Une charte de la laïcité, un projet plus pertinent que jamais

Des consultations publiques en décembre 2013 en rapport avec le projet de charte de la laïcité présenté par le gouvernement de Pauline Marois
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des consultations publiques en décembre 2013 en rapport avec le projet de charte de la laïcité présenté par le gouvernement de Pauline Marois

En dépit des réserves qu’exprime Michel David dans Le Devoir du 15 septembre (« Laïcité et tabagisme ») quant à la pertinence de rouvrir un débat sur une charte de la laïcité « dont le passé récent a démontré toute la nocivité », il est temps, plus que jamais, de réactiver ce débat qui ne doit être considéré ni comme vecteur de division et de zizanie ni comme « empoisonné ». Car, de nature, un débat implique controverse entre adversaires et non entre ennemis. Il ne se résume pas à de la « conversation », pour employer un terme à la mode, on ne peut plus insignifiant. Débattre, c’est autre chose que de la « chicane », dont ses adversaires accusent régulièrement le Parti québécois, le premier ministre Philippe Couillard en premier lieu, comme si le peuple québécois était héréditairement mutique et craintif.

Vision restrictive

Le temps a passé depuis le dépôt du rapport de la commission Bouchard-Taylor (mai 2008), lequel recommandait un modèle de « laïcité ouverte » et prônait un devoir de réserve de certains représentants de l’État : président et vice-présidents de l’Assemblée nationale, juges et procureurs de la Couronne, policiers et gardiens de prison. « Il s’agit des postes qui représentent de façon marquée la neutralité de l’État ou dont les mandataires exercent un pouvoir de coercition ». Une laïcité qualifiée d’« ouverte », tentant de montrer d’entrée de jeu qu’on se situait du bon côté de la rectitude politique, versus les intolérants, voire « intégristes », de la laïcité tout court.

Dans un article publié dans ces pages avec Céline St-Pierre et Pierre Toussaint, Micheline Labelle dénonçait la vision restrictive de la laïcité pour l’État telle que véhiculée par le rapport Bouchard-Taylor. Car les fonctions de l’État et du service public concernent bien d’autres secteurs que la coercition : l’éducation à la citoyenneté, par exemple. Dans divers milieux de la société québécoise, on s’est élevé contre une vision étriquée des fonctions de l’État, au nom des principes suivants : 1) si tous les fonctionnaires de l’État et du service public, dont les enseignants, doivent adopter un devoir de réserve en ce qui concerne leurs opinions politiques, ils devraient le faire également en matière de convictions religieuses, qui sont d’égale importance et impliquent des droits égaux. Car on peut mourir pour défendre ses convictions politiques tout aussi bien que ses convictions religieuses. Ici, il n’y a pas de hiérarchie de droits ; 2) la neutralité des structures de l’État exige également, comme le soulignait le sociologue Guy Rocher, la neutralité des agents sociaux (des personnes) qui occupent ces structures ; 3) le service public doit être distingué de l’espace public dans les délibérations. Cette distinction est encore aujourd’hui mal comprise dans le grand public et chez les politiciens. Par exemple, interdire le port de signes religieux sur les lieux de travail dans la fonction publique ou dans le milieu de l’enseignement (de 9 h à 17 h) n’a rien à voir avec le libre port des signes religieux dans l’espace public (les commerces, la rue, les lieux de culte, etc.).

À cet égard, le projet de charte de la laïcité de Bernard Drainville (dans ses deux versions), initialement mal nommé il est vrai, n’a pas à être mis au rancart. En dépit de ses failles, il est un acquis, une sorte de capital. Il a mobilisé des ressources financières, intellectuelles et politiques et doit faire partie des débats. Il s’agit de prendre en compte le travail déjà fait dans différents secteurs, le Rassemblement pour la laïcité par exemple, et de faire avancer l’argumentation.

À cet égard, bienvenues seront les propositions des candidats à la chefferie du Parti québécois qui, nous l’espérons, auront le courage et la loyauté de rendre à César ce qui revient à César, et de faire de la formation permanente sur le sujet, à l’intérieur et à l’extérieur du parti.

