VIH: le diocèse de Montréal recule

Après la polémique et la réflexion, le retour en arrière. L'Archevêché de Montréal n'a plus l'intention d'imposer un test obligatoire de dépistage du VIH aux aspirants à la prêtrise. Ainsi en a décidé hier la division montréalaise de l'Église catholique, plus d'un mois après avoir évoqué la chose, non sans faire des vagues, lors de l'annonce de la révision des conditions d'admission des candidats au Grand Séminaire de Montréal. Plus d'un mois aussi après le dépôt d'une plainte en règle contre l'Archevêché devant la Commission des droits de la personne du Québec.

Mais l'eau a coulé sous les ponts de la discorde. Et les représentants de l'Église ont eu le temps de faire mûrir leur pensée, mais aussi de «chercher conseil auprès de personnes et d'organismes aptes à nous éclairer sur ces questions», explique l'organisme dans un communiqué de presse diffusé hier en fin de journée. Avec, à la clef, cette déclaration: «Notre réflexion quant à une éventuelle révision des critères d'admission des candidats à la prêtrise au Grand Séminaire de Montréal se poursuit, peut-on lire. Nous pouvons dès maintenant affirmer que cette démarche ne mènera pas à l'imposition d'un test de dépistage de sérodiagnostic du VIH dans l'avenir.»

L'Archevêché précise également que, depuis le début de la polémique, amorcée par la publication, début janvier, d'un article sur la révision des conditions d'admission au Séminaire de Montréal par le quotidien The Gazette, «aucune décision définitive, ni aucune directive officielle, voire écrite, n'a jamais été émise pour exiger [ce] test».

Tout au plus, en conférence de presse à la mi-janvier, Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, avait-il simplement justifié l'idée d'imposer un tel test en septembre prochain afin d'évaluer la «santé des candidats» pour s'assurer de leur «capacité [physique] à remplir leur engagement». Un thème de nouveau exploité, l'analyse sanguine en moins désormais, par l'organisme hier qui a rappelé «que le droit de l'Église catholique prescrit que seuls peuvent être ordonnés prêtres ceux qui sont dotés des qualités spirituelles, intellectuelles, psychiques et physiques en rapport avec le sacrement de l'ordre qu'ils vont recevoir», indique le communiqué de presse dont l'Archevêché s'est contenté pour expliquer sa nouvelle décision. Aucun autre commentaire sur le sujet n'allant être émis, a-t-il souligné.

L'annonce a été accueillie hier de manière moins laconique par les fervents défenseurs des droits des personnes vivant avec le VIH-sida. En choeur, ils ont salué la décision de l'Archevêché de Montréal de revenir sur une politique jugée, depuis le début, «illégale», «discriminatoire» et surtout «néfaste pour la société» en raison du message d'exclusion envoyé par une institution comme l'Église qui «normalement devrait faire preuve de compassion», avait sévèrement jugé à l'époque Robert Rousseau de Séro Zéro, un groupe venant en aide aux personnes vivant avec le VIH-sida.

«Le recul de l'Archevêché est une excellente nouvelle, a commenté hier, Laurent McCutcheon, président de l'organisme Gai écoute. Mais les dommages sociaux sont là. En évoquant ce test, il y a un mois, l'Église a bouleversé beaucoup de gens en insinuant que les porteurs du VIH-sida ne pouvaient pas intégrer normalement le marché du travail. Ce qui est totalement faux.»

Le Réseau juridique VIH-sida en était d'ailleurs plus que persuadé, lui qui, le 15 janvier dernier, de concert avec la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida (COCQ-sida), a demandé à la Commission des droits de la personne du Québec d'enquêter sur l'imposition d'un test de dépistage du sida pour les curés en devenir. La demande était toujours, dans les derniers jours, en cours d'évaluation par la Commission, a précisé Ralf Jürgens, directeur du Réseau, «mais, visiblement, l'Archevêché a compris qu'une telle décision allait être jugée par la société comme étant illégale et immorale». Une chose à laquelle l'organisation religieuse ne voulait certainement pas s'exposer, elle qui dit respecter «les valeurs de la société québécoise incluses dans la Charte des droits et libertés de la personne», précise le communiqué diffusé hier.
 
1 commentaire
  • Marie-France Legault - Inscrit 24 février 2004 10 h 05

    Conformité à l'évangile!

    Monsieur Brousseau vous avez raison. L'évangile ne doit pas s'adapter aux croyants, mais les croyants doivent se conformer à l'évangile. L'évangile de doit pas suivre la "mode", au contraire il doit aller à contre courant.

    Ce n'est pas parce que les tribunaux, les politiciens, les chartes encouragent, appuient favorisent le mariage entre homosexuels que cela devient correct.

    Ce n'est pas parce qu'on "bénit" ces unions contraires à la morale et au bon sens, que Dieu
    cautionne ces farces monumentales. Dieu se renierait lui-même et renierait son plan initial:"Homme et femme il les créa"...

    Pour ma part je considère cela comme un "blasphème" de prendre Dieu à témoin de ces unions qui ne sont que des caricatures du véritable amour.

    Même si Jésus ne parle jamais des homosexuels, Saint Paul en parle dans ses épîtres. Il donne l'heure juste sur ce qu'il faut penser.

    L'amour dont il est question dans les évangiles n'est pas l'amour entre homosexuels. C'est d'un tout autre ordre. C'est un amour sain (et saint) de bienveillance, de respect, de compassion.

    La popularité (à la façon des vedettes) ne doit pas être l'objectif premier des actions de l'Église. Au contraire, moins elle est populaire, plus elle est authentique, vraie et fidèle à son maître le CHRIST.