Le coeur régulier

Photo: K-Films Amérique

« La vie n’a pas de sens. On inspire, on expire. Le reste n’est que chaos. » Une telle vision du monde pourra de prime abord sembler déprimante. Or, dans le contexte du film Le cœur régulier, elle s’avère au contraire réconfortante. Cette philosophie existentielle est celle de Daïsuke, un policier japonais à la retraite qui, chaque jour, arpente les falaises de Tojimbo du haut desquelles quantité de pauvres hères viennent se jeter chaque année. Doucement, sans forcer, Daïsuke leur offre le gîte, et surtout une oreille attentive. Alice, une Française au bout du rouleau, trouvera refuge auprès de ce héros très discret. Ce récit initiatique aux thèmes fondamentaux — l’ouverture à l’autre, l’écoute, la redécouverte de soi — aurait pu donner lieu à un imbuvable bouillon de poulet pour l’âme cinématographique. Le film de Vanja d’Alcantara est plus subtil, plein de silences et de non-dits attestant une confiance dans l’intelligence, mais surtout dans la sensibilité, du spectateur. S’il accepte de se laisser porter au gré des pérégrinations intérieures d’Alice, ce dernier, alors, sera peut-être lui aussi enclin à interroger son propre cœur. Le seul barrage, au fond, contre le chaos.

Horaire en salles