Toni Erdmann

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Winfried est à la retraite. Sa mère, encore de ce monde, n’en a probablement plus pour très longtemps. Son ex-épouse s’est remariée et sa fille Inès travaille pour un important groupe-conseil allemand basé à Bucarest. Comme celle-ci est rarement de passage, et toujours en coup de vent, Winfried, en deuil de son chien fidèle, se rend en Roumanie dans l’espoir de la surprendre. Au terme d’un week-end tendu, durant lequel Inès a tenté de surmonter sa honte d’avoir un père aussi mal dégrossi, ils se séparent. Mais au lieu de rentrer en Allemagne, Winfried réapparaît dans la vie de sa fille et, affublé de fausses dents et d’une perruque, se fait passer pour Toni Erdmann, un coach personnel. Pas un flottement, pas un temps mort ne vient compromettre ce récit en crescendo, qui se déballe sur près de trois heures. Tout un exploit. Les performances habitées de Sandra Hüller et Peter Simonischek, qui forment un superbe tandem dépareillé, y sont pour beaucoup. Maren Ade a déjà deux longs métrages au compteur (les intéressants The Forest for the Trees et Everyone Else), mais il semble évident que son troisième, Toni Erdmann, annonce sa véritable naissance à l’international.

Toni Erdmann

(2) Allemagne, 2016, 162 min. Comédie dramatique de Maren Ade avec Sandra Hüller, Peter Simonischek, Michael Wittenborn, Trystan Pütter, Ingrid Bisu.