Le juge albertain Robin Camp démissionne

Le juge albertain Robin Camp
Photo: Todd Korol Archives La Presse canadienne Le juge albertain Robin Camp

Le juge albertain Robin Camp démissionne plutôt que d'attendre sa destitution. Lors d’un procès pour agression sexuelle qu’il présidait en 2014, ce dernier avait demandé à une jeune femme « pourquoi » elle n’avait pas « collé les genoux ».

En début d'après-midi, le Conseil canadien de la magistrature (CCM) avait dévoilé un rapport catégorique recommandant son renvoi. La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, avait ensuite confirmé son intention d'aller de l'avant dans le dossier.

Le rapport du CCM est on ne peut plus catégorique. « La conduite du juge, examinée dans son ensemble et à la lumière de toutes ses conséquences, a porté si manifestement et si totalement atteinte aux notions d’impartialité, d’intégrité et d’indépendance de la justice qu’elle ébranle suffisamment la confiance de la population pour rendre le juge incapable de s’acquitter des fonctions de sa charge. »

« Par conséquent, le Conseil recommande la révocation du juge Camp », conclut le document.

Selon les transcriptions des débats judiciaires, le magistrat avait notamment appelé la jeune femme « l’accusée » durant toutes les procédures, en plus de lui prodiguer d’autres conseils sur la façon d’éviter une nouvelle agression.

La Cour d’appel de l’Alberta a plus tard infirmé le verdict qu’il avait rendu et ordonné un nouveau procès pour l’homme qu’il avait acquitté dans cette affaire. Ce dernier a finalement été acquitté de nouveau à la fin du mois de janvier dernier.

Les juges à l'école

La Chambre des communes a accepté de donner son feu vert mercredi au projet de loi de la chef conservatrice par intérim, Rona Ambrose, sur les juges et les agressions sexuelles.

Ce projet de loi imposera comme préalable à une nomination à la magistrature le suivi d'un cours sur les stéréotypes liées aux plaintes pour agression sexuelle.

Les juges déjà en poste ne peuvent être forcés à suivre un tel cours, mais le Conseil canadien de la magistrature devra compiler des statistiques sur le nombre d'affaires d'agressions sexuelles traitées par des juges n'ayant pas suivi de formation.

Ce projet de loi, déposé le mois dernier, figurait très bas sur la liste des priorités et était peu susceptibles d'être voté avant la prochaine élection. La décision fait en sorte qu’il sera bientôt étudié en comité parlementaire.

Hélène Buzzetti

1 commentaire
  • Jean-François Racine - Inscrit 9 mars 2017 16 h 02

    "Fermez vos genoux"

    Bon débarras! Par contre, qu'un magistrat aussi important puisse émettre des commentaires aussi idiots devrait nous amener à interroger le processus de sélection des juges. Ce serait vraiment bien si les juges étaient plus imputables de leur comportement. Tout comme les médecins d'ailleurs....