Martine Ouellet briguera la direction du Bloc québécois

La députée de Vachon, Martine Ouellet
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir La députée de Vachon, Martine Ouellet
C’était un secret de Polichinelle. Mais Martine Ouellet est venue confirmer dimanche qu’elle briguera la chefferie du Bloc québécois. Le temps de la course, elle se retirera du caucus du Parti québécois à l’Assemblée nationale, où elle siège depuis 2010.

Mme Ouellet demeurera néanmoins députée péquiste à Québec pour le reste de son mandat, d’ici l’élection provinciale de 2018, a-t-elle réitéré en conférence de presse dimanche. Si elle remporte la chefferie du Bloc québécois, elle deviendra députée indépendante indépendantiste le temps de terminer son mandat, a-t-elle indiqué. Et elle porterait les couleurs du Bloc québécois aux élections fédérales de 2019, a-t-elle promis.

Pour faire couler le pétrole, Justin Trudeau, Stephen Harper, c’est du pareil au même .


L’aspirante-chef du Bloc québécois s’en est prise notamment au dossier environnemental, en reprochant au gouvernement libéral fédéral de Justin Trudeau d’avoir approuvé deux projets d’oléoducs. La preuve, a-t-elle argué, que « c’est toujours le lobby pétrolier qui gagne » au Canada. Mme Ouellet s’inquiète en outre du projet d’Énergie Est, « un projet aberrant et destructeur pour le Québec. […] Pour faire couler le pétrole, Justin Trudeau, Stephen Harper, c’est du pareil au même », a-t-elle tranché.

Martine Ouellet était accompagnée des députés bloquistes Xavier Barsalou-Duval et Marilène Gill, qui prévoient tous deux faire activement campagne pour s’assurer de son élection à la direction du Bloc fin avril. Le député péquiste à l’Assemblée nationale Claude Cousineau était aussi à la conférence de presse dimanche matin à Montréal, tout comme l’ancien ministre péquiste Gilbert Paquette.

Un chef le 22 avril 
Les délégués bloquistes ont voté les règles et les dates de la course, samedi en conseil général. Bien que le député Luc Thériault ait tenté de convaincre la salle de reporter le vote à 2018, le choix de 2017 l’a emporté. Les candidats auront donc jusqu’au 14 mars pour déposer leur bulletin de candidature — accompagné de 1000 signatures récoltées dans au moins 25 circonscriptions et d’un chèque de 15 000 $. Le vote se tiendra par Internet et par téléphone, les 20, 21 et 22 avril. Le résultat sera annoncé le soir du 22 avril.

Martine Ouellet, qui s’était présentée au conseil général samedi à titre d’observatrice, n’a pas caché qu’elle avait mené sa réflexion « en fonction de 2017 ».

À ceux qui s’inquiètent d’une « course rapide », Mme Ouellet leur rétorque que le Bloc québécois avait choisi il y a un an de tenir sa course cette année. « Ça fait déjà un an que l’année 2017 était annoncée, donc toutes les personnes ont eu le temps de pouvoir réfléchir à leur volonté de se présenter. »

L’ancien candidat Félix Pinel, qui a porté les couleurs du Bloc dans Rivière-des-Mille-Îles en 2015, a annoncé cette semaine qu’il sauterait aussi dans l’arène. « C’est sûr que pour une personne dont l’occupation principale n’est pas la politique, ça peut complexifier les choses. Mais j’ai bon espoir de réussir », a indiqué cet enseignant de 39 ans qui a commencé à récolter des signatures d’appui samedi.

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