Sortir des vieilles recettes

«Une consultation populaire avec un choix entre deux projets garantit que le Québec se dit oui et avance. C’est gagnant pour tout le monde», écrivent Nicolas Marceau et Catherine Fournier.
Photo: Jacques Grenier Le Devoir «Une consultation populaire avec un choix entre deux projets garantit que le Québec se dit oui et avance. C’est gagnant pour tout le monde», écrivent Nicolas Marceau et Catherine Fournier.

En 2010, en Écosse, le gouvernement minoritaire du Scottish National Party (SNP) présente sa démarche d’accession à l’indépendance. Il envisage trois scénarios : quelques pouvoirs supplémentaires, un maximum de pouvoirs supplémentaires, ou l’indépendance. Il envisage aussi un référendum à deux questions, la première sur les pouvoirs supplémentaires, la seconde sur l’indépendance. Avec cette plateforme de référendum à deux questions, le SNP forme un gouvernement majoritaire aux élections de 2011. La suite est connue.

Politique-fiction ? Non, événements réels ! Et ils montrent qu’un parti politique capable d’innover et de porter la voix de tous ceux qui veulent du changement peut obtenir le mandat de l’apporter.

Nous avons présenté une démarche simple allant dans ce sens (Le Devoir, 31 mai 2016). Nous voulons que le Parti québécois demande à la population un mandat anti-statu quo prévoyant, 3 ans après l’élection, une consultation populaire avec choix entre l’indépendance et une nouvelle offre constitutionnelle du Canada, déjà négociée et prête à être ratifiée. Si le Canada ne formule pas d’offre, il y aura alors choix entre l’indépendance et le statu quo.

Photo: Jacques Nadeau Le Devoir La bloquiste Catherine Fournier

Dans cette démarche, le gouvernement du Parti québécois, les autres partis indépendantistes et la société civile élaborent le projet de pays qui sera proposé aux Québécois. Parallèlement, ce sont les fédéralistes québécois et canadiens, entre eux, qui élaborent l’offre du Canada, puis se chargent d’obtenir l’aval des autres provinces. Après 3 ans, les Québécois se prononcent sur des propositions formelles, pas sur de vagues promesses. Le fardeau de la preuve repose donc à la fois sur les fédéralistes et sur les indépendantistes, qui doivent tous deux présenter un projet concret. Et en tant qu’indépendantistes, nous sommes convaincus que, peu importe la proposition fédérale soumise, elle ne fera pas le poids devant le projet d’un Québec indépendant, nettement plus porteur d’avenir.

Certains affirment que le Parti québécois n’est pas crédible pour obtenir une offre du Canada. Pourtant, dans notre démarche, le gouvernement du Parti québécois n’est pas impliqué dans la fabrication de l’offre du Canada. Ce sont les fédéralistes, entre eux, qui font ce travail. D’autres disent que le Canada refusera de faire une offre. Un tel refus serait pourtant un affront aux Québécois qui nous auraient démocratiquement donné un mandat anti-statu quo. Et puisque la consultation se tiendra de toute manière au bout de 3 ans, les fédéralistes y penseront à deux fois avant d’opposer à l’indépendance un statu quo aujourd’hui rejeté par trois Québécois sur quatre.

Enfin, on nous dit que les Québécois ne veulent pas de référendum. Nous répondons que, parce que cela permet d’en finir avec le statu quo et le monopole libéral, on peut les convaincre qu’il faut trancher la question nationale. Et contrairement au référendum classique, une consultation populaire avec un choix entre deux projets garantit que le Québec se dit oui et avance. C’est gagnant pour tout le monde.

Voyons ce qu’il en est maintenant des approches alternatives à notre proposition. Bien que sympathiques à l’approche du référendum classique dans un premier mandat, il nous apparaît que la fragmentation de l’électorat ne permet pas d’entrevoir le gouvernement majoritaire nécessaire pour le tenir. Il faut au préalable rassembler en dehors de notre base. Et si un tel référendum se tenait, rien n’empêcherait les fédéralistes de faire des promesses trompeuses, comme en 1980 et en 1995.

