Opérations de paix: l’opposition réclame un vote avant tout déploiement

Le ministre Sajjan participait, jeudi à Londres, à un sommet des pays qui contribuent aux missions de maintien de la paix des Nations unies.
Photo: AP-PA/Stefan Rousseau Special Le ministre Sajjan participait, jeudi à Londres, à un sommet des pays qui contribuent aux missions de maintien de la paix des Nations unies.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, qui espère être en mesure d’annoncer « d’ici la fin de l’année » où seront envoyés des centaines de Casques bleus canadiens, n’est pas prêt à s’engager à tenir un vote sur ce déploiement au Parlement malgré les pressions de l'opposition.

Une décision d’une telle importance ne devrait pas être précipitée, a plaidé le ministre Sajjan jeudi, en conférence téléphonique depuis Londres, où il participait à un sommet des pays qui contribuent aux missions de soutien à la paix des Nations unies.

« Je veux avancer le plus rapidement possible, mais le faire de manière responsable. […] Je ne veux pas d’un échéancier artificiel qui mettrait en péril la sécurité des troupes et l’impact d’une mission », a expliqué M. Sajjan.

On ignore donc toujours dans quels pays pourraient être envoyés jusqu’à 600 soldats et 150 policiers. On ne sait pas non plus à quel moment leur déploiement pourrait survenir — sur cette question, le ministre s’en remet aux Forces armées canadiennes.

« Je laisse ces décisions à l’armée. Il faudra déterminer, une fois que la décision aura été prise, quel type de formation s’imposera », a-t-il précisé.

Pression de l'opposition

Pour les trois principaux partis d’opposition à Ottawa, tout engagement canadien devrait être avalisé au préalable par les députés de la Chambre des communes. Autrement, les libéraux feraient preuve de mépris envers le Parlement, a soutenu le porte-parole associé du Parti conservateur en matière de défense, Pierre Paul-Hus.
  
« On veut envoyer des soldats en Afrique, probablement, dans les endroits les plus dangereux du monde. […] Tout le Parlement doit débattre et avoir un vote sur une mission d’une telle importance », a-t-il dit en conférence de presse à Ottawa, jeudi matin.

Le chef du Bloc québécois, Rhéal Fortin, a abondé dans le même sens. « Ce qui est clair pour nous, c’est que s’il y a un déploiement de soldats canadiens, ça doit passer par un vote en Chambre », a-t-il dit en conférence de presse au parlement.

« C’est un minimum de respect, on s’entend, là. Envoyer des gens se faire tuer à l’étranger, je pense que ça passe minimalement par une décision à la Chambre des communes », a ajouté M. Fortin.

Le ministre Sajjan a néanmoins refusé de dire clairement si le gouvernement pourrait soumettre le déploiement de troupes à un vote en Chambre.

« On met la charrue avant les boeufs. […] Une fois que je disposerai de toute l’information nécessaire, je serai en mesure de faire une recommandation au conseil des ministres. […] Nous discuterons de la suite des choses », a-t-il offert.

Des informations contradictoires circulaient à ce sujet, jeudi, mais la décision finale n’aurait pas encore été prise, selon une source gouvernementale.