La parole à nos lecteurs

Voyage au bout de la vie, par choix

 

Dans l’article de Marco Fortier paru le 9 juillet 2016, « Voyage au bout de la vie », on peut lire ceci : « C’est pas un peu une forme d’aide à mourir ? La dose augmente, augmente, augmente, et un jour, c’est la surdose ou le coma. Au fond, c’est de cette façon que se fait l’aide à mourir au Québec depuis très, très longtemps… »

Là réside une des questions fondamentales de la Loi sur l’aide médicale à mourir ; à coup de doses massives d’opiacé, tous les coeurs de corps malades finiront par s’arrêter ! Il semble ainsi que nous sommes dans une forme ou une autre de légitimation d’une conduite préexistante ou dans l’encadrement d’actes actuellement réalisés. Par conséquent, l’hypocrisie des opposants à l’aide médicale à mourir doit cesser au bénéfice des personnes en fin de vie. Non seulement la Cour suprême du Canada a reconnu le « droit au choix », mais ces personnes méritent que nous le leur accordions dans le respect, la dignité, et parfois même le peu d’autonomie que leur agonie leur consent encore. Ce débat, s’il en est, n’est pas à propos des juristes, des médecins, ni même des accompagnateurs et des accompagnatrices, mais strictement des personnes qui en sont à leur tout dernier tour de piste. Ce texte de M. Fortier nous le remémore habilement : à chacun son choix face à la mort qui nous guette tous.


Kristine Plouffe-Malette
Montréal, le 10 juillet 2016

 

Demain ?

 

Voir le documentaire Demain est une expérience à la fois inspirante et irritante. Les réalisateurs-présentateurs Cyril Dion et Mélanie Laurent vont à la rencontre de personnages ou de mouvements qui secouent les dogmes contribuant au péril écologique. Parmi les pistes de solution, on évoque les mérites de toutes les diversités (sur les plans biologique, social, culturel)… sauf, semble-t-il, la diversité linguistique. Cette dernière ne semble pas une préoccupation puisque les textes de la musique qui accompagne le film — des pièces originales de Fredrika Stahl ou des reprises de Rufus Wainwright — sont invariablement en anglais. À croire que le français ne réussit pas à exprimer l’angoisse, puis la résilience et l’imagination véhiculées par les protagonistes de ce documentaire.

S’agissant d’un documentaire français où l’on ne résiste pas à exposer sa fascination pour les États-Unis (ou plutôt pour les « USA », telles qu’on présente les villes américaines visitées), on pourrait simplement hausser les épaules pour distiller l’exaspération. Mais puisque le choix de pièces en anglais pour accompagner les films de masse ou d’auteur est un phénomène galopant en France ou ailleurs, certains pourraient également louer le caractère visionnaire d’un film qui conjugue « demain » en anglais, avec la lucidité de celui qui sait quelles sont les véritables priorités devant les maux qui guettent la planète ! N’empêche que la diversité linguistique contribue à la richesse de l’humanité et que, en exprimant les périls qui guettent le monde dans une seule langue, on appauvrit le discours et sa capacité à nous interpeller.

 

Luc Deneault
Montréal, le 9 juillet 2016

 

Souvenirs de la route 389

 

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt le premier volet de la série de huit articles de Monique Durand sur la route 389 et la Translabradorienne. Pour avoir moi-même, en compagnie d’un ami, parcouru la 389 aller-retour entre Baie-Comeau et Fermont, le premier article de la série me rappelle un beau souvenir.

Jusqu’à Manic-5, c'est facile. La route est sinueuse et on aperçoit de nombreux paysages époustouflants. Même si la route n’est plus pavée après Manic-5, ça roule bien, entre 70 et 90 km/h. Il ne faut pas hésiter à faire de nombreuses pauses pour admirer les paysages, particulièrement à l’occasion de la traversée des multiples cours d’eau qui coupent la route.

J’ai hâte de lire ce que Mme Durand aura écrit sur la traversée de l’ancienne ville de Gagnon, où on annonçait lors de notre passage à l’été 2011 l’implantation prochaine d’un Tim Horton’s. J’ai également hâte de connaître son appréciation des derniers 70 kilomètres avant Fermont appelés le Chemin à vaches par les gens de Fermont.

Un grand merci pour cette série d’articles que je vais lire religieusement, d’autant plus que mon ami et moi nourrissons le projet de nous rendre à Terre-Neuve par voie de terre d’ici deux ou trois ans.

 

Pierre Auger
Trois-Rivières, le 9 juillet 2016