Le Grand Marché de Québec

Une grande ville se devait d’avoir un lieu de référence agroalimentaire que peuvent s’approprier autant les touristes que la clientèle locale.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Une grande ville se devait d’avoir un lieu de référence agroalimentaire que peuvent s’approprier autant les touristes que la clientèle locale.

C’est le tout nouveau projet auquel Régis Labeaume, le maire de Québec, est attaché et qu’il va mettre sur pied avec les régions avoisinantes. Lors du lancement officiel de ce grand et vaste projet devant la presse et les différents élus présents, le maire parlait d’« un grand projet de marché, mais aussi un lieu dédié à l’avancement de l’agriculture, de l’horticulture, des artisans des métiers de bouche, tout en étant une zone de rassemblement ouverte au public toute l’année ».

Après différentes études, on a compris qu’une grande ville se devait d’avoir un lieu de référence agroalimentaire que peuvent s’approprier autant les touristes que la clientèle locale. Toutes les grandes villes du monde, comme Barcelone, Budapest ou Milan, offrent des marchés qui deviennent au fil du temps des endroits à visiter.

Le déménagement du Vieux-Port

Comment convaincre les consommateurs du bien-fondé d’un nouveau marché qui, en plus, s’installera en principe à ExpoCité en 2018 ?

Pour le Marché du Vieux-Port, c’est un coup dur, avouent certains adeptes des lieux. Ils imaginent mal une surface trois fois plus grande sur le site d’ExpoCité et qui puisse réunir à l’année les artisans des arts de la table et de la ruralité.

Photo: Coopérative des horticulteurs de Québec La surface du nouveau marché sera trois fois plus grande que celle du Marché du Vieux-Port.

Ce sera un grand marché animé, rassembleur, tel que le voudraient les organisateurs du projet, avec des centres d’interprétation, des cafés et restaurants, des cours de cuisine et la présentation de divers métiers sous forme de démonstration, une terre à vocation agricole et horticole, des dizaines de kiosques et une centaine d’étals pouvant mettre en valeur la grande région de Québec et les artisans qui la fournissent.

Ce nouveau marché, qui damera le pion au Marché Jean-Talon de Montréal, souhaite aussi favoriser la relève avec le concours d’écoles spécialisées comme l’Université Laval.

Selon le maire de Québec, ce sera un lieu unique dont la capitale nationale devra être fière. Si actuellement plusieurs questions se posent à l’égard de la situation du marché, des transports pour s’y rendre, mais surtout à propos du pouvoir d’attraction d’une clientèle d’habitués à longueur d’année, il n’en demeure pas moins que Québec bouge dans le bon sens. Ne pas faire du marché un vaste supermarché reste un défi. Il faudra pouvoir y retrouver des produits uniques, de qualité, des artisans communicateurs et des prix concurrentiels pour attirer une clientèle curieuse au début, mais fidèle par la suite.

On souhaite profiter des tendances actuelles environnementales avec un toit ou des murs verts et avec des espaces rafraîchissants et écologiques.

Québec, capitale gourmande du Québec

Il est facile désormais de retrouver à Québec une grande diversité de restaurants, d’hôtels, de bars et de lieux qui ont, comme les restaurants Panache et L’Initiale, rejoint le célèbre et emblématique Château Frontenac. On annonce aussi pour bientôt l’apport de camions de rue afin de compléter l’offre déjà bien achalandée de la ville.

Avec un tel marché, on souhaite attirer une clientèle d’origines diverses puisque certains commerces, à l’image des souks ou des grands marchés mondiaux, mettent en vedette les cultures alimentaires du monde entier. La route des épices, pourquoi pas une route de l’érable, ou encore une route wendate-huronne à l’image de la culture amérindienne de Wendake, etc.

La mission du marché pourrait également être de montrer une image réaliste en 2016 de l’agriculture en région et de valoriser des artisans comme les producteurs de miel ou de maïs de Neuville, par exemple.

Cette volonté politique d’accroître la connaissance des ressources environnementales, de créer des emplois et de mieux faire connaître le travail d’acteurs de l’agroalimentaire présents dans la grande région de Québec est certes une bonne chose. Mais une grande question demeure. Comment redonner confiance aux producteurs agricoles et aux artisans des métiers de bouche inquiets par les accords de libre-échange et l’ouverture des frontières aux produits agricoles et agroalimentaires venus d’ailleurs ?

Pour le maire Labeaume et tous les autres maires des régions avoisinantes qui participent à ce grand projet de marché à Québec, celui-ci s’inscrit dans l’ordre des choses et du moment. « Il faut que la région de la Capitale-Nationale se distingue comme une grande école de savoir-faire reconnue à travers le monde. »

Lentement mais sûrement, Québec fait son chemin, et s’il fallait que les Olympiques arrivent, alors la ville gourmande pourrait faire bonne figure.