Le PLQ en baisse... et Poëti en hausse

Pour le gouvernement Couillard, c’est une session parlementaire à oublier. Le Parti libéral du Québec (PLQ) atteint un sommet d’insatisfaction et perd des points dans les intentions de vote, même auprès de sa base électorale de Montréal, révèle un sondage de la firme Léger mené pour Le Devoir et Le Journal de Montréal.

Comble de l’ironie, l’ex-ministre Robert Poëti, qui a sonné l’alarme au sujet des irrégularités au ministère des Transports du Québec (MTQ), est le membre le plus populaire du gouvernement Couillard, révèle le baromètre des personnalités politiques. Son successeur au MTQ, le ministre Jacques Daoust, figure au 60e et dernier rang des personnalités les plus estimées.

Le sondage, mené en ligne du 6 au 8 juin auprès de 990 électeurs québécois, confirme que la session parlementaire difficile du gouvernement Couillard a miné la confiance des électeurs. Le PLQ perd trois points dans les intentions de vote, à 32 %, à peu près le même résultat qu’au scrutin de septembre 2012 (31,2 %) remporté par le Parti québécois de Pauline Marois.

La baisse des appuis aux libéraux profite à la Coalition avenir Québec (CAQ) de François Legault, qui remonte de trois points à 24 %. Le Parti québécois (PQ), dirigé par un chef intérimaire depuis la démission-choc de Pierre Karl Péladeau, se maintient à 30 %. Et Québec solidaire reste figé à 10 %.

Le PQ domine tout de même chez les francophones, avec 37 % des intentions de vote, devant la CAQ (28 %) et le PLQ (21 %), ce qui lui donne un avantage sur ses adversaires en raison du nombre élevé de circonscriptions à prédominance francophone.

Fait à souligner, les libéraux ont perdu huit points en un mois dans la région de Montréal — leur fief électoral — où ils obtiennent 37 % des intentions de vote, contre 45 % en mai. Près de sept électeurs québécois sur 10 (68 %) sont insatisfaits du gouvernement, une grogne en hausse de quatre points depuis un mois.

« C’est une fin de session extrêmement difficile, c’est le moins qu’on puisse dire, pour le Parti libéral », dit Christian Bourque, vice-président et associé chez Léger.
 


Poëti populaire

Le baromètre des personnalités politiques, publié chaque mois de juin par Léger, montre que les temps sont durs pour le PLQ. L’élu libéral le plus populaire, Robert Poëti, figure au 18e rang des personnalités, toutes catégories confondues (fédérales, provinciales, municipales).

L’ancien ministre, démis de ses fonctions en janvier dernier par Philippe Couillard, a gagné huit points dans ce baromètre depuis juin 2015 ; 31 % des répondants ont une bonne opinion du député libéral, qui a dénoncé le mois dernier la lenteur du MTQ à réagir aux soupçons de malversation dans l’attribution de contrats.

À peine 7 % des électeurs ont une bonne opinion de Jacques Daoust, le successeur de M. Poëti aux Transports. Les trois personnalités politiques qui suscitent les opinions les plus défavorables des électeurs sont des membres importants du gouvernement Couillard : le premier ministre lui-même (dont 59 % des répondants ont une mauvaise opinion), le ministre de la Santé Gaétan Barrette (54 % ont une mauvaise opinion) et Sam Hamad (50 % ont une mauvaise opinion).

Ce jugement sévère des électeurs à l’endroit de membres influents du gouvernement montre l’ampleur du défi qui attend le chef libéral pour reconquérir l’électorat, estime le sondeur Christian Bourque. « Vivement l’été politique pour M. Couillard », dit-il.
 


Une session pénible

La session parlementaire doit prendre fin ce vendredi à Québec, après des jours mouvementés pour le gouvernement libéral. L’ancien ministre Robert Poëti a d’abord jeté un pavé dans la mare en affirmant le mois dernier que la direction du MTQ — un des plus importants donneurs de contrats publics au Québec — mettait bien peu d’empressement à donner le coup de barre qui s’impose dans ses relations avec ses fournisseurs, notamment les firmes de génie-conseil.

La sous-ministre des Transports, Dominique Savoie, a été démise de ses fonctions. Le chef de cabinet de Jacques Daoust a aussi été muté. Deux anciennes responsables des enquêtes internes au MTQ, Annie Trudel et Louise Boily, ont témoigné à leur tour, mercredi, du climat d’intimidation qui règne au sein du Ministère.

Comme si ce n’était pas assez, le ministre Daoust se démène pour expliquer des contradictions dans la façon dont Investissement Québec s’est départi de ses actions dans Rona, ce fleuron québécois passé aux mains du géant américain Lowe’s.
 


Cloutier et Hivon bien vus

À peine quatre élus de l’Assemblée nationale se classent parmi les 10 politiciens les plus populaires au Québec, indique le sondage. Les aspirants-chefs péquistes Véronique Hivon (6e rang) et Alexandre Cloutier (8e rang), ainsi que Françoise David, de Québec solidaire, (5e) et François Legault, de la CAQ, (7e) font ainsi le top 10 des personnalités. La députée Hivon a gagné 14 points en un an, signe que sa notoriété a augmenté depuis sa candidature à la chefferie du PQ, estime Christian Bourque, de Léger.

Justin Trudeau remporte la palme du politicien le plus populaire, avec 63 % d’opinions favorables. Le premier ministre du Canada a gagné 21 points depuis l’an dernier, quand il dirigeait le deuxième parti de l’opposition. Il détrône le maire de Montréal, Denis Coderre, au deuxième rang au palmarès des élus, avec 60 % d’opinions favorables (contre 69 % à pareille date l’an dernier). Le maire de Québec, Régis Labeaume, suit à 54 %, puis le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair (qui a échoué son vote de confiance en avril), est 5e, à 50 %.

