La parole à nos lecteurs

Surplus du Québec : les enfants d’abord !

 

Le ministre Leitão annonce un surplus de 1,8 milliard de dollars et envisage une baisse d’impôts. Puisqu’il désire se montrer « prudent » et qu’il attend entre autres les données de l’éducation pour décider ce qu’il en fera, je me permets de lui rappeler aujourd’hui les coupes d’un milliard imposées dans ce secteur durant les dernières années.

Quand un enfant n’obtient pas les services auxquels il a droit à l’école, quand les parents doivent recourir au secteur privé pour pallier le manque de services, c’est une attaque directe à l’égalité des chances. Il est clair que ce surplus s’accumule sur le dos de la population.

On peut envisager des baisses d’impôts, mais cette décision ne constituerait pas une redistribution équitable de la richesse à ceux qui en ont le plus besoin, car, ne l’oublions pas, le rôle de l’État, c’est aussi d’offrir des chances égales à toutes et à tous.

À la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ), nous avons entendu trop d’histoires d’horreur en raison des coupes de services dont les enfants font les frais. J’invite le ministre Leitão à interroger les parents qui ont des enfants présentant des difficultés particulières et qui, faute de ressources, doivent se tourner vers le privé, pour répondre à ce besoin. Combien de jeunes souffriront de ce manque de services ?

Si le surplus se traduit en baisse d’impôts, les plus riches auront encore plus d’argent et les plus pauvres en auront très peu. Quand un surplus se fait au détriment des enfants, on a un énorme problème !

M. Leitão reporte à l’automne la décision quant à l’utilisation de ce surplus.

J’espère que les parents seront nombreux cet été à lui rappeler l’importance d’un réinvestissement massif en éducation.


Éric Pronovost, président de la Fédération du personnel de soutien scolaire (FPSS-CSQ)
Le 8 juillet 2016

 

Patrimoine religieux : de la Bretagne au Canada

 

Originaire de Bretagne, en France, mi-juin dernier me promenant sur la Grande-Allée à Québec, j’ai été agréablement surpris de découvrir un édifice religieux, l’église Saint-Coeur-de-Marie, dont l’architecture m’a interpellé. Elle me rappelait l’église de mon enfance à Corps-Nuds, village situé près de Rennes, en Ille-et-Vilaine. En effet, elle fait partie de l’oeuvre du célèbre architecte breton Arthur Régnault (1839-1932). Elle a le statut de monument historique depuis 2004.

Arthur Régnault est renommé en particulier pour ses travaux dans des centaines de lieux de culte (150 environ), surtout dans la région de Rennes, allant de la conception totale à la réfection ou à la modification d’églises ou de chapelles. Son style est souvent qualifié de romano-byzantin, avec clochers à bulbes et baldaquins, sans doute influencé par la mode « orientaliste » du XIXe siècle, comme de nombreux artistes français (musiciens, peintres…). Ceci a récemment été mis en lumière par le livre Boussole de Mathias Énard, Prix Goncourt 2015. Ces bâtiments ont été classés pour la plupart dans le Patrimoine religieux français et font l’objet de rénovation régulière.

L’Association des retraités de l’Université de Rennes (A2R1), dont je suis membre, s’est intéressée à cet architecte méconnu et nous a fait découvrir que son savoir-faire et son art avaient eu aussi quelques influences dans votre pays ; ainsi, hormis Québec, trois églises en Nouvelle-Écosse seraient liées à cet architecte : à Halifax, à Caraquet et à la Pointe-de-l’Église. Cette dernière, que j’ai visitée, est la plus haute église en bois d’Amérique du Nord ; une publication, très intéressante, à l’occasion du centenaire, en retrace l’histoire et l’implication de cet architecte rennais dans sa réalisation.

Les photos des trois églises (Québec, Pointe-de-l’Église et Corps-Nuds) montrent parfaitement leur parenté.


Dr Jean Bonnic
Rennes, le 8 juillet 2016