Le droit d’évoluer

Que les journalistes s’amusent à mettre en contradiction les prises de position passées avec les positions présentes des candidats à la chefferie ne sert pas à grand-chose. Les gens ont le droit d’évoluer dans leur pensée tandis que la charte de la laïcité appartient dorénavant de plein droit à tous les Québécois. Qu’ils insinuent, à tort en vérité, que la charte a causé à elle seule la défaite du gouvernement Marois ne conduit qu’à censurer le débat. Durant toute l’histoire du Parti québécois, les pratiquants ont toujours clairement rejeté ce dernier ; habitant de plus dans les circonscriptions les moins francophones, les immigrants les plus religieux n’ont fait perdre aucun siège au parti.

Enfin, signe que le bon Dieu n’est pas du côté des partisans de la laïcité ouverte, les positions multiculturalistes du Nouveau Parti démocratique ne l’ont pas empêché de connaître des reculs significatifs dans toutes les provinces canadiennes lors des élections fédérales de 2015.

Enfin, la laïcité (au-delà du port des signes religieux dans la fonction publique et parapublique) devrait être discutée indépendamment des idéologies d’intégration des immigrants que sont le multiculturalisme, l’interculturalisme, la convergence culturelle ou la concordance, car elle concerne toutes les composantes du peuple québécois, pas seulement les immigrants et les minorités. Nous sommes tous concernés par les symboles de l’Assemblée nationale, ceux des assemblées municipales et des établissements d’enseignement, le financement des écoles privées ethnoreligieuses, les congés pour fêtes religieuses dans le service public, les droits acquis des employés en place, la contrainte excessive ou non des accommodements raisonnables, etc. Et cela dépasse largement le dossier de l’intégration des nouveaux arrivants.

30 commentaires
  • Eric Lessard - Abonné 17 septembre 2016 07 h 21

    Un problème qui n'existe pas

    Au Québec actuellement, il y a une paix entre le religieux et le non religieux. Les personnes en authorité comme les policiers ou les juges qui seraient interdits de signes religieux n'en portent tout simplement pas à l'heure actuelle.

    Par ailleurs, le gros de la société québécoise a tourné le dos à la religion depuis longtemps. Qu'un médecin ait dans son bureau un crucifix ou une statue du boudha n'intimidera personne.

    Par contre, le Québec a un passé chrétien qu'il n'est pas pressé d'oublier. Notre drapeau est marqué par une croix, de nombreuses municipalités commencent leurs noms par Saint ou Sainte, la présence du christianisme dans l'espace public est évidente et vouloir l'effacer crérait un malaise, y compris chez bien des non croyants.

    L'idée que les gens religieux auraient des avantages outranciers me semble une idée plutôt mesquine. Après tout, dans la vie de tout les jours, un athée a bien moins de contraintes et d'obligations qu'un religieux dévot.

    De mon point de vue, il n'existe pas de problèmes qui exigeraient une charte de la laicité. Cette idée est porté en France par le front national dans le but de stigmatiser les musulmans. Si vous aviez demandé aux Québecois ce qu'est un laic il y a 20 ans, on vous aurait répondu qu'un laic est qu'est quelqu'un qui travaille dans un établissement religieux sans être lui-même religieux.

    D'ailleurs, cette charte était applaudie à tour de bras par l'extrême-droite américaine car elle avait bien compris qu'il s'agissait pour une majorité d'écraser les droits des minorités.

    • Pierre Bernier - Abonné 17 septembre 2016 09 h 17

      Hum !

      Est-ce les deux yeux fixés sur le rétroviseur que se conduit le "char " d'un État démocratique moderne ?

    • Jacques Patenaude - Abonné 17 septembre 2016 09 h 22

      Une majorité qui écrase les droits des minorités...

      Pouvez-vous m'indiquer de qui est formée la majorité dont vous parlez?
      Les Canadiens français? les blancs? les montréalais? les nationalistes? qui donc forme cette "majorité". Ça ne me semble pas si évident que cela.

