Piétons Québec demande l’interdiction des virages à droite au feu rouge

Selon Piétons Québec, le feu rouge est un des rares éléments qui protègent les piétons.
Photo: Jacques Grenier Archives Le Devoir Selon Piétons Québec, le feu rouge est un des rares éléments qui protègent les piétons.
L’organisme Piétons Québec demande l’interdiction des virages à droite sur feu rouge partout au Québec.

Le co-porte-parole de Piétons Québec, Félix Gravel, dénonce du même coup les maires de l’agglomération de Montréal qui souhaiteraient autoriser ce virage à droite dans la métropole.

M. Gravel estime que les élus ont le devoir d’assurer un environnement sécuritaire aux piétons, et la permission de tourner à droite à un feu rouge va, selon lui, dans le sens contraire. Piétons Québec qualifie même cette approche d’irresponsable.

L’organisme clame que la fluidité automobile ne doit pas être l’unique critère qui conditionne le développement des villes. Déjà, selon Félix Gravel, « on a alloué de plus en plus d’espace aux automobiles, on a synchronisé les lumières et on a trop peu pensé aux piétons dans la conception des rues ». Il rappelle que le feu rouge est un des rares éléments dédiés aux piétons et que « c’est le minimum à préserver pour la sécurité des déplacements ».

M. Gravel conclut que la logique de fluidité automobile a rendu l’environnement de marche dangereux à plusieurs égards, comme en témoigne le nombre de morts et de blessés dramatiquement élevé partout au Québec. Piétons Québec presse ainsi tous les élus de prioriser la sécurité de leurs citoyens en maintenant l’interdiction du virage à droite sur feu rouge.

À Montréal ?
En décembre dernier, les maires des 15 villes liées de Montréal ont demandé à Québec d’autoriser le virage à droite au feu rouge sur l’ensemble de l’île. 

Le maire de la métropole, Denis Coderre, avait toutefois indiqué ne pas partager l’opinion de ses homologues. « Pour Montréal, c’est non. Ce n’est pas pertinent à ce moment-ci », avait-il lancé en évoquant les efforts de son administration pour favoriser les transports actifs et une meilleure cohabitation dans les rues de la métropole.

Effectuer un virage à droite au feu rouge est autorisée partout au Canada et aux États-Unis, à l’exception de Montréal (depuis 2003) et New York.
10 commentaires
  • Louise Collette - Abonnée 8 janvier 2017 11 h 06

    Oui

    Oui s'il vous plaît épargnez-nous !!!!!!!!!!!!!!!!!!Nous avons déjà si peu pour nous protéger. C'est vraiment un minimum à conserver.

  • Serge Sokolski - Abonné 8 janvier 2017 12 h 06

    Autorisation d'écraser du piéton...

    Le virage à droite sur feu rouge est une véritable autorisation à écraser du piéton. Au moins 3 fois par semaine, je suis en danger de collision. Les automobilistes ne regardent que les voitures arrivant sur leur gauche. Ils se foutent complètement des piétons qui se trouveraient sur leur droite en train de traverser sur un feu piéton prioritaire. Parfois, ils ne ralentissent même pas. L'hiver, c'est pire. Ce type de virage à droite doit être retiré. Les automobilistes, de plus en plus nombreux, de plus en plus irrascibles, démontrent une agressivité dangereuse. Pour beaucoup d'entre eux en tout cas. Ceux qui sont favorables au virage à droite (sur feu rouge, je précise), n'affrontent les périls de la ville qu'assis au volant de leur bolide.

  • Jean Lefebvre - Inscrit 8 janvier 2017 12 h 20

    Les piétons sont respectés

    M. Gravel, pensez-vous, en tant que conducteur, que nous ne respectons déjà pas la loi? Saviez-vous que le virage à droite n'est en fait qu'un arrêt stop, et en tant que tel, ils nous faut déjà faire un arrêt complet et devons céder le passage aux piétons. Où est donc le danger pour les piétons?

    Si vous voulez interdire les virages à droite, alors il faudra remplacer TOUS les arrêts stop par des feux de circulations!

