… Jarmusch dresse l’inventaire, forcément incomplet, à travers un récit insolite, en sept chapitres, ayant pour toile de fond une Amérique qui a quasiment disparu du grand écran. Soit celle des petites villes figées dans le temps, où l’on entend encore siffler le train et le bruit de l’eau coulant sous les ponts. Aucune nostalgie à l’horizon toutefois, juste un jazz sans âge, que l’auteur fait entendre au moyen d’un admirable mixage son-musique, gracieuseté de Drew Kunin. Le film est lui-même un poème d’amour à cette ville industrielle immortalisée dans les poèmes d’Allen Ginsberg et William Carlos Williams, évoqués dans le film. Le héros, campé par l’excellent Adam Driver, représente le point de convergence de ces influences. Ou de ces inspirations.

Paterson (V.F. et V.O.)

(3) États-Unis. 2016. Comédie dramatique de Jim Jarmusch avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Method Man, Barry Shabaka Henley, Chasten Harmon. 113 min.