    • Germain Dallaire - Abonné 17 septembre 2016 09 h 26

      On ne peut jouer à l'autruche
      Bien des gens comme M. David surement et vous M. Lessard ne sont nullement racistes ou encores xénophopes et ne rencontrent pas ce type de raisonnement. Est-ce à dire qu'ils n'existent pas? Personne ne peut nier qu'il y a actuellement dans le monde une montée de ces raisonnements. La religion musulmane et particulièrement sa frange intégriste prend chez plusieurs des allures de bouc émissaire pour tout ce qui ne va pas dans le monde. Une charte des valeurs vise à gérer une situation subjective qu'on ne peut nier. Pour moi, l'affirmation du caractère résolument laic de l'état québécois par le biais de ses fonctionnaires, non seulement n'est pas un danger pour les différentes religions mais au contraire une garantie de leur liberté d'exercice. La laicité de l'état est l'affirmation de sa neutralité en rapport avec toute religion étant entendu qu'une religion est une chose personnelle et j'oserais dire intime.
      Germain Dallaire
      abonné

    • Sylvain Auclair - Abonné 17 septembre 2016 09 h 32

      Alors, que pensez de la question des fêtes religieuses à l'école? (On parlera des fêtes chrétiennes, mais on ne donne congé ni à la Toussaint ni à l'Ascension...) Et que ferez-vous quand vous verrez une policière en hidjab?

    • Serge Morin - Inscrit 17 septembre 2016 11 h 12

      Vous n'y êtes pas du tout.
      Les religieux ont leurs écoles subventionnées et leurs exemptions fiscales et toutes une serie d'accommodements législatifs.
      L'épouvantail de l'extrême droite n'est qu 'argument de cette gauche mondialiste qui s'identifie aux minorités pour mieux les "défendre " ou pire, les vampiriser.
      Basta
      ni à gauche,ni à droite

    • Claude Bariteau - Abonné 17 septembre 2016 11 h 28

      Décidément, votre commentaire révèle votre incompréhension.

      L'espace public n'est pas en cause, sauf pour éviter des comportements qui vont à l'encontre du respect d'autrui selon des normes acceptées : absence de nudisme et recours à des vêtements qui empêchent l'identification des personnes, ce qui est par contre accepté dans des lieux privés non financés.

      Diffère, comme le soulignent les auteurs, « le port de signes religieux sur les lieux de travail dans la fonction publique ou dans le milieu de l’enseignement ». Le motif est simple. Il s'agit de lieu collectivement créé pour assurer une gestion des fonds publics indépendamment de tout lien avec des pratiques religieuses afin que ces lieux ne fassent pas de promotion religieuse.

      Ceci implique deux choses fondamentales, que sont la priorité donnée à la citoyenneté, ce qui ne peut s'exprimer qu'avec des règles en conséquence qui s'appliquent à tous, et le contrôle des citoyens et des citoyennes sur les règles décidées collectivement.

      En clair, cela consiste à penser le « vivre ensemble » dans une perspective de citoyens et de citoyennes responsables plutôt que sous l'influence de religions auxquelles le pouvoir politique colonial a octroyé, dans l'histoire du Québec, des responsabilités qu'il a refusées aux Patriotes qui véhiculaient une conception citoyenne de la politique du Québec.

      Penser en citoyen et citoyennes, ça implique de préciser les balisses du « vivre ensemble » et de les rendre opératoire. Ne pas le faire, c'est accepter que la vie en société dans les espaces relevant de l'État soit autre qu'une vie de citoyens et de citoyennes.

      En quelque sorte de consolider le statut de « sujet/te » sous l'égide d'une autorité divine ou royale, ce qui fut le cas au Québec avant la révolution tranquille, que les promoteurs de cette révolution n'ont pas été banni de l'univers politique parce qu'ils n'ont pas donner priorité à la citoyenneté.

    • Carmen Labelle - Abonnée 17 septembre 2016 20 h 09

      Je ne sais pas sur quelle planète vous vivez. Il y a de plus en plus de demandes d'accomodements déraisonnables, de demandes de ségrégation, heures de piscines séparées, ne pas faire de travail de groupe avec des étudiants de l'autre sexe, d'avoir de la bouffe religieuse halal dans les CPE, de demandes de dispenser les enfants de certains groupes religieux des cours de musique parce que la musique est mal .Il y a de plus en plus de femmes voilées qui véhiculent par leur image la notion de honte du corps qu'on doit cacher, de soumission, d'inégalité. Ça vous ne vous suffit pas? Oui une charte est nécessaire, pour éviter que la religion qu'on a remisé dans la spère privée revienne par la porte d'en arrière miner les droits que nous les femmes québécoises avons tant lutté pour arracher à l'église et au patriarcat! Il faut rappeler qu'Adil Charkaoui a dit que la démocratie et l'islam ça ne va pas ensemble et que Salman Elmenyawy, le président du conseil musulman de Montréal a milité auprès du gouvernement pour que les musulmans au Québec puissent se gouverner selon la Charia et non pas selon nos lois civiles