Quant à l’approche où ne tient pas de référendum, en plus de démobiliser les indépendantistes, elle ne convaincra pas les nationalistes, car ils n’y gagnent rien. C’est la recette pour perdre.

Enfin, il y a l’approche floue où on attend d’être à six mois des élections pour annoncer ses intentions et annoncer qu’on tiendra ou non un référendum classique. Cette approche souffre des mêmes lacunes que les précédentes, en plus de manquer de clarté. On ne veut pas demander un chèque en blanc à la population en 2018, mais on en demande un aux militants en 2016.

Bref, à notre avis, les approches alternatives nous mènent toutes dans un cul-de-sac. À l’inverse, nous croyons que notre proposition ouvre la perspective d’un gouvernement majoritaire et d’une consultation sur l’indépendance gagnante dans un premier mandat.

En Écosse, le SNP a innové, trouvé le moyen de rallier les voix de ceux qui voulaient du changement, et formé le gouvernement majoritaire nécessaire pour que ce changement se concrétise. Notre proposition va dans ce sens. Si nous voulons progresser, il faut embrasser les idées nouvelles, même celles remettant en cause nos manières de penser et de faire. Comme le disait Churchill, « mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne nous prenne par la gorge ». Reconnaissons qu’à ce jour, nous n’avons pas su nous adapter à la reconfiguration de l’échiquier politique. Plutôt que de se cantonner aux mêmes vieilles recettes qui donnent les mêmes mauvais résultats, le Parti québécois doit s’ouvrir et envisager un autre chemin.


 
24 commentaires
  • François Beaulne - Abonné 7 juin 2016 00 h 43

    Sortie de secours

    Suite à la réception plutôt froide que leur proposition assez difficile à suivre et assez surprenante a reçue dernièrement, on sent chez Monsieur Marceau et Madame Fournier, par ce texte, une mise au point qui ressemble davantage à une sortie de secours et une tentative de marche arrière qu'à une clarification.

    • Benoit Toupin - Abonné 7 juin 2016 17 h 29

      C'était déjà clair la première fois; je ne vois pas de différence entre ce qui était proposé le 31 mai et ce qui est dit aujourd'hui. Ce serait dommage d'en faire une sortie de secours avant de peser le pour et le contre de toutes les options incluant celle-ci qui n'est pas dénuée de sens pratique...

  • Lise Bélanger - Abonnée 7 juin 2016 06 h 09

    Le Québec a une avance importante quand à sa démarche en ce qui concerne l'indépendance.

    Il y a déjà eu trois tentatives de renouveau du statut quo, entre autre Meech et Charlottetown. Toutes se sont avérées des échecs.

    Un non retentissant à toute demande venant du Québec. C'est ça le Canada. Et si le Canada a changé, c'est pour s'endurcir face aux demandes québécoises.

    L"Écosse n'est qu'à ses débuts dans son orientation indépendantiste et il est normal qu'elle tente encore des accord, d'autant plus que le gouvernement anglais n'a aucunement l'agressivité du gouvernement canadien. Ce gouvernement canadien prêt à frauder sur les votes des élections référendaires pour obtenir gain de cause.

    Il n'y pas d'Écosse bashing comme on a du Québec bashing.

    Nous avons déjà trois refus de négocier de la part du gouvernement canadien.

    Assez de radotage inutile, il me semble.

    Des facteurs démographiques, en autre, sont à considérer à faire toujours trainer une question claire sur notre désir d'autonomie.

    Comme disait Churchill......tel que cité par vous et j'ajoute: avant qu'il soit trop tard.

    L'amnésie ne sert à rien surtout pas en politique.

    • Michel Blondin - Abonné 7 juin 2016 10 h 12

      Très bien dit, madame Bélanger. A+ comme dirait Michel David, ailleurs.

      J'ajoute en réflexion, malgré que vous en avez fait un bon tour, que la question double a un avantage indéniable sur la question traditionnelle.

