Vers une hausse des droits de scolarité?

Québec — Le premier ministre Jean Charest s'est réjoui, hier, qu'un débat «vigoureux» sur la hausse des droits de scolarité puisse bientôt éclore au Québec comme dans certains pays d'Europe, en Allemagne et au Royaume-Uni notamment.

À l'issue du conseil général du Parti libéral, M. Charest a ainsi accueilli l'annonce que la Commission Jeunesse du PLQ préconisait une hausse des droits de scolarité exigés par les universités québécoises. La Commission Jeunesse présentera un mémoire en ce sens à la commission parlementaire qui se penchera, en début d'année, sur le financement de l'enseignement supérieur. Le gouvernement Charest s'est engagé à maintenir le gel des droits de scolarité pour la durée d'un premier mandat. Mais rien n'est arrêté pour les années subséquentes.

Sans vouloir dévoiler la position de son gouvernement, M. Charest estime qu'il faut «tout mettre sur la table» dans l'hypothèse où l'on doit «permettre à nos universités d'être compétitives et d'avoir les ressources pour le devenir».

Devant les militants libéraux, la présidente de la Commission Jeunesse, Stéphanie Trudeau, a souligné que la hausse des droits de scolarité devrait être compensée par une augmentation équivalente des prêts et bourses. Quant aux étudiants dont les parents sont de la classe moyenne et supérieure, ils peuvent assumer ces hausses puisqu'un diplômé universitaire gagne un revenu de 61 % supérieur à celui d'un diplômé de l'école secondaire, a dit Mme Trudeau.

Par ailleurs, la politique familiale du gouvernement prendra la forme d'une baisse d'impôt en 2004. Le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, a indiqué que le prochain budget Séguin ne prévoirait qu'une simplification des mesures fiscales déjà consenties aux familles. Quant aux baisses d'impôt — le ministre des Finances, Yves Séguin, a affirmé samedi aux journalistes qu'elles atteindraient un milliard dès 2004 —, elles devraient bénéficier surtout aux familles de la classe moyenne, a dit M. Béchard.

La nouvelle politique familiale ne doit voir le jour qu'en 2005 après de vastes consultations cette année, notamment pour le volet conciliation travail-famille. Les entreprises pourront participer à ce volet de façon volontaire, a précisé le ministre.

Pour l'élaboration de cette politique destinée à accorder plus de temps aux parents, M. Béchard compte sur la manne fédérale: 600 millions pour les congés parentaux et 80 millions pour les congés de compassion. Enfin, une somme variant entre 80 et 100 millions pourra être récupérée du programme fédéral de services de garde, a-t-il mentionné.