  • Pierre Desautels - Abonné 17 septembre 2016 07 h 24

    C'est fini.

    Le projet de charte de la laïcité est politiquement mort et enterré. Pourquoi s'obstiner? Quant à l'argument sur la chute du NPD, cela ne tient pas la route. Les libéraux, avec les mêmes positions multiculturalistes, ont gagné haut la main, et ce, même au Québec...

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 17 septembre 2016 10 h 23

      Puisqu'on en parle, ce n'est pas fini. Peut-être que ça ne fait pas votre affaire, mais ce dossier est loin d'avoir dit son dernier mot. La réalité sociale, politique et migratoire en est la preuve et rend le débat nécessaire.

      Il s'agit d'aborder le sujet en adulte démocrate, respectueux des opinions de tous et toutes. Il ne faut pas éviter le sujet par peur de controverse.

    • Pierre Desautels - Abonné 17 septembre 2016 17 h 10

      @Jean-Pierre Marcoux.

      Ce n'est pas par peur de la controverse. Justement, ce projet de charte avait la peur de "l'autre" comme fondement, avec les mêmes arguments que la droite et l'extrême droite francaise, qui soutenaient le projet de charte du PQ. Nous n'avons pas besoin d'une charte pour appliquer nos lois existantes. Nous ne sommes pas en France, ici.

      Il se dégage maintenant un large appui pour l'application du rapport Bouchard-Taylor, tel que préconisé par Alexandre Cloutier, entre autres.

    • Michèle Lévesque - Abonnée 18 septembre 2016 01 h 58

      1) N'oubliez pas l'enjeu premier de la campagne de l'automne 2015, à savoir débouter Harper. Beaucoup de votes ont été de type dit ‘stratégique’ et Trudeau est entré en grande partie parce que les gens ont joué la carte la plus sûre. Mulcair a été miné par les tensions internes et, de là, par sa propre difficulté à prendre position. Le Bloc a perdu des points importants parce qu'il lui était impossible d'accéder à l'opposition, et encore moins au pouvoir. Plusieurs, au lieu de voter suivant leur convictions profondes, ont voté libéral pour ne pas diviser le vote, ce qui aurait signifié une victoire certaine pour Harper. C'est la peur qui a fait entrer le PLC, comme souvent dans son histoire.

      2) Quand l'eau déborde du chaudron, c'est signe qu'il y a de l'eau. Un débat de société, et à plus forte raison avec un enjeu aussi complexe, n'est pas mort tant qu'il s'exprime. Nous sommes encore en démocratie, alors non, la charte et la question de la laïcité ne sont pas mortes. Sinon, on n'en parlerait pas.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 18 septembre 2016 08 h 29

      @Pierre Desautels

      Je ne suis absolument pas d'accord avec votre argumentation.

      Quand vous dites :«... ce projet de charte avait la peur de l'autre comme fondement... », vous citez l'argumentation étalée ad nauseam par le PLQ ainsi que la presse anglophone et anglophile comme LaPresse.

      Je dirais plutôt que ce projet de Charte avait pour fondement « le respect de soi, de notre culture, de notre histoire et de nos combats de la deuxième moitié du vingtième siècle.

      Nous avons goûté jusqu'à l'indigestion ce que c'est que de vivre dans une société immergée dans les religiosités. Nous nous en sommes soustraits pour construire une société laïque, égalitaire, solidaire. Où la spiritualité quitte le domaine politique et prend sa place, mais dans l'intimité de chacun.

      Terminées les Croisades, les Prosélytismes, le porte-à-porte pour semer la Vérité, le Mystère, le Secret et toutes ces superstitions nauséabondes.