      Dans un référendum, deux choses sont favorisées: le statu quo et le non. L'un par sa nature de ne rien casser et l'autre la propension de l'exercice intellectuel de la critique. À savoir, ce qui s'appelle le scepticisme, qu'il est toujours plus facile de critiquer, de trouver des failles que d'affirmer, de bâtir.

      Une des difficultés pratiques est le droit du Québec à poser sa question. Faire intervenir Ottawa dans ce qui se décide au Québec. Obligera-t-il à ce que le référendum soit pancanadien? et la loi sur la clarté...!
      Aussi, les difficultés reposent sur la question; qui la compose, qui la présente, qui l'organise?

      Il faut que les camps le veuillent. C'est le point le plus faible. Votre texte souligne le durcissement, les essais manqués.

      J'ajoute que les tenants du statu quo n'ont pas d'avantages à se faire confirmer quoi que ce soit, jouissant du pouvoir et des avantages constitutionnels. Le Canada avec son pseudofédéralisme constitutionnel, bétonnée pour mille ans pour enfermer le Québec, jouera de la feinte, mais pas du fond.

      Ne pouvant rien proposer, il ne peut que gagner en procédures comme le chat avec la sourit qu'il sait perdante. Il a le pouvoir exécutif et législatif pour finasser comme la "clause Canada" sur la "Clause Québec" qui a abouti à l'ajout de l'article 23 de la loi sur la constitution de 1982. Elle venait empêcher l'article 73 de la Charte de la langue française du Québec de s'appliquer.

      Concluons qu'il faut que le référendum réponde à des circonstances qui le permettent. L'enfermement constitutionnel à double tour empêche même les fédéralistes d'agir pour leurs intérêts. Bêtement 1982 de PET.

      Échec et mat. Par le fait même, je rejoins les commentaires que c'est farfelu de croire réalisable cette f

    • Lise Bélanger - Abonnée 7 juin 2016 13 h 53

      À M. Blondin,

      Merci pour votre intérêt à mon commentaire.

      Votre remarque en ce qui concerne un propable référendum canadien sur notre question nationale, me laisse perplexe.

      À mon avis, sauf ignorance de ma part, un pays colonisé n'a pas à obtenir la permission ou l'accord du pays dominant pour demander d'être reconnu en tant qu'état au niveau international.

      Quand au niveau national, je ne connais aucune règle dans notre droit constitutionnel obligeant le Québec à considérer un référendum pan canadien sur cette question.

      Bien au contraire, la Cour suprême dans son célèbre Renvoi, a bien exprimé l'obligation du Canada de devoir négocier suite à une décision claire des québécois sur leur indépendance nationale.

      Ce qui, à mon avis, exprime implicitement le fait que c'est aux québécois seul d'exprimer leur volonté sur leur indépendance.

      1- C'est au québécois (par voie référendaire ou autre) d'exprimer clairement leur volonté d'être un état indépendant;

      2- Ce sera au droit international d'entériner cette décision, comme cela c'est fait pour de multiples pays.

      C'est là que nous devons mettre nos énergie et non à combattre les épouvantails canadiens sans fondement juridique, tel un referendum pan canadien sur notre question nationale.

      En cas de vote positif sur notre question nationale, la seule autorité qu'aura le Canada sera au niveau de négocier des accords avec le Québec. le Canada ne pourra-t-il seulement nous empêcher d'utiliser sa devise? Si on en veut bien sur.

      Le Canada, c'est une petite monarchie avec une constitution quasi immuable et une haine féroce contre les québécois.Et surtout, il ne détient pas un avenir économique prometteur pour le Québec.

      Cessons d'en avoir peur.

    • Benoit Toupin - Abonné 7 juin 2016 17 h 34

      On peut voir la question avec des yeux de convaincu, mais le processus s'adresse à tout ceux qui souhaite un changement. Il peut paraître redondant de tester encore la possibilité d'une réforme du fédéralisme, mais il ne faut pas oublier qu'il y a encore des électeurs qui ont besoin de se faire claquer les portes une autre fois avant de juger...

