Benoît Hamon large vainqueur de la primaire socialiste pour la présidentielle française

Benoît Hamon
Photo: Stéphane de Sakutin Agence France-Presse Benoît Hamon

Défenseur d’une « gauche totale », Benoît Hamon est devenu dimanche le champion socialiste pour la présidentielle en France en battant sans appel l’ex-premier ministre Manuel Valls, dans une campagne pleine de rebondissements qui a vu cette semaine le candidat de la droite, François Fillon, s’engluer dans un scandale.

« Ce soir, la gauche relève la tête, elle se tourne vers le futur et elle veut gagner », a lancé Benoît Hamon, 49 ans, à l’annonce de sa victoire. Jusque-là considéré comme un poids plume de la politique française, il l’a emporté avec 58,87 % des voix contre 41,13 % à Manuel Valls, selon des résultats quasi définitifs.


Son premier geste a été de tendre la main aux Verts et à l’extrême gauche pour « construire une majorité cohérente et durable » face à ses adversaires déclarés, « l’extrême droite destructrice » menée par Marine Le Pen et la « droite conservatrice » incarnée par François Fillon.

« Nous refusons que, sur fond de montée des populismes, [...] le visage de Marine Le Pen soit celui de la France », a martelé son rival à la primaire Manuel Valls, qui a déjà jugé « possible » la victoire en France d’une extrême droite galvanisée par l’accession de Donald Trump à la Maison Blanche.

L'avantage à Le Pen
Longtemps donnée au coude à coude avec le conservateur François Fillon, Marine Le Pen semble creuser l’avantage, selon un sondage publié dimanche. François Fillon, lui, est désormais talonné par l’étoile montante de la campagne, l’ex-ministre de l’Économie Emmanuel Macron.

Fragilisé par des soupçons d’emplois fictifs visant son épouse, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy (2007-2012) a contre-attaqué dimanche en réunissant des milliers de partisans à Paris.

« Je n’ai peur de rien, j’ai le cuir solide » et « on ne m’intimidera pas », a lancé François Fillon sous les ovations. Il a plusieurs fois dénoncé les « intimidations », mais sans fournir d’explication concrète sur les 500 000 euros touchés par son épouse, qui s’était toujours présentée comme une femme au foyer, en tant qu’« assistante parlementaire » puis salariée d’une revue littéraire appartenant à un de ses amis.

A moins de trois mois de l’élection présidentielle, l’affaire a entamé l’image d’un candidat qui a fait campagne sur sa probité, malgré ses démentis vigoureux et ses promesses de fournir tous les justificatifs à la justice, qui a ouvert une enquête.

Une pétition lancée sur internet, « Mme Fillon rendez-nous ces 500 000 euros » a récolté plus de 190 000 signatures en quatre jours.

L’inquiétude de son camp est d’autant plus forte que cette campagne a déjà été marquée par plusieurs rebondissements, révélateurs de l’envie de changement des Français.

Avant l’éviction de Manuel Valls, c’est l’ex-président Nicolas Sarkozy qui s’était vu sèchement éliminé à la primaire de la droite. Le renoncement inattendu du très impopulaire président socialiste François Hollande a aussi changé la donne.

Promesses séduisantes
À gauche, les promesses de justice sociale et de « futur désirable » de Benoît Hamon ont davantage séduit que l’expérience du pouvoir et l’autorité de Manuel Valls, malgré un contexte international difficile et la menace djihadiste en France.
Photo: Christophe Archambault Agence France-Presse L’ex-ministre de l’Éducation Benoît Hamon

« On a toujours besoin de rêves et d’un projet qui tienne la route », a estimé Annick Descamps, une architecte parisienne de 60 ans, qui a voté Hamon.

La vision innovante de ce dernier sur la transition écologique, la révolution numérique et sa proposition phare d’un revenu universel de 750 euros à terme ont convaincu son camp.

Mais Benoît Hamon n’est pas au bout de ses peines. Pour se hisser au second tour, la gauche — écartelée entre plusieurs candidats aux antipodes — va devoir se rassembler.

À peine élu, le nouveau champion socialiste a souligné sa volonté de « rassembler la gauche et les écologistes » en s’adressant notamment au candidat vert Yannick Jadot ainsi qu’au tribun de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon.

Ce dernier n’a pas fermé la porte en se disant dimanche satisfait des « paroles si proches des nôtres » du candidat socialiste.

Le dialogue s’annonce plus délicat avec Emmanuel Macron, ex-ministre de gauche repositionné au centre, qui a fait salle comble ces dernières semaines et engrange les ralliements.

Signe de l’inquiétude qu’il suscite, celui qui se présente comme un candidat « hors système » a été particulièrement ciblé lors de la grande réunion de la droite organisée dimanche.

1 commentaire
  • DEMIA ABRAZ - Inscrite 29 janvier 2017 18 h 15

    Super !

    La gauche ne mourra jamais :)