    Nous prenez-vous pour des enfants irresponsables M. Gravel!?

    • Guillaume Girard - Abonné 8 janvier 2017 13 h 43

      De toute évidence vous ne marchez pas souvent dans les rues. Les automobilistes qui font leur arrêt obligatoire sont une exception plus qu'une règle et rien n'est fait par les policiers ou les élus pour éradiquer ce comportement. Même avec le virage interdit à Montréal, je vois au moins une voiture par semaine griller un feu rouge sans se soucier des piétons pour continuer son chemin comme si c'était tout naturel.

      Avant de défendre les lâches qui se cachent derrière une tonne de métal et de plastique pour se déplacer, mettez-vous à la place des plus vulnérables un peu. Le filet social est là pour protéger les plus vulnérables, pas juste pour plaire au plus grand nombre.

    • Louise Collette - Abonnée 8 janvier 2017 15 h 41

      Déjà les automobilistes nous tassent autant qu'ils le peuvent, ils nous frôlent, ils se dépêchent de nous couper et de passer avant nous même si nous avons priorité alors là je ne sais pas où vous vivez Monsieur Lefebvre... oui il y en a plusieurs parmi vous qui agissent comme des enfants irresponsables, j'ai répondu à votre question, revenez un tantinet sur terre là.

    • Jean Lefebvre - Inscrit 8 janvier 2017 19 h 40

      Il ne faut pas mélanger les bananes avec les oranges: on parle ici d'interdire les virages à droite sur feu rouge. Or vous nous faite part d'un problème de comportement des conducteurs en général. Si les gens n'ont pas une conduite assez sécuritaire envers les piétons, cela n'a rien à voir avec le virage à droite, mais bien un non respect des règles de conduite.

      Les conducteurs dont vous parler ont le même comportement au feux rouges, aux arrêts stop AINSI qu'aux virages à droite sur feu rouge.
      Le virage à droite n'est pas la cause du problème.

      Vous parlez d'interdir le virages à droite alors que le problème est bien sur tous les types d'arrêt. Ne pas confondre tout svp.

      Pourquoi s'acharner sur le virage à droite, et non pas sur la problématique de tous les types d'arrêts non respectés à la place? Là je vous appuierait à 100%

  • Robert Beauchamp - Abonné 8 janvier 2017 14 h 00

    Le piéton ou la statistique

    Les statisticiens nous révèlent que les accidents impliquants des piétons ne représentent que 1% du total des accidents. C'est faire bien peu de cas de la sécurité des citoyens réduits à une statistique. En chiffre absolu cela représente selon un article récent près de 10 décès et mille blessés par année. Sous prétexte d'un virage vert, il y aurait mieux à faire dans la gestion des cônes oranges qui provoquent des bouchons sans nom et qui coûtent une fortune en frais de déplacements privés et commerciaux.

  • Jean Richard - Abonné 8 janvier 2017 14 h 41

    Un bilan à faire réfléchir

    La contribution du VDFR à la fluidité de la circulation est illusoire, tout comme sa contribution à l'émission des gaz à effet de serre. Par contre, sa contribution à alourdir le désastreux bilan de la sécurité routière est réelle.

    Considérant que Montréal a échappé de justesse à ce fléau antipiéton et anticycliste, le triste bilan aurait été, dans le cas contraire, beaucoup plus lourd car plus de 80 % des piétons et cyclistes de tout le Québec circulent sur son territoire.

    Ayant l'occasion d'aller à Québec quelques fois par année et d'y marcher (car je n'y vais pas en voiture), je suis toujours étonné du manque de respect des automobilistes envers les piétons. C'est nettement pire qu'à Montréal et Montréal n'est pas une référence. L'administration municipale est également hostile aux piétons avec ses feux à la demande qui font de chaque intersection une zone d'attente qui si on la respecte abaisse la vitesse moyenne de déplacement à près de 1 km/h.
    Alors, j'accorde mon appui à ceux qui veulent voir disparaître le VDFR. Québec doit s'inspirer des grandes villes et commencer à redonner un peu de place au transport actif, ce qu'elle ne fait pas actuellement.