    • Michel Blondin - Abonné 8 juin 2016 19 h 37

      @ Lise Bélanger,
      Merci des commentaires.
      Je faisais référence à Trudeau en 1981 qui avait bradé Lévesque sur la possibilité de faire, lui aussi, un référendum sur la constitution pancanadienne pour imposer ses vues. C'est cependant peu probable, j'en conviens.
      Aussi, la formule Marceau tente de donner aux fédéralistes "parole pour proposition". Cela ne peut se faire sans une concertation et une participation. Comme l’exprimait J.J. Brossard dans l’accession à la souveraineté et le cas du Québec p. 309 « Pour que le Québec puisse accéder légalement et sans trop de difficultés à l’indépendance, il faudrait que cela se fasse avec la participation des autorités fédérales. (… ) Il pourrait obtenir plus facilement la reconnaissance des États étrangers »
      Aussi, le politique peut prendre des initiatives qui relèvent des manières et traditions britanniques et non des lois écrites. Je fais référence au jugement de la Cour suprême sous la présidence de Laskin le 28 septembre 1981.

      De plus, dans la réalisation de l'indépendance de l'état," le fait précède le droit".( déc. 2015, L'Action Nationale, Laporte Gagnon p. 97).

      « L’efficacité vaut titre » a justement été plaidé par Me André Jolicoeur , amicus curioe dans le renvoi (votre réf.) relatif à la sécession du Québec en 1998. La jurisprudence britannique est d’ailleurs la première à vanter les vertus de l’efficacité.

      Les actes du fédéral ne peuvent être sous-estimés tant politiques que légaux. La loi sur la clarté est une intrusion dans le champ des droits du Québec. Le coup d'État à la constitution de 1982 dévoilé par F. Bastien en 2013 illigitime mais pas illégal.
      Bref, le droit n’est pas tout.
      Pour terminer en beauté, je vous relancerais en disant que le Québec a des ressources géniales et créatives. De plus, il possède 3 % des réserves en eau douce renouvelables de la planète, une géostratégie économique exceptionnelle et une nature unique.

  • Daniel Clapin-Pépin - Abonné 7 juin 2016 08 h 05

    Théoriquement jouable mais pratiquement irréalisable !


    Pareille stratégie de l'ex-ministre Marceau est certes "théoriquement" jouable et même gagnable mais ce qui la rend "pratiquement" non-managériable et donc irréalisable est l'absence de ce que l'on appelle au football un bon "porteur de ballon" !

    Mais alors pourquoi diable, s'il y croit vraiment, Marceau ne se présente-t-il pas à la course à la chefferie du PQ contre ma préférée Martine Ouellet ?

  • Claude Smith - Abonné 7 juin 2016 08 h 17

    Nouvelle approche

    Je trouve que cette nouvelle alternative mérite d'être sérieusement étudiée. Certe, il y a un risque qu'une majorité de Québécois accepte des propositions minimales de la part des fédéralistes pour faire en sorte d'évacuer la question nationale du paysage politique. De toute façon, quelle que soit l'alternative, il y a un risque à prendre et il faudra convaincre les Québécois que l'indépendance est réellement un projet porteur d'avenir.

    Claude smith

  • - Inscrit 7 juin 2016 08 h 19

    Approche méritoire ou avenir piégé ?

    Je trouve que l’avenue proposée par M. Marceau et Mme Fournier mérite au moins un examen. Bien sûr, cette approche est irrecevable pour qui tient à proposer l’indépendance pure et simple. Elle ne plaira pas non plus à ceux, dont je suis, qui craignent de se faire enfermer de façon définitive dans le fédéralisme de grand-papa reformulé par fiston.

    Mon premier choix serait une option non diluée proposant l’indépendance politique pleine et entière. Cette approche, devant toutefois être préparée et faire l’objet d’une pédagogie de longue haleine, présuppose le report pour quelques années d'un référendum portant sur ce projet non-équivoque.

