Ouvert à ne pas réformer le mode de scrutin, Trudeau s’attire les critiques

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo: Jake Wright Le Devoir Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

Une pluie de critiques s’est abattue mercredi matin sur Justin Trudeau, qui a ouvert la porte à l’idée de renoncer à une réforme électorale d’importance.

En entrevue avec Le Devoir, le premier ministre a laissé entendre qu’une réforme électorale majeure n’était peut-être plus dans sa ligne de mire. Il avait pourtant promis l’an dernier que les élections générales de 2015 seraient les dernières menées selon le mode de scrutin uninominal à un tour.

Il soutient que pour qu’il y ait un changement, « il faut que les gens soient ouverts à ça ». Il prétend aussi que les citoyens avaient un fort appétit à changer le mode de scrutin lorsque Stephen Harper était au pouvoir. Selon lui, la motivation à changer de système électoral est « moins percutante » parce que les gens sont plus satisfaits des libéraux.

Cela a fait bondir le chef intérimaire bloquiste Rhéal Fortin, qui trouve que M. Trudeau a une haute opinion de lui-même, comme si le fait qu’il ait remplacé M. Harper tenait lieu de réforme démocratique. « Disons que, comme on dit par chez nous, il ne se prend pas pour de la merde, M. Trudeau », a-t-il lancé à l’entrée d’une réunion de caucus.

Le député conservateur Gérard Deltell est allé dans le même sens, en qualifiant cet argument de « fallacieux » et de « burlesque ». « C’est incroyable de voir que, là, parce que ça fait son affaire, qu’il est au pouvoir, tout va bien, tiens, il change d’idée, a-t-il ironisé. C’est un comportement tout à fait indigne. »

Mais son collègue Michael Cooper est toutefois d’avis que les libéraux ont « peut-être enfin compris le message ». Les conservateurs martèlent que pour qu’il y ait réforme électorale, le gouvernement devrait soumettre la question à la population par référendum.

Le député bloquiste Louis Plamondon a pour sa part rappelé qu’il n’y avait pas de consensus qui se dégageait entre les partis fédéraux sur le nouveau mode à adopter. Constatant que M. Trudeau avait « commencé déjà à patiner de reculons » sur cet enjeu, il ne croit pas qu’il y aura un nouveau système aux prochaines élections.

À son entrée au caucus, M. Trudeau s’est arrêté pour souligner le premier anniversaire de son élection, mais il n’a pas répondu aux questions des journalistes.

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