Michel Robitaille de retour au bercail

Michel Robitaille
Photo: Source ministère des relations internationales Michel Robitaille

Changement de garde à Paris. Le délégué général Michel Robitaille rentrera prochainement au Québec, après avoir passé plus de cinq ans à la barre du « vaisseau amiral » du dispositif diplomatique québécois, a appris Le Devoir.

Le diplomate de carrière supervisera la préparation de la 19e rencontre alternée des premiers ministres québécois, Philippe Couillard, et français, Manuel Valls, prévue en juin prochain au Québec, après quoi il se verra confier un « nouveau défi ». « Monsieur Robitaille va être très heureux dans ce qu’on va lui offrir. L’expérience qu’il est allé chercher ailleurs va servir au gouvernement et à toute la société québécoise », a affirmé la ministre des Relations internationales, Christine Saint-Pierre, dans un entretien avec Le Devoir.

M. Robitaille demeurera toutefois représentant personnel (sherpa) du premier ministre Philippe Couillard pour la francophonie, et ce, jusqu’au prochain Sommet de la francophonie, qui se tiendra en novembre 2016 à Madagascar. « Monsieur Couillard se sent très en confiance avec lui », a précisé Mme Saint-Pierre. « [Monsieur Robitaille] est un hyperactif excessivement dévoué, dédié. Il ne prend pas un “non” pour une réponse. Il ouvre les portes. »

Michel Robitaille avait exprimé le souhait d’être rappelé au pays il y a un an déjà. Il avait alors pris de court le gouvernement libéral. Il est revenu à la charge récemment. Cette fois, Mme Saint-Pierre a exaucé ses voeux, ayant eu tout le temps nécessaire notamment pour songer à un nouveau chef de poste à Paris.

L’ex-ministre péquiste Louise Beaudoin invite le gouvernement à « frapper fort » en nommant une personne « au-dessus de la mêlée » qui « rayonnera » dans la capitale française. Mme Beaudoin ne verrait pas d’un mauvais oeil la désignation de l’ex-élue libérale Line Beauchamp à ce « poste le plus important » du réseau diplomatique. Elle dit avoir des échos « très positifs » de l’UNESCO, où Mme Beauchamp est actuellement représentante du Québec au sein de la Délégation permanente du Canada. Mme Beauchamp demeurera à l’UNESCO, a indiqué le cabinet de la ministre Saint-Pierre afin de couper court aux rumeurs à ce sujet. Il ne s’agira pas non plus de Michel Audet ou de Christos Sirros, qui ont été nommés respectivement à Bruxelles et à Londres en septembre 2014.

Poste convoité

Le poste « éminemment stratégique » de délégué général du Québec à Paris est certainement le plus convoité au sein du dispositif diplomatique québécois. Parmi les 28 représentants du Québec à l’étranger, il est le seul bénéficiant d’un statut diplomatique assimilable à celui d’un ambassadeur. « Paris est très différent parce qu’il y a une dimension politique considérable. D’ailleurs, Michel l’a assumée de mieux en mieux. Il a développé de bons réflexes politiques. Son bilan est bon, [voire] excellent », a souligné Louise Beaudoin, qui demeure à ce jour la seule femme à avoir tenu les rênes de la Délégation générale du Québec à Paris (1984-1985).

M. Robitaille n’est pas mécontent de rentrer au pays, où il relèvera de « beaux défis » tout en se rapprochant de sa famille. « Pour la délégation, d’avoir quelqu’un de nouveau, qui entre avec un nouveau regard, c’est bon », a fait valoir M. Robitaille dans une entrevue téléphonique avec Le Devoir. « Habituellement, les affectations, c’est entre trois et cinq ans. […] Je suis dans ma sixième année. En diplomatie, il y a [l’équivalent du] syndrome de Stockholm. Quand on est trop longtemps dans un poste, ce n’est pas nécessairement bon pour le travail qu’on a à faire », a-t-il poursuivi.

À Paris, M. Robitaille s’est notamment affairé à mettre en oeuvre l’Entente Québec-France sur la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles conclue en 2008. « Sur 81 ententes, la majorité sont mises en application de façon satisfaisante de part et d’autre. Et puis, il y en a où il faut encore travailler pour améliorer les conditions », a-t-il expliqué. Il a également travaillé à l’atterrissage en douceur de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne en ouvrant les portes de l’Élysée et de Matignon au négociateur en chef pour le Québec, Pierre Marc Johnson. Il a aussi piloté une « opération qui s’est avérée très, très bénéfique pour le rayonnement » de la bibliothèque Gaston-Miron, c’est-à-dire son déménagement de la Délégation générale à l’université Sorbonne Nouvelle.

M. Robitaille a oeuvré dans six représentations du Québec à l’étranger. Il a notamment dirigé la délégation du Québec à New York de 2002 à 2007.


 
3 commentaires
  • François Dugal - Inscrit 8 avril 2016 07 h 46

    "Dédié"

    Madame la ministere St-Pierre utilise l'anglicisme "dédié" (dedicated); en français, on pourrait dire "engagé" à la place.

  • Gilles Théberge - Abonné 8 avril 2016 09 h 47

    Ha ha ha ha ha ha!

    Line Beauchamp "ambassadrice" du Québec à Paris...!

    Quand j'ai lu ça je me suis tout de suite demandé si Louise Beaudoin faisait de la fièvre, ou si elle avait pris ses pilules.

    Line Beauchamp.... La femme des petits déjeuners de financement, en pleine campagne électorale de 2012, avec parmi eux des témoins importants de la Commission Charbonneau... Avec Bibeau de loto Québec qui réclame 30 000$ à linfo Zambito....

    Line Beauchamp a beau avoir été "adoubé" par Couillard, on a beau ne pas en parler, elle reste un personnage suspect pour l'ensemble des citoyens parmi les plus allumés!

    Line Beauchamp à Paris.... Non mais voyez-vous ça?

    Et pourquoi pas Hammad pour la remplacer à l'Unesco sur son "strapontin"?

    Misère!

    • Richard Lupien - Abonné 8 avril 2016 12 h 11

      J'ai eu les mêmes interrogations, surprises et étonnements. Il ne serait pas exagéré de croire que madme Beauchamp refuserait l'offre, sachant que la commission Charbonnneu avait annoncé ((( vous vous rappelerez ))), qu'elle voulait convoquer l'ex-ministre de l'éducation...ce qu'elle n'a pas fait et on se demande bien pourquoi d'ailleurs?