    Toutefois, l’idée de Marceau et Fournier de donner aux Québécois l’occasion d’accomplir un progrès est un argument valable. Qui sait si, devant un autre braquage du Canada anglais, les citoyens n’auraient pas une sorte de « révélation » un peu comme celle résultant de l’échec de Meech dans les années en 1990 et n'opteraient pas pour un changement plus radial ? Mais c’est hypothèse que ceci.

    La faiblesse de la proposition Marceau-Fournier est néanmoins manifeste. Advenant que les fédéralistes (encore faut-il définir qui ils seront et avec quelle modalité ils mettront en place leur position) accouchent d’une proposition qui ne contienne que des trucs cosmétiques – tels la nomination de trois juges à la cour Suprême, consultation pour nommer les sénateurs – et que les Québécois, toujours fatigués, optent pour ce plat de lentilles, qu'en résulterait-il pour la suite des choses ?

    S’en suivrait la signature de la constitution actuelle du Canada à peine amendée et l’adhésion à une charte des droits dépassée qui consacre le recul linguistique du Québec. Bref, l’avenir politique du Québec serait irrémédiablement cadenassé pour des générations.

    • Robert Bernier - Abonné 7 juin 2016 09 h 16

      Vous écrivez: "Advenant que les fédéralistes ... accouchent d’une proposition qui ne contienne que des trucs cosmétiques ... et que les Québécois, toujours fatigués, optent pour ce plat de lentilles"

      C'est, je crois, là où nous en sommes. Je préférerais quant à moi qu'il y ait engagement, de la part du PQ, de revoir son article 1 et d'en enlever la lutte pour l'indépendance le cas échéant. Tout court. Si les québécois devaient décider, pour une troisième fois ne l'oublions pas, de se dire non comme peuple, il faudrait finir par en prendre acte.

      Ça fait des décennies que nous payons pour quelque chose que nous n'aurons vraisemblablement jamais. Payer en Quebec bashing. Payer en taux d'intérêts supérieurs à consentir sur les obligations du Québec ou sur les emprunts (combien de milliards depuis 50 ans?). Payer en envoyant de l'argent à Ottawa qui ne nous revient jamais sous la forme d'investissements structurants parce que le ROC a peur de jeter son (son?) argent à la mer. Payer ... toujours pour quelque chose que la population québécoise ne semble pas avoir le courage d'assumer.

      La proposition de Lisée a ceci de lucide quant à la possibilité concrète de gagner un referendum sous peu. Elle permet de se donner une chance de battre le PLQ. La proposition de Marceau a ceci de fort qu'elle mettrait une fois pour toutes le peuple québécois devant son destin: "Maintenant ou jamais" comme l'écrivait Bourgault.

      Si les québécois décidaient de rester dans ce Canada, je propose qu'on jette la serviette, et qu'on devienne des Louisianais. Y'en aura marre du pétage de bretelles sur la fierté québécoise.

      Robert Bernier
      Mirabel

    • Pierre Fortin - Abonné 7 juin 2016 11 h 20

      « Advenant que les fédéralistes [...] accouchent d’une proposition qui ne contienne que des trucs cosmétiques [...] et que les Québécois, toujours fatigués, optent pour ce plat de lentilles, qu'en résulterait-il pour la suite des choses? »

      Les Québécois, toujours fatigués, opteraient pour ce plat de lentilles s'ils ne savent pas ce qui est foncièrement acceptable pour eux ni ce qu'ils veulent véritablement, quelles sont leurs priorités. Il nous faut quitter cette attitude passive qui consiste à attendre de nos élus qu'ils sauront faire ce qu'il faut.

      Si on se souvient bien du dernier référendum, il fut précédé d'une vaste consultation populaire qui a permis aux Québécois de s'approprier le débat. Rien ne nous empêche de renouveler la Commission sur l'avenir politique et constitutionnel du Québec (Commission Bélanger-Campeau) qui faisait une large place aux Québécois des différentes régions et dont la majorité des 600 mémoires déposés considéraient l'indépendance du Québec comme la meilleure solution au blocage fédéral.