  • Jacques Tremblay - Inscrit 17 septembre 2016 08 h 05

    Le devoir de prévoir au nom du " mieux vivre ensemble "

    Je crois que ce débat est nécessaire pour éviter, comme en Europe, de se retrouver devant des faits accomplis et une source d'un inconfort réel devant la nécessaire neutralité laïc des services dispensés par l'État. Et tout cela au nom du " mieux vivre ensemble".
    Les écoles ethnoreligieuses qui n'offrent pas d'accès à l'ensemble des citoyens n'ont pas à être financées par l'État. En d'autres mots, un État qui se dit laïc ne doit pas encourager les divisions sectaires de notre société. De plus même le port du voile islamique apparaît de plus en plus islamiste par le militantisme déployé par ses promoteurs occidentaux alors qu'il est un fait avéré que dans certains pays totalitaires des femmes se font ostraciser par des polices religieuses appuyées par des États fascistes si par malheur ces femmes osent se présenter en public sans le voile. Ainsi le port du voile devient un symbole ostentatoire d'une religion fascisante qui a produit des millions de victimes dans le monde et comme tout symbole fasciste telle la croix gammée le port du voile qui est un symbole d'oppression de par le monde n'a pas sa place dans nos écoles. D'ailleurs l'obligation religieuse historiquement plutôt récente de porter le voile islamique est fortement contestée par des spécialistes de l'Islam ce qui semble confirmer que le port du voile est beaucoup plus islamiste qu'islamique c'est-à-dire relevant plus du militantisme que de la religion elle-même. Ainsi tous les services publiques devraient autant exigés la neutralité politique que la neutralité religieuse...dû moins, en apparence!
    Jacques Tremblay
    Sainte-Luce, Qc

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 septembre 2016 08 h 35

    L'allure en tant que vecteur d'un message présumé

    Est-ce qu'avoir l"air" musulmane (d'après sa tenue vestimentaire), c'est du prosélytisme religieux ?

    Est-ce qu'avoir l"air" homosexuel est-ce de la propagande gaie ?

    • Claude Bariteau - Abonné 17 septembre 2016 12 h 39

      Mauvaise question. La séparation de l'État de l'Église n'a rien à voir avec l'homosexualité, l'hétorosexualité, la bisexualité ou tout rapport de sexe entre humain.

      Le présumer est banaliser la religion, encore plus l'État de droit qui s'est historiquement dégagé des pouvoirs divins et des royautés, les États ne l'ayant pas fait étant des théocraties ou des monarchies dans lesquels le droit est entaché de principes divins ou royaux, ce qui soumet les citoyens et les citoyennes à des ordres définis sur des bases autres que politiques.

    • Gilbert Turp - Abonné 17 septembre 2016 13 h 03

      C'est bizarre cette équivalence entre religion et sexualité, non ?

    • Jean-Pierre Martel - Abonné 17 septembre 2016 21 h 34

      Monsieur Bariteau, vous n’avez pas compris ma question d’apparence anodine. J’avoue qu’elle était subliminale. Je vais donc être plus clair.

      La laïcité républicaine (celle qui interdit les signes ‘ostentatoires’ d’appartenance religieuse) repose sur le mythe selon lequel le fait de se vêtir conformément aux règles de modestie exigée par une certaine interprétation de l’Islam, c’est de la propagande religieuse.

      En réalité, c’est de la foutaise. Ce n’est pas parce qu’une employée de l’État a la tête recouverte d’un voile que cela convaincra quiconque d’adhérer à l’Islam.

      Pas plus que le fait d’être servi par un employé gai ne convaincra quiconque de changer d’orientation sexuelle.

      Tous ces arguments tirés par les cheveux pour nous convaincre que les femmes voilées doivent changer de tenue vestimentaire sont un paravent à l'intolérance religieuse.

      Si on croit être en présence d'un signe d'oppression, qu'on s'attaque aux oppresseurs et non aux oppressées.

  • Sylvain Auclair - Abonné 17 septembre 2016 09 h 33

    D'accord

    Il faut séparer la question de la laïcité de l'État de celle de l'intégration des nouveaux arrivants. La plupart des requêtes d'accodement raisonnables sont le fait... de chrétiens