Fait inusité, plusieurs élus importants, à Québec et à Ottawa, sont d’illustres inconnus : 68 % des répondants ne connaissent pas le ministre David Heurtel, n’ont pas d’opinion à son sujet ou refusent de se prononcer. Ses collègues François Blais, Stéphanie Vallée, Geoffrey Kelley, Dominique Vien, Luc Fortin, Julie Boulet, Laurent Lessard et Dominique Anglade, notamment, sont aussi inconnus d’une bonne partie de la population, selon le sondage.

Un échantillon probabiliste de la taille de ce sondage (990 personnes) aurait une marge d’erreur de 3,1 % dans 19 cas sur 20.
 

Intentions de vote au provincial

  Mai 2016 Aujourd'hui
PLQ 35 % 32 %
PQ 30 % 30 %
CAQ 21 % 24 %
QS 10 % 10 %
Autres 4 % 4 %

Source des encadrés : Sondage Léger-Le Devoir-Le Journal de Montréal-Le Journal de Québec mené en ligne les 6 et 8 juin 2016 auprès de 990 Québécois ayant le droit de vote. Un échantillon probabiliste de cette taille aurait une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 % dans 19 cas sur 20.
17 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 10 juin 2016 08 h 04

    Est-ce vraiment utile?

    Je me pose de sérieuses questions sur l'utilité de tels sondages.

    Je trouve que ce n'est pas très sérieux.

    Pourquoi cette obsession de mettre tout le monde en rangs?

    Quel est le but visé? Je me le demande.

    A quoi ça sert?

    J'ai parfois l'impression que c'est une espèce de voyeurisme.

    Je me demande si les personnes à l'origine de ces sondages: les commanditaires et les sondeurs se sont posé la question?

    • Donald Bordeleau - Abonné 10 juin 2016 13 h 52

      Monsieur Couillard savait depuis décembre pour les problèmes au MTQ. Après avoir tassé monsieur Poétï, il pensait de passer au travers de la situation. Monsieur Fournier avait pourtant réussi à présenter un dossier falsifié par les attachés politiques et les fonctionnaires qui a laissé des doutes pour les députés et Mesdames Trudel et Boily..

      Maintenant Monsieur Daoust navigue en eau trouble avec les camouflages de Jean-Louis Dufresne ancien de BCP (le bras droit de Couillard ) et de Monsieur Juan Roberto Iglesias en charge du Conseil Exécutif du gouvernement qui était au courant de la situation au MTQ..

      Il faudra une rencontre aussi avec Hamad avec la franc-maçonnerie pour qu'il puisse devenir un homme bon et meilleur.

  • Marc Leclair - Inscrit 10 juin 2016 09 h 02

    Philippe Couillard: Le complet est bleu, mais je parie que le sous-vêtement est rouge.

  • Jean-Marc Simard - Abonné 10 juin 2016 09 h 11

    Baisse trop lente...

    Quanr à moi la ferveur populaire envers le PLQ ne baisse pas encore suffisamment vite...Que faudra-t-il au monde pour comprendre que ce parti ne les dessert pas du tout, mais a des politiques qui ne servent que les oligarques et leurs lobbyistes, que ce parti travaille contre leurs intérêts et ceux du Québec...Vraiment la naïveté des électeurs est aveugle, tenace et lente à changer...

    • Sylvain Rivest - Inscrit 10 juin 2016 11 h 37

      Y a rien à craindre... ce n'est que passagé.
      C'est connu, plus de la moitier des québécois aiment se faire manger la laine sur le dos.

      Voyez la tendance un peu moin au PLQ et un peu plus à la CAQ.

    • Marc Leclair - Inscrit 10 juin 2016 13 h 28

      C'est hélas ce qui se produit lorsqu'un peuple, s'épuise, se décourage, devient cynique puis se désintéresse de la politique au point de croire que sa voix n'a plus aucune portée et que ses efforts resteront vains. Ça, le PLQ le sait bien..... on ne sabre pas dans l'éducation et la santé, quand on a à coeur le bien des citoyens que l'on représente.

    • Marc Tremblay - Abonné 11 juin 2016 00 h 26

      Les 32% obtenus par le PLQ proviennent du fait que la quasitotalité des anglophones et un forte majorité des allophones sont prisonniers de ce parti. Puis un francophone sur cinq, en majorité des personnes âgées, va toujours appuyer ce parti.

  • Michel Blondin - Abonné 10 juin 2016 09 h 23

    pas un échantillon probabiliste

    Il faut préciser que ce sondage n'est pas à échantillonnage probabiliste.
    L'utilisation d'internet ne le permet pas. La méthodologie associée à la théorie des statistiques baysiennes ne s'applique pas.

    C'est à prendre qu'il ne peut être considéré comme outil scientifique. Mieux que le pif du meilleur analyste cependant.

    Il relève plus d'une enquête. J'apprécierais plus d'avertissement que ce conditionnel pour maintenir un haut standard de rigueur intellectuelle.

  • Raymond Chalifoux - Abonné 10 juin 2016 09 h 30

    Super: En une minute "max"...

    peut voir clairement ce que l'on pressentait, ou ressentait: La plus grande déception de ce gouvernement, c'est "le boss".

    Couillard a des mots, plein de mots, des beaux, avec lesquels il élabore - et rapidement merci - de magnifiques réponses.

    Des réponses à tout.

    Mais c'est tout ce qu'il a: des mots.

    Il ne voit rien venir, il ne contrôle rien après coup, bref, on a le sentiment qu'il flotte.

    Couillard a plein de beaux mots "radeau".

    En tout cas, quand on voit aller les trois filles, en BC, en Alberta et en Ontario, il fait joliment "Bozo"...