      Les Québécois doivent pouvoir se prononcer sur ce qui est inacceptable dans leur statut constitutionnel et affirmer leurs exigences, surtout celles qu'ils considèrent comme étant non-négociables.

      L'avenir du Québec doit reposer sur la volonté de sa population.

    • Colette Pagé - Inscrite 7 juin 2016 12 h 46

      Que penserait Jacques Parizeau de cet inième proposition de réforme du fédéralisme ? Un rejet immédiat et sans appel ou une considération favorable ? Le retour du beau risque ?

      N'est-il pas raisonnable de penser que Monsieur serait indigné de cette proposition de retour en arrière comme si le Québec avait oublié le traitement de rejet inéquitable voire cavalier imposé jadis au Québec par les fédéralistes liés pour combattre les revendications légitimes du Québec.

      Avec, il faut le mettre en évidence, le risque élevé qu'en cas de propositions à la baisse que les Québécois colonisés fatigués de ces questions questionnelles qu'ils abhorrent, parce que complexes et loin de leur réalité quotidienne, acceptent par écoeurement les propositions du Fédéral.

      Face à ce résultat et en raison de son initiative, le PQ ne pourrait qu'évoquer sa propre turpitude puis conséquence ultime mettre le couvercle sur le projet de pays.

      Un fédéralisme fermé à double tour ! Un fédéralisme du statu quo qui satisfait les fédéralistes et qui n'intéresse plus personne au ROC. Incapable et impuissant à mettre de la chair autour du concept vide de société distincte.

      Puis, que dire du désintérêt manifeste du PM Couillard qui garde profil bas en regard de la défense et de la promotion des intérêts du Québec.

      Désormais, avec le Gouvernement libéral, le Québec est devenu une province comme les autres. Une grosse Ile-du-Prince-Édouard qui est retourné dans sa cage et qui ne dérange plus personne !

    • - Inscrit 7 juin 2016 13 h 42

      Bien d'accord avec MM. Fortin et Gélinas. Et M. Bernier je comprends votre exaspération.

    • Jacques Lamarche - Inscrit 7 juin 2016 18 h 45

      L'ensemble des commentaires m'amène à penser que la proposition Marceau, dont il est difficile de douter de la sincérité, témoigne de la perte de confiance des troupes souverainstes et des gains réalisés dans l'opinion par les stratèges fédéralistes.

      Il a suffi à ces derniers, par d'habiles manoeuvres médiatiques, de créer un climat laissant entendre qu'une solide majorité des Québécois s'opposaient et s'opposent TOUJOURS à la tenue d'un autre référendum, pour pousser le PQ dans les cables! La preuve en serait qu'il a perdu les dernières élections pour cette raison! Pas si sûr! Pauline Marois était peu populaire et fut fort maladroite, tout comme PKP d'ailleurs!

      Mais, encore aujourd'hui, deux Québécois sur cinq voteraient Oui! C'est énorme, si l'on considère que depuis vingt ans, les fédéralistes sont à peu près seuls sur la glace.

      J'estime que la position Martine Ouellet me paraît la plus porteuse et la plus prometteuse! Mais il faudra une vaste et agressive offensive pour exorciser la peur et vendre les profits, de façon concrète et tangible, à tirer de l'indépendance! Il faut des chiffres, M. Marceau!!

    • Pierre Fortin - Abonné 7 juin 2016 19 h 03

      À Monsieur Gélinas,

      Monsieur Parizeau serait peut-être indigné de cette proposition comme d'un retour en arrière, mais il exigerait d'y voir clair avant d'aller plus loin. Et fidèle à son indéfectible appartenance au Québec, il s'adresserait aux Québécois pour leur parler franchement de ce qui les attend — même si on devait le lui reprocher compulsivement pour cause de rectitude trop sensible.

      Les choses évolueront pour le mieux quand les Québécois le voudront et qu'ils regarderont lucidement leur avenir et celui de leurs enfants.

      Mais qui parle à ceux qui sont concernés au premier chef?