Le ministre Pierre Moreau reprend du service

Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, (à gauche) en compagnie du député et ministre délégué aux Finances Pierre Moreau
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, (à gauche) en compagnie du député et ministre délégué aux Finances Pierre Moreau

Les députés et les ministres libéraux se sont rassemblés dimanche matin pour saluer le retour d’un « joueur majeur » et d’une « carte clé » de l’équipe gouvernementale, le député et ministre délégué aux Finances Pierre Moreau, qui reprend le collier après s’être remis d’une grave infection.


« Je suis heureux de pouvoir reprendre l’activité politique, de pouvoir reprendre le service public », a confié M. Moreau en mêlée de presse aux côtés du premier ministre Philippe Couillard après avoir livré son discours devant des militants réunis dans un restaurant de Mercier, ville située dans sa circonscription de Châteauguay.

« Je suis prêt à faire le mandat que le premier ministre estimera que je suis à même de porter pour le bénéfice de l’équipe qui a fait un travail formidable », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne croyait pas être un « sauveur » pour le Parti libéral, qui est sorti fortement diminué des dernières élections partielles.

Les ministres et députés — dont le premier ministre lui-même — semblaient tout de même soulagés de revoir leur collègue, qui se verra probablement confier d’autres responsabilités maintenant qu’il est guéri.
 

« Pierre aura certainement des fonctions stratégiques, c’est un homme brillant, c’est un homme talentueux et important pour le gouvernement », a souligné la ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois.
 

 « Le retour de M. Moreau va nous donner un souffle nouveau pour reprendre la prochaine session et repartir en lion », a renchéri sa collègue responsable des Aînés, Francine Charbonneau.

 
Remaniement ministériel ?

 

Si les qualificatifs flatteurs à l’égard de Pierre Moreau pleuvaient, les rumeurs de remaniement ministériel étaient aussi sur toutes les lèvres. « Tout le monde est conscient, Pierre, que tes capacités sont immenses et qu’elles seront mises à contribution », a lancé le premier ministre dans son discours.

Devant les journalistes, M. Couillard est demeuré vague sur ses intentions. « C’est clair qu’avec son expérience, son grand talent, Pierre Moreau doit se voir confier des responsabilités proportionnelles à ça […] Le moment venu, on vous annoncera quelque chose, mais ce n’est pas aujourd’hui », a-t-il expliqué.


« Un jour, il y en aura un [remaniement] peut-être. Mais c’est pas aujourd’hui. Puis je sais pas quand. Puis peut-être que non. Puis peut-être que oui. Puis on verra », a-t-il enchaîné.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux Gaétan Barrette a dit sans ambages qu’il y aura certainement un remaniement pour laisser de la place à M. Moreau. « Par définition, il doit y avoir des ajustements. Mon collègue Pierre revient. Il ne va pas revenir sur une banquette arrière. Ça me surprendrait qu’il n’ait pas de fonctions particulières. Donc il y a un remaniement », a-t-il soutenu.

Il n’a toutefois pas voulu s’avancer sur le poste que confiera le premier ministre Philippe Couillard à Pierre Moreau dans ce nouveau brassage de cartes ministériel. « Je le vois dans un secteur où il pourra exprimer au maximum son talent. Ce secteur-là va être le choix du premier ministre », a-t-il poursuivi.

Le député Robert Poëti, député de Marguerite-Bourgeoys et ancien ministre des Transports, semblait lui aussi croire qu’un remaniement est imminent, mais il a dit qu’il appartenait au premier ministre Couillard de choisir ses ministres.

« Ça c’est la prérogative du premier ministre, je l’ai appris », a-t-il dit avec un large sourire. Lors d’un remaniement, Robert Poëti avait perdu son ministère pour siéger en tant que simple député.

Discours électoralistes
Si l’événement était organisé en l’honneur de M. Moreau, le premier ministre Couillard a aussi profité de son discours pour lancer quelques pointes à ses adversaires et pour vanter le bilan de son gouvernement « qui a fait exactement ce qu’on avait dit qu’on ferait », a-t-il martelé.

« Est-ce qu’il y a quelqu’un ici qui y croit quand il [Jean-François Liséedit qu’il ne parlera pas de séparation pendant quatre ans ? Voyons donc, on n’est pas des enfants ! », a lâché M. Couillard, par rapport au chef du Parti québécois.

Le premier ministre s’est ensuite attaqué au chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, qu’il a comparé à une « girouette qui tourne tellement vite que c’est rendu un ventilateur ».

Pierre Moreau, qui a été, dit-il, un « observateur privilégié » pendant son rétablissement, a lui aussi passé en revue tous les bons coups du gouvernement Couillard.

« La stabilité est là, le Québec est sur la bonne voie. Celle de la relance […] Nous pouvons aujourd’hui envisager l’avenir avec plus de confiance », a-t-il plaidé.
3 commentaires
  • Colette Pagé - Inscrite 18 décembre 2016 11 h 14

    La précipitation est mauvaise conseillère !

    Que le meilleur d'entre-eux ne se presse pas pour reprendre le collier.

    Amaigri par la maladie, il devrait prendre son temps pour se remettre en forme.
    Car la politique , un tue monde, ne lui fera pas de cadeau en raison de la cadence qu'elle exige et un agenda que le ministre ne contrôle pas.

    Dans un contexte de déconsidération de la Justice à la suite de l'arrêt Jordan et du laxisme qui s'en est suivi, le PM serait bien avisé de le désigner à ce poste afin qu'il puisse consacrer ses énergies à la grande Réforme qui s'impose afin de faire entrer la Justice dans la modernité.

  • François Beaulé - Abonné 18 décembre 2016 11 h 16

    Un peu mystérieux

    La maladie de M. Moreau n'a pas été identifiée clairement ou n'a pas été publiée. Infection par quel bactérie ou virus ?

    Il doit reprendre du poil de la bête. La politique c'est dur.

  • Patrick Daganaud - Abonné 18 décembre 2016 19 h 39

    Point de vue

    Avec tout le respect qui lui est dû, Pierre Moreau a une vision quelque peu rose de la gouvernance libérale :

    « La stabilité est là, le Québec est sur la bonne voie. Celle de la relance […] Nous pouvons aujourd’hui envisager l’avenir avec plus de confiance »

    L'austérité prêchée et imposée a fait et fait des dégâts considérables et irréversibles en santé, en éducation, en services sociaux.

    Le filet social est en lambeaux.

    La création d'emploi est précaire et illusoire : les fondements de l'économie sont instables. Tout n'est que précarité et poumons artificiels. Notre sous-sol est vendu aux pétrolières.

    Les écarts s'accentuent entre les gloutons et la classe moyenne et ouvrière.

    La laïcité est l'objet d'attaques religieuses incessantes sous le couvert du multiculturalisme, tandis que notre PM soutient la candidature de l'Arabie saoudite au sein de la francophonie.

    Les plus vulnérables sont les victimes de la démence néolibérale.

    Alors, si Pierre Moreau voit rose, c'est effectivement qu'il est prêt pour un retour en politique libérale.