SNC-Lavalin a versé 118 000 $ en contributions illégales au PLC et au PCC

Le commissaire affirme que d’anciens hauts dirigeants de SNC-Lavalin ont sollicité des employés en vue d’apporter des contributions politiques au palier fédéral.
Photo: Olivier Zuida Archives Le Devoir Le commissaire affirme que d’anciens hauts dirigeants de SNC-Lavalin ont sollicité des employés en vue d’apporter des contributions politiques au palier fédéral.

L’entreprise de génie SNC-Lavalin a versé près de 118 000 $ en contributions politiques illégales sur une période de sept ans, selon une enquête conclue jeudi par le commissaire aux élections fédérales.
 

Elle s’en tire toutefois à bon compte, alors que le commissaire a spécifié avoir conclu une entente de transaction avec la firme d’ingénierie, qui est loin d’en être à ses premières infractions éthiques.
 

Les contributions ont été versées surtout aux libéraux et, dans une moindre mesure, aux conservateurs entre le 9 mars 2004 et le 1er mai 2011.
 

Selon l’entente de transaction, le commissaire affirme que d’anciens hauts dirigeants de la firme d’ingénierie montréalaise ont sollicité des employés en vue de faire des contributions politiques fédérales.
 

Dans certains cas, ces contributions ont été repayées aux employés sous forme d’un faux remboursement de dépenses personnelles ou d’un paiement factice de bonus ou d’autres avantages, pour une valeur totale qui s’élève à 117 803,49 $.
 

Le commissaire précise que les partis politiques ont remboursé ces contributions illégitimes au receveur général du Canada et que SNC-Lavalin a « pleinement coopéré » et « s’est engagée à collaborer avec le Bureau pour la durée de l’enquête en cours ».
 

L’enquête du commissaire a conclu que le Parti libéral du Canada (PLC) a reçu 83 534,51 $ de cette manière et ses associations de circonscriptions, 13 552,13 $. Les candidats à la course au leadership du PLC en 2006 – course remportée par Stéphane Dion – ont, quant à eux, empoché 12 529,12 $.
 

De son côté, le Parti conservateur du Canada a reçu 3137,73 $ de SNC-Lavalin par l’entremise de ce stratagème, et ses associations de circonscription ainsi que ses candidats, 5050 $.
 

Le Groupe SNC-Lavalin affirme qu’il ne divulguera pas les noms des personnes qui ont été impliquées dans le stratagème à l’époque.
 

« Tous les membres du bureau du président de la compagnie qui avaient été impliqués dans les activités reprochées ne sont plus à notre emploi, a fait valoir le porte-parole de l’entreprise, Louis-Antoine Paquin. Et les nouveaux de notre équipe de direction n’ont jamais été impliqués non plus dans ces activités-là. »
 

M. Paquin n’était pas en mesure d’indiquer si des contrats avec Ottawa avaient été conclus grâce à ces contributions illégales. « Il n’y a pas de lien qui a été établi entre les contributions qui ont été effectuées et les contrats qui ont pu être gagnés », a-t-il soutenu.


« Je ne peux pas m’avancer sur le but précis des contributions qui ont été faites », a-t-il ajouté.
 

Au PLC, on affirme avoir été mis au courant de l’existence de ce stratagème en août seulement. Interrogé quant à savoir si le parti allait lancer une enquête à l’interne pour déterminer si certains individus au sein du parti étaient au courant à l’époque, le directeur des communications du PLC, Braeden Caley, a répondu que la formation politique avait déjà fait ses devoirs en matière d’éthique.
 

« Nous avons déjà révisé nos politiques et pratiques d’acceptation de dons cette année, pour aller de l’avant avec notre engagement en faveur de la responsabilité et de la transparence. Et nous allons évidemment continuer ce travail dans les prochains mois », a-t-il noté.
 

L’entente conclue par le commissaire comprend une liste de conditions à laquelle l’entreprise a consenti à se soumettre.
 

Et l’enquête sur ce stratagème se poursuit. « La transaction ne veut pas dire qu’on ne pourrait pas poursuivre des gens dans le futur », a noté Mme Laliberté, du commissariat.

 

4 commentaires
  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 8 septembre 2016 12 h 18

    SNC Lavalin et les libéraux

    Mais que c'est beau la démocratie dans le plus beau pays du monde qui bientôt sera pollué d'un océan à l'autre avec Énergie Est.
    Combien Energie Est a fourni de dollars dans les caisses électorales des libéraux ?

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 8 septembre 2016 12 h 24

    SNC Lavalin et les libéraux

    Mais que c'est beau la démocratie libérale dans le plus beau pays du monde.
    Le plus beau pays qui bientôt sera pollué d'un océan à l'autre avec les oléoducs d'Énergie Est.
    Combien Énergie Est a fourni de dollars dans les caisses électorales libérales ?

  • Bernard Plante - Abonné 8 septembre 2016 13 h 38

    Autre changement de nom à venir?

    Lorsqu'une firme se fait prendre la main dans le sac, il lui suffit de changer de nom pour supposément "repartir à neuf". Après Genivar devenue WSP et Roche devenue Norda Stello, quel sera le nouveau nom de SNC-Lavalin? Le concours est ouvert.

  • Nicole Delisle - Abonné 8 septembre 2016 15 h 52

    Et l'on va nous dire....

    Que cette compagnie, comme bien d'autres, n'achète pas le gouvernement pour avoir des contrats? Pourquoi la renommée de l'entreprise, la qualité et l'expertise des
    employés et des dirigeants, une qualité de travail exceptionnelle ne sont-elles plus des critères lors de soumissions? Pourquoi certains se sentent-ils obligés de payer des pots-de-vin sous forme de dons illégaux à un parti pour obtenir des contrats? On doit donc en déduire que leur expertise et leur travail ne vaut pas grand chose, s'ils sont
    obligés d'acheter leur client! Pourquoi le gouvernement n'a-t-il pas la compétence et la décence de choisir des entreprises honnêtes et qualifiées pour un coût acceptable
    pour la population qui paie avec ses taxes, autrement que par être soudoyé par des
    entreprises pour leur donner des contrats? Le gouvernement devrait être celui qui prêche par l'exemple et non pas se donner en exemple comme étant celui qui donne
    du travail avec des dons sous la table! L'intégrité et l'honnêteté, sont des valeurs morales